Une épreuve
Ils sont trois : Nabintu, une paysane, qui a tué un innocent qu’elle croyait coupable pour venger sa fille ; Melanthius, un ancien prévôt qui a bien des choses à se reprocher ; enfin Ishitey, une guerrière du nord. Tous donc ont quelque chose à se reprocher et sont rassemblés par Keres, une déesse un peu tordue, pour passer une épreuve étrange : durant trois nuits, les trois « jurés » vont examiner successivement trois individus suspectés de crime et vont décider ensemble du verdict. Mais à la moindre erreur, si un innocent est condamné, nos trois jurés seront damnés… Le premier cas est simple, il s’agit d’un chevalier devant protéger une princesse : il l’a tué par jalousie. Mais la suite est plus dure, nos jurés vont hésiter, jusqu’à quel point ? En tout cas, Keres s’amuse.
De la fantasy en mode Agatha Christie
Stéphane Arnier, auteur de La Brume l’emportera et de La dernière transhumance (pour ce dernier, un tome 2 sort bientôt), nous offre ici un polar de style « Wodunit » (=qui a commis le crime ?), genre où s’illustra avec brio la créatrice d’Hercule Poirot. Ces trois nuits sont longues et chaque « juré » est renvoyé à sa propre histoire (Nabintu est hantée parce qu’elle a fait) tandis que Keres les observe. Tirons du roman un commandement : ne jamais se fier à l’impression première. Trois nuits est une lecture somme toute agréable mais exigeante.
Sylvain Bonnet