A travers le temps
Caspar Last n’a pas fait grand-chose de sa vie en cette belle année 1983, à part inventer une machine à voyager dans le temps. Décidé à gagner de l’argent, Last se rend en Guyane britannique au milieu du XIXe siècle pour y acheter un timbre one-cent magenta, très rare. Et cela fonctionne. Sauf que Caspar Last a attiré l’attention de l’Altérité, une société secrète fondée pour… sauvegarder l’empire britannique. Pour ce faire, l’Altérité surveille les flots du temps, intervient si nécessaire pour organiser la paix en 1915, empêcher Hitler. Mais tout dépend de l’héritage de Cecil Rhodes, nécessaire aux débuts de l’Altérité, mort jeune. Mais si Cecil Rhodes meurt plus tard, plus d’héritage, plus d’Altérité. Peut-on sans cesse corriger les différentes lignes de temps ?
Une réussite de John Crawley
Voici donc la réédition d’une nouvelle parue en 1989 et qui a remporté le prix World Fantasy en 1990 ainsi que le grand prix de l’imaginaire. John Crowley est plus connu pour des romans comme L’animal découronné (Robert Laffont, 1981) ou Le parlement des fées, récemment réédité chez L’Atalante. Cette novella est très intelligente, changeant de point de vue en cours d’histoire et ouvrant des perspectives vertigineuses. La maîtrise narrative de Crowley est ici bluffante. La grande œuvre du temps est un coup de maître, véritablement.
Sylvain Bonnet