Les Utopiales 2006

 


Une cuvée honnête mais...

 
 
         
     



Comme chaque automne, Les Utopiales, le festival international de science-fiction s'est déroulé à Nantes du 3 au 5 novembre. Cette année, la Russie et les pays de l'ex-bloc communiste étaient à l'honneur avec une thématique toute trouvée : Invaders from Marx qui promettaient d'être bien plus originale que l'anniversaire Jules Verne des Utopiales 2005. Chose curieuse, pour la première fois, le festival est tombé au milieu des vacances scolaires de la toussaint, ce qui n'a pas empêché les acteurs de l'imaginaire, auteurs, éditeurs, etc. et bien entendu le public d'être au rendez-vous. Petit reportage-photo.


Librairie

Le festival ne serait rien sans sa librairie-salon du livre, occupant comme toujours la mezzanine qui surplombe la cité des congrès. A nouveau, les librairies "complices" étaient au rendez-vous : Aladin, L'Atalante, L'Autre Rive, Coiffard, Durance, Siloë-Lis, Les Enfants Terribles et Vent d'Ouest.



Plusieurs centaines de mètres carrés de science-fiction, fantasy, fantastique, bande dessinée : que du bonheur !




Les tables de dédicaces ou se sont succédés les auteurs. Au premier plan : Serge Lehman, Javier Negrete, Roland C. Wagner, Sylvie Denis. Un peu plus loin : Danielle Martignol, Ayerdhal


L'inimitable Laurent Kloetzer lit l'introduction de son Royaume blessé.


Expositions

Dans les allées des Utopiales, on croise parfois de drôles de choses sorties tout droit d'un film de science-fiction, et tous ne sont pas des fans de Star Trek déguisés. Parfois, même, c'est de l'art.


Les Machines Hystériques, sculptures vivantes de Bill Vorn.

Ces créatures étonnantes en aluminium, composées d'un corps sphériques et de huit bras articulés qui s'agitent de manière à suggérer un comportement dysfonctionnel. Doté de capteurs sensoriels, les machines sensorielles étaient censées réagir au stimuli des spectateurs mais, personnellement, je n'ai pas eu l'impression de leur faire beaucoup. Quoiqu'il en soit, une performance artistique impressionnante. Dans ces cas-là, une vidéo vaut mieux qu'on long discours.






Les voitures volantes, une exposition tirée du livre éponyme publié chez Favre.



Les super-héros étaient à l'honneur avec des affiches de films, des figurine et des statues grandeur nature


Pour les enfants, l'exposition Skylab 5, proposait la visite d'un laboratoire de recherche sur les exta-terrestres.

Au programme, déguisements, activités manuelles, enregistrements de dialogues ET.


Comme toujours, une salle était reservée aux jeux de rôles, de cartes et de plateaux. Pour la première fois cette année était remis le prix du meilleur scénariste de jeu de rôle et du meilleur maître de jeu.


Une exposition d'illustrations de Benjamin Carré, lauréat du prix Art&Fact.


Conférences


Plus de café littéraire cette année, seul les conférences et rencontres présentés à l'Espace Shayol ont été conservé. Deux fois moins de rendez-vous, donc, et moins encore si l'on considère les horaires d'ouverture du salon rétrécis. Curieusement, les quelques conférences en rapport avec la thématique du salon n'étaient pas les plus intéressantes.


La conférence "Bedtime for democraty".


De gauche à droite : Fabien Clavel, Serge Lehman, Norman Spinrad, Stéphane Beauverger, Serge Lukyanenko (auteur du roman Les sentinelles de la nuit dont a été tiré le film Nightwatch) et sa traductrice. On dévie rapidement du débat original qui consistait à déterminer ce qui, dans le présent ou l'avenir, dans la réalité ou dans la littérature de science-fiction, pourrait menacer la démocratie. Tous s'accordent sur le fait que, selon la formule de Churchill, "la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres". Un système qui peut se détruire lui-même en permetant à un dictateur d'être élu légalement ne peut être le bon système.


