Sylvain Fontaine – Poètes de l’Imaginaire – Terre de brume

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Lensman
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Message par Lensman » ven. juin 15, 2012 3:47 pm

bormandg a écrit :
dracosolis a écrit :
Je crois que tu serais bien embêtée si quelqu'un te demandait ce que tu entends exactement par "imaginaire". Parce que c'est un fourre-tout insondable.
bénon
je dirais voyons...
science fiction, fantastique fantasy ? :D
Ce qui est exactement la plus mauvaise manière d'utiliser le mot (et pour répondre à Joe, celle qui a cours sur ce forum et, hélas, un certain nombre d'autres).
Il me semble que, si tout le monde comprend par "imaginaire" le groupement "science fiction, fantastique fantasy", tout va bien. On peut discuter de l'intérêt du groupement à tout prix (personnellement, j'en doute, en effet), on peut dire que le mot "imaginaire" peut vouloir dire autre chose, mais enfin, le tout est d'être d'accord sur le fait que, à tel endroit, c'est ce que l'on comprend.
Sur ce forum, donc, "imaginaire" veut dire " groupe science fiction, fantastique fantasy". Une fois qu'on le sait, il est possible de discuter.
Et ce serait la "plus mauvaise manière"??? Montre moi les autres, pour qu'on se marre cinq minutes...
Déjà, celle du "Que sais-je?" est absolument hallucinante... ne me dis pas que tu la trouves meilleure que comprendre, par imaginaire, le groupement "science fiction, fantastique fantasy", ou alors, il faudrait que tu m'expliques...
Entendons nous bien: je ne dis pas que j'approuve la définition "groupement science fiction, fantastique fantasy", mais je dis que, à côté du "Que sais-je?", c'est un sommet de finesse, de subtilité!

Oncle Joe

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dracosolis
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Message par dracosolis » ven. juin 15, 2012 4:57 pm

IFF a écrit :Je viens de trouver ma réponse : l'imaginaire, c'est tout simplement un métalangage.

C'est pareil que "fourre-tout" mais ça fait plus riche :lol:
meuh non


c'est a) une étiquette marketing pour les libraires et les festivals
b) un nom commun
c) une façon facile de désigner d'un bloc toute la profession
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Message par bormandg » sam. juin 16, 2012 6:48 am

dracosolis a écrit : c) une façon facile de désigner d'un bloc toute la profession
Quelle profession? Parce que si on commence à couper les auteurs en tranche quand ils écrivent aussi bien en SFFF que hors SFFF, si on commence à séparer auteurs écrivants de la SFFF et auuteurs écrivant autre chose (littérature "blanche", autres "genres" ) on n'a pas fini .... :twisted:
"If there is anything that can divert the land of my birth from its current stampede into the Stone Age, it is the widespread dissemination of the thoughts and perceptions that Robert Heinlein has been selling as entertainment since 1939."

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Message par dracosolis » sam. juin 16, 2012 8:44 am

ce que j'essaie de dire c'est que c'est juste un terme usuel et marketing et que si on veut affiner on affine mais qu'il y a pas de raison de monter au créneau à part celle (toujours respectable) de se fouetter les sang pour pas grand chose
ou bien l'envie (tout aussi respectable) d'emmerder le monde en pinaillant ad vitam aeternam sous couvert de philologie ou de philosophie

sans compter que ça changera rien au shmilblick la plupart des gens (qui manquent de discernement) ne bougeront pas d'un iota et continueront à utiliser le terme
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Soslan
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Message par Soslan » sam. juin 16, 2012 9:40 am

bormandg a écrit :Et même si le terme est employé de manière grotesque, fourre-tout et impropre à tout bout de champ et est 99 fois sur 10 hors de propos, particulièrement dans ce forum, je le crois néanmoins correct dans le cas présent, parce qu'il n'y a pas d'autre terme qui corresponde à peu près aux limites du travail de Sylvain. Alors moi aussi je réagis brutalement à chaque fois qu'on me parle de "littérature de l'imaginaire" (et plus ecore si c'est un partisan des littératures de réflexion qui le fait)... et je n'ai pas ressenti la moindre gène en voyant le titre de cette anthologie.
Voilà.
"La Lune commence où avec le citron finit la cerise" (André Breton)

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Et pour ne pas faire que ma propre promo :
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IFF
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Message par IFF » sam. juin 16, 2012 10:45 am

dracosolis a écrit :ce que j'essaie de dire c'est que c'est juste un terme usuel et marketing et que si on veut affiner on affine mais qu'il y a pas de raison de monter au créneau à part celle (toujours respectable) de se fouetter les sang pour pas grand chose
ou bien l'envie (tout aussi respectable) d'emmerder le monde en pinaillant ad vitam aeternam sous couvert de philologie ou de philosophie

sans compter que ça changera rien au shmilblick la plupart des gens (qui manquent de discernement) ne bougeront pas d'un iota et continueront à utiliser le terme
J'ai bien compris, autant pisser dans un violon et maintenir le statu quo...
Mais ça reste une solution non satisfaisante, en ce qui me concerne.

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Soslan
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Message par Soslan » sam. juin 16, 2012 10:56 am

Pendant ce temps-là, c'est fou ce qu'on parle de l'anthologie.

(Oui, je sais, paille, poutre, tout ça).
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Soleil vert
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Message par Soleil vert » sam. juin 16, 2012 11:25 am

Cette anthologie a réveillé une très vieille question. Il y a quelques décennies, j'ai découvert au hasard de dictées, à quelques semaines d'intervalle, deux textes, La guerre du feu et Les éléphantsde Leconte de Lisle. (Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60). Ce qui m' a frappé c'est la présentation presque conjointe de ces deux textes. Or ils sont issus de deux écoles littéraires différentes. Ya t'il un imaginaire commun ?

Papageno
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Message par Papageno » sam. juin 16, 2012 12:08 pm

(Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60) (Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60)
Une anecdote en forme de souvenir !
Dans les années 70 (Je pense - j'étais jeune) - Une jeune fille, probablement étudiante, remarque, juste en passant rapidement devant le petit rayon SF (ou j'étais) le recueil de Rosny "Récits de Science-fiction" qui venait de paraitre en marabout poche, et s'exclame étonnée: "ça alors, Un livre de Rosny ! On en a parlé cette semaine en cours, mais on ne m'a pas