- le  

Chants du cauchemar et de la nuit

Thomas Ligotti (Auteur), Anne-Sylvie Homassel (Traducteur, Préface)
Langue d'origine : Anglais
Aux éditions : 
Date de parution : 08/01/2025  -  livre
voir l'oeuvre
Commenter

Thomas Ligotti - Chants du cauchemar et de la nuit. Comme une filiation avec de grands anciens

Le dernier secret du fantastique américain ?

Thomas Ligotti est un auteur américain peu connu en France dont quelques nouvelles ont été publiées dans des anthologies (citons La dernière aventure d’Alice dans 13 histoires diaboliques paru chez Albin Michel au siècle dernier). Il semble affectionner les ambiances cauchemardesques et est classé comme un possible héritier de Lovecraft par certains critiques, ce qui est lourd à porter. Chants du cauchemar et de la nuit est un recueil de nouvelles publiées dans les années 1982-1995, sans équivalent en langue anglaise, d’abord publié chez Dystopia en 2014 et repris l’année dernière en poche chez Rivages.

Un recueil inégal

On commence avec Petits jeux où un psychologue de prison revient épuisé d’une séance avec un patient psychopathe tueur d’enfants nommé John Doe (il n’a pas de nom, il en a des milliers) et veut partir, tout quitter mais sa fille Mina disparaît, à sa place un mot de Doe… le résultat est efficace et effrayant. On continue avec Rêve d’un mannequin : miss Locher vient raconter un rêve à un psy où elle habille un mannequin. Le psy est intrigué. Quand Miss Locher ne vient pas à son second rendez-vous, le psy commence à faire des découvertes. La forme est intéressante, avec cette lettre du psy à une collègue qui ne semble pas très normale… en revanche Le chymiste est un récit compliqué et d’un faible intérêt, malgré la référence à l’alchimie. Ligotti se rattache à quelque chose de plus traditionnel avec L’art perdu du crépuscule : né d’une femme vampire, André a grandi et sa « famille » veut le revoir, pour son plus grand malheur… Il deviendra vampire. On s’ennuie ensuite avec Dr Voke & Mr Veech, histoire sans aucun intérêt et on soupire avec Vastarien, où un certain Victor Keirion glisse vers un autre monde grâce à un livre : il finira enfermé. Idem avec Miss Plarr ou Conversations dans une langue morte.

Filiation avec de grands anciens

Avec Nethescurial on comprend mieux la référence à Lovecraft avec une idole en pierre, une île, des cauchemars… Les Profonds ne sont pas loin. De L’Ombre au fond du monde, une histoire d’épouvantail un peu macabre avec un vieux paysan, on songe plutôt à Poe ou Ambrose Bierce. Dans Le Tsalal, le fils d’un pasteur revient dans sa ville natale et se remémore sa vie. Elevé à la dure par son père, il est en fait autre chose qu’un homme et son existence prépare la venue d’un démon, le Tsalal. Intéressant, parfois proche du pastiche… lovecraftien.

Il va falloir traduire d’autres récits de Ligotti.


Sylvain Bonnet

Genres / Mots-clés

Partager cet article

Qu'en pensez-vous ?