À l’aube de notre civilisation, une déléguée spatiale est envoyée sur Terre avec la mission?de retrouver son prédécesseur. Ce dernier a disparu au cœur des premières cités-Etats de Mésopotamie, là où les hommes découvrent les dieux.
Au fil de sa traque dans le sable et la violence, un doute grandit?: son prédécesseur n’a-t-il pas façonné l’Histoire elle-même?? Dans un monde qui bascule vers le mythe, des hommes et des Dieux, qui observe qui??
Il y a longtemps…
Gashansunnu, prêtresse d’Ishtar à Ninive apparaît en plein désert. Effrayant les paysans, elle se rend dans la cité de Sichem. Mais elle n’est pas humaine : elle est une observatrice appartenant à la famille, une civilisation extraterrestre, et est venue évaluer les civilisations terriennes après que son prédécesseur soit porté disparu. Elle est censée le retrouver tout en faisant connaissance avec les humains. Mais, très vite, l’esclavage et la violence la choque. Elle quitte Sichem en direction du royaume austral à la recherche de traces son prédécesseur, croisant les nomades du Marche-lune… elle découvrira que le premier observateur est devenu un discret guide des humains, pour le meilleur et pour le pire.
Un récit original
Le Marche-Lune sort de l’imagination féconde du dessinateur flamand Simon Spruy, auteur de Junker (Cambourakis, 2015) et des Mémoires du Drago Dragon (Le Lombard, 2022-2025). Il dit s’être inspiré de Joseph et ses frères de Thomas Mann pour bâtir cette histoire d’observateur interspatial et inter espèces venu chercher son prédécesseur. Le résultat est intéressant. On songe parfois à la Prime directive de Star Trek. Spruyt semble s’être demandé si on a réellement le droit de porter des jugements moraux sur une civilisation complètement étrangère : pourquoi pas ? Le graphisme peut dérouter. Album en tout cas réussi.
Sylvain Bonnet