"Speed Painting" par Aleksi Briclot et Benjamin Carré

Aleksi Briclot (à gauche) et Benjamin Carré nous ont offert une brillante démonstration de leur talent en direct. Tout en répondant aux questions du public et en revenant sur leur expérience d'illustrateur de couverture dans l'édition de science-fiction et de designers dans le jeu vidéo, ils ont réalisé à deux une illustration sous Photoshop, devant les spectateurs qui pouvaient voir l'avancer de leur travail en temps réel.






Le résultat final



Cory Doctorow : A gauche du copyright

Auteur de SF américain, Cory Doctorow est aussi un vaillant pourfendeur du système de droits d'auteur tel qu'il existe à l'heure actuelle et un fervent defenseur du système "Creative Commons", qui lui permet notamment de proposer ses livres en téléchargement gratuit sur son site, en plus de leur édition dans le système habituel. Au cours d'un discours enflammé, il a méthodiquement démontré que les lois censés protéger les auteurs nuisaient à ceux-ci autant qu'à leurs lecteurs, et ne profitaient au final qu'aux grands groupes d'éditions qui tenaient les rênes du marché.


Grand Prix de l'Imaginaire



Catherine Dufour reçoit le Grand Prix de l'Imaginaire du Roman Francophone

Après un long discours de remercierments qui restera sans aucun doute dans les mémoires - et dont certains fans sont prêts à tout pour obtenir l'enregistrement - Catherine Dufour, grande gagnante du festival, a tenu à montrer qu'elle aussi était capable de dire des choses sérieuses. Elle est donc revenue sur les problèmes de parités dans le monde de la SF et comparé les proportions d'invités hommes/femmes à ceux de grands partis politiques. Retrouvez la liste complète des lauréats à cette adresse ainsi que des photos de la remise de prix à cette adresse :http://www.actusf.com/forum/viewtopic.php?t=1473


Chessboxing


Le ring de Chessboxing monté dans le hall de la Cité des Congrès de Nantes

L'un des évènements les plus innatendus de ce festival était le match de chessboxing du samedi soir. Tiré par quelques passionés de La trilogie Nikopol d'Enki Bilal, cet étonnant sport proposaient à deux athlètes hors du commun de s'affronter alternativement au cours...


... d'un match de boxe ...


... et d'une partie d'échecs !

Loin de l'absurdité que l'épreuve suggérait au premier abord, le public a pu découvrir un sport étonnament prenant. Les séquences de boxe et de jeu d'échecs chronométrés, alternés toutes les cinq minutes, maintenanaient un suspens haletant. Les deux opposants pouvaient ainsi remporter la partie soit en mettant l'adversaire knock-out sur le ring, soit en mettant son roi échec au mat, soit en jouant assez rapidement pour faire perdre l'adversaire au temps sur la partie d'échecs. Une première en France !

Dernière édition ?

L'intérêt des français pour la SF étant ce qu'il est, on se demande chaque année si cette édition des Utopiales ne sera pas la dernière. Malgré le changement de direction et le nouveau partenariat avec la chaîne Sci-Fi, le festival semblait bien plus léger que les précédents années : moins de conférences, moins d'exposition, pas de fresque en direct par les illustrateurs, et surtout moins d'auteurs invités, qui pour la plupart étaient français. Mais le public n'ayant pas été vraiment au rendez-vous, gageons que les organisateurs sauront tirer la leçon et redresser le niveau pour les Utopiales 2007. Malgré tout, le festival international de science-fiction de Nantes est toujours l'occasion de rencontrer les auteurs, illustrateurs, éditeurs et tous ceux partagent cette grande passion commune : l'imaginaire !

D'autres photos du festival :
- Toutes mes photos : http://picasaweb.google.com/cuarcan/Utopiales2006
- Les photos de Jérôme Lavadou : http://www.actusf.com/forum/viewtopic.php?t=1499
- Les photos de rmd : http://www.actusf.com/forum/viewtopic.php?p=11501#11501

Clément