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Blood Over Bright Haven

Langue d'origine : Anglais
Date de parution : 04/02/2026  -  livre
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Découvrez le nouveau M. L. Wang : Blood Over Bright Haven. Un roman de fantasy aux accents de dark academia...

Publié en février dernier, Blood Over Bright Haven est le deuxième livre de M. L. Wang à paraître aux éditions Calix, après le succès The Sword of Kaigen. L’autrice signe une fantasy aux accents de dark academia avec des éléments intéressants.

Dans une société profondément masculine, Sciona rêve de devenir haut mage et de rejoindre l’élite tirannaise tandis que Thomil, réfugié, tente de survivre dans une ville qui ne veut pas de lui. Lorsqu’il se retrouve au service de la mage, Thomil entrevoit une lueur d’espoir, mais la découverte de Sciona sur la magie et le fonctionnement de sa ville remet tout en question. Seront-ils capables de dépasser leurs différences et leurs préjugés face au défi qui les attend ?

Un worldbuilding intéressant

C’est sur fond de dark academia que M. L. Wang nous dépeint une société froide, presque austère, avec un système de castes, et patriarcale. Bienvenue à Tiran, une ville protégée par une barrière à la fois magique et prodigieuse qui nécessite un afflux permanent de matière et d’énergie. L’autrice aborde cette magie de façon très intellectuelle au cours du roman, à base de réflexion, de calcul et de code, à l’image du développement informatique que l’on connaît. C’est ce savoir qui permet à la barrière d’exister et de piocher dans l’Autremonde sa puissance pour se maintenir. C’est ce savoir que Sciona va perfectionner durant toute sa vie. Cette forme de magie peu commune, basée sur un incantographe, sorte de machine à écrire qui génère des sorts, est captivante. C'est l’une des forces du roman et il s’agit ici d’un élément central, qui fait le lien avec les divers sujets abordés et le prix du progrès.
Quant à Sciona, cette femme ambitieuse et toujours plus avide de réussite, elle va repousser ses limites jusqu’à découvrir l’origine de cette magie et de cette protection, au point de faire vaciller ses convictions et sa vie. Si cette découverte, cette prise de conscience pousse notre héroïne à agir, est-ce par réelle empathie ou par ambition de marquer l’histoire de Tiran ? Sciona est une femme antipathique, mordante, égoïste, mais il n’en faut pas moins pour survivre dans un monde où l’on ne veut pas de vous. Et pour la haute mage, trompée par cette même société qu’elle idolâtrait, il n’y a qu’une seule issue possible. Un personnage gris que l’on apprécie ou non, et en ce sens, Sciona est réussie.

Une multitude de thématiques

Tiran permet à ses habitants de survivre au froid et à la Souillure, cette lumière qui dévore les gens. Une oasis parmi des terres désolées. Une ville aux allures de refuge. Malheureusement, si vous êtes Kwen, c’est-à-dire originaire de l’autre côté de la barrière comme Thomil, cette protection sera durement payée pendant toute votre vie. Les Kwen sont exploités, parqués, méprisés, ostracisés… pendant que les tirannais et tirannaises profitent d’une situation confortable. L’autrice joue avec sa fantasy pour dénoncer le racisme et l’esclavagisme sous couvert d’une supériorité idéologique. La magie n’est d’ailleurs réservée qu’à une élite masculine que notre héroïne viendra troubler en devenant l’une des seules femmes mages. Les femmes et leurs humeurs ne sont pas aptes à la magie et à manier un incantographe ; elles sont tout juste bonnes à enseigner et à enfanter. Dotée d’un caractère ambitieux, Sciona fait face à la misogynie et au sexisme ambiants durant son parcours au sein de l’Académie. M. L. Wang pousse même plus loin la caricature avec une tentative de viol sur la jeune femme, qui sera finalement sauvée par un Kwen... L’opprimé qui sauve l’oppresseur…
Si ce one-shot permet à l’autrice d’aborder plusieurs sujets importants, certains manquent d’approfondissement. Sciona se remet à peine en question malgré ses découvertes tragiques et Thomil est l’un des seuls opprimés que l’on croise réellement dans ce roman. Quant à la conclusion, elle est à la fois forte et sans concession, mais avec un goût de trop peu.

En somme, les idées sont bonnes, l’écriture dynamique, l’univers créatif et immersif avec des protagonistes qui fonctionnent, mais le récit manque de subtilité et de nuances. L’histoire reste cohérente et plus accessible sur certains aspects que pourrait l’être Babel de R. F. Kuang aux thèmes similaires.

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