Des survivants de luxe
Ils sont huit cent mille, rassemblés après l’effondrement de la civilisation dans une station orbitant autour de la Terre. Ce sont des privilégiés : hommes d’affaires, héritiers, ingénieurs, quelques artistes. Ils doivent attendre mille ans que la planète se regénère avant d’en reprendre possession. Quelques-uns sont censés se réveiller pour surveiller que tout se passe bien. Lors d’un de ses réveils, les androïdes se détraquent et attaquent les humains, à cause d’un virus informatique. Ils sont neutralisés mais du coup, les missions qu’ils devaient réaliser seront effectuées ponctuellement par des humains, comme aller sur Terre pour évaluer le niveau de radiations. Et puis il y a le petit robot Billy qui a une mission : retrouver celui qui a créé ce virus parmi ceux qui ont été cryogénisés sur Terre (et oui, il y en a). Au bout de mille ans, Billy réussira son enquête…
Une dystopie néo-libérale
Le scénariste Fred Duval (Jour J, Metropolia, Travis) a rassemblé une équipe de dessinateurs chevronnés comme Philippe Buchet, Denis Bajram ou Fred Vignaux avec d’autres moins connus comme Dimitri Armand ou Grun pour nous offrir Mille ans. L’histoire est crédible quand on connaît les obsessions des milliardaires américains de la tech comme Elon Musk : survivre à l’effondrement tout en laissant la masse… crever, il n’y a pas d’autre terme. On laisse la planète se regénérer avant de recommencer à l’exploiter, intéressante perspective. L’ensemble se rattache au genre de la dystopie et se lit bien. Philippe Buchet livre de très belles pages, Grun aussi.
Sylvain Bonnet