Charles Brooks, riche banquier fantasque, meurt dans un accident de voiture aux circonstances troubles. Sa fille, Magda qui ne l'a pas vu depuis près de dix ans, hérite de sa vaste demeure. Alors qu'elle ouvre une à une toutes les pièces de la maison elle découvre, glissé dans une housse, un robot bleu acier mis en veille ... C'est Karl, l'androïde-majordome de son père disparu. Pour Magda, qui préfère les relations humaines aux technologies, Karl n'est qu'un objet froid. Que va-t-il lui révéler quand elle décide de le rallumer... ?
Un robot humanisé ?
Magda Brooks revient dans la maison de son enfance à la mort de son père, Charles Brooks, tué dans un accident de voiture. En rangeant la maison, elle découvre dans une housse un robot, Karl, possession de son père. C’est le moment que choisit Lars Olsen pour sonner à sa porte. Olsen est un expert en cybernétique diligenté pour une enquête : la Crown Bank, qui employait Charles Brooks, veut poursuivre la Randall Society qui a construit Karl. Ce dernier aurait commis une erreur en conduisant la voiture, une erreur liée à sa programmation selon la Crown Bank.
Or la mémoire de Karl est saturée d’anomalies. Et le robot semble, aux yeux de Magda qui passe quelques jours dans la maison, capable d’émotions. Karl a-t-il accédé à la conscience ? Est-il responsable de la mort de Charles Brooks ? Le procès commence bientôt…
Une bande dessinée et un conte philosophique
Auteur des Dames de Kimoto, Cyril Bonin signe ici un album très ambitieux, ancré aussi dans la science-fiction. Et l’histoire pose des questions qui renvoient à Asimov ; un robot peut-il accéder à la conscience ? Acquérir des émotions ? Tuer un être humain ? La relation qui s’installe peu à peu avec Magda est plutôt émouvante, surtout à la fin. Karl est une bande dessinée tout à fait réussie, sensible et ambitieuse, qu’on recommande.
Sylvain Bonnet