Entrave a été élevé pour tuer, affûté comme une lame de couteau dans le seul but d'assassiner son saint de père.
Il marche parmi les pouvoirs invisibles : les diables et les antidieux, caricatures d'êtres humains. Il a appris un catéchisme de mort, perdu son ombre et pris l'habitude de se montrer discret. Après une enfance sanglante, il s'enfuit de la petite ville rurale où il est né pour s'installer dans la grande cité. Il y découvre un monde plus vaste, où les messies en puissance sont légion.
À Luriat, les apparences sont toujours trompeuses. Les portes se comportent de manière étrange et une fois fermées, il leur arrive de ne plus jamais s'ouvrir. La cité en est parsemée : des portes de lumière, portails inquiétants à travers lesquels souffle un blizzard sans fin. Dans cette mégapole mystérieuse, Entrave va découvrir quel genre d'homme il est vraiment, et cette découverte va conduire à une réécriture du monde.
Quête de mort
Entrave a grandi dans une petite ville rurale. On lui a appris à se dissimuler, à tuer aussi. Il habite maintenant Luriat, une métropole impressionnante parsemée de portes de lumière où souffle un vent aux allures de blizzard. Luriat voit aussi des factions religieuses s’affronter, certaines cherchant à instrumentaliser Entrave. Le voici à la découverte de lui-même, une quête qui doit le mener jusqu’à la confrontation ultime avec son père. Et pour cause : il a été élevé pour le tuer. Le fera-t-il ? Vous le saurez en lisant Les Portes de Lumière…
Un roman très abscons
Les Portes de Lumière ont reçu les prix Nebula et prix Locus du premier roman en 2024, ce qui montre que la critique anglosaxonne s’est enthousiasmé pour ce texte dense, exigeant. Le roman de Vajra Chandrasekera est très ambitieux et vise la création d’une atmosphère envoûtante sur un rythme lent. En gros, le lecteur doit s’immerger complètement dans une histoire où l’auteur semble s’interroger sur la manipulation des hommes via la religion : pourquoi pas ? Beaucoup de digressions donc. Du coup, un lecteur un peu distrait par la vie aux alentours (et son smartphone) va vite s’ennuyer avec Les Portes de Lumière. Réservé donc aux amateurs de contemplation et de sensations fortes (eh oui, les deux peuvent se marier).
Sylvain Bonnet