Un futur possible
Nous voici plongés dans un futur proche. Les démocraties occidentales ont trouvé une réponse à leur crise en confiant leur gouvernance à des premiers ministres virtuels, des IA qui décident de tout. A l’est, le président de la Fédération (de Russie) a trouvé le moyen de conjurer la mort en téléchargeant sa conscience dans un corps plus jeune, le tout surveillé par son médecin, Nikolaï Agapov, dont la famille vit en Italie. Mais voilà que les IA qui dirigent l’Europe occidentale commencent à devenir incohérentes, sous les yeux de Nourlan qui assiste impuissant à la crise. Du côté de la fédération, Lilia a l’intention de déjouer les beaux plans du président de la Fédération. Et puis il y a Zoïa et son livre, interdit par la Fédération mais lu partout ailleurs. Bref, un monde s’effondre, c’est peut-être la meilleure des solutions !
De la bonne « Speculative-fiction »
On a découvert Ray Nayler avec l’excellent recueil Protectorats qui a fait naître beaucoup d’espoirs en lui, confirmés par la novella Défense d’extinction, prix Hugo en 2025 du meilleur roman court (plus que mérité). Où repose la hache se rattache à la « Speculative-fiction », un courant SF très populaire dans les années soixante et soixante-dix du siècle précédent. Ray Nayler imagine un monde très proche du nôtre, au bord de l’effondrement, avec des IA qui tombent malades et un président de la Fédération (de Russie) qui rêve d’immortalité (il ne sera pas déçu du voyage le bougre !). L’intrigue est bien tournée, l’histoire bien écrite, avec une fin douce-amère en adéquation avec notre monde. Car Où repose la hache parle beaucoup de notre époque et de ses impasses, comme toute SF digne de ce nom. Excellent roman.
Sylvain Bonnet