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Alex Nikolavitch et 2026
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Alex Nikolavitch et 2026

Scénariste et traducteur de bande dessinée français, Alex Nikolavitch est aussi un formidable auteur de romans. On citera notamment Le Dossier Arkham, L'Ancelot avançait en armes ou bien encore L'Île de Peter. Il nous parle de son année...

"Sur les projets, c'est compliqué. Je me remets à la BD, Fly me to the Moon, dessiné par Odrade, devrait sortir cette année chez La Cafetière, ça revient sur l'affaire Roswell (curieusement, ça parle moins d'aliens que de politique américaine de l'époque) et j'ai un projet en discussion, un récit fantastique se déroulant pendant la révolution russe, qui sera dessiné par Geoffo, plus connu pour son boulot sur Spider-man et Batman.

J'ai plusieurs romans sous le coude que je fais tourner auprès d'éditeurs, ça va de l'anticipation à un fantastique diffus se rapprochant plus de la littérature blanche, et le début d'un cycle de fantasy rigolote. Par ailleurs, j'ai publié une nouvelle chez un nouvel éditeur, Askabak, et il y a des projets en cours chez eux.

Mon prochain salon, ce sera le samedi 14 mars aux Utopies Fontenay, une petite manifestation très sympa à laquelle j'aime bien me rendre.




Quant à l'imaginaire et le réel... Oh, voilà une terrible question. Beaucoup d'auteurs ont défriché du terrain, imaginant des technologies et leurs usages et mésusages, cherchant à préparer les gens et à les avertir. Et, fondamentalement, ça a marché. Ça a créé des vocations d'ingénieurs et de cosmonautes, d'exobiologistes et j'en passe. Mais plus le temps passe et plus on a l'impression que d'aucuns se servent des dystopies comme de manuels et c'est absolument terrifiant. Les questions qu'on se pose depuis des années sur les imaginaires positifs, le solarpunk et autres se retrouvent à nous revenir à la figure par le côté le plus incongru, par des gens qui s'identifient délibérément et sciemment aux méchants de ces fictions. De mon point de vue, c'est absolument terrifiant. Il y a des auteurs dont on regrette qu'ils n'aient pas été lus, et d'autres, à présent, qui ont été lus mais dont on regrette qu'ils l'aient été de cette façon-là.

Après, l'imaginaire doit-il ou pas avoir un effet sur le réel ? Il en a toujours eu, c'est un mécanisme de ping-pong aussi vieux que l'imaginaire, d'Alexandre se voulant le nouvel Achille à Cervantes déconstruisant le roman de Chevalerie dans Don Quichotte, puis déconstruisant son propre travail dans le tome 2, des carrières scientifiques nées de Star Trek au premier sous-marin nucléaire qui s'appelait Nautilus ou au développement d'internet qui piochait son vocabulaire chez Gibson. Et le réel influence l'imaginaire en retour, c'est sans fin. Ça n'a même pas de sens de le déplorer, je crois. Mais ça confère aux auteurs une certaine responsabilité de ce qu'ils racontent et de comment ils le racontent, même si ensuite, de toute façon, ça leur échappera.

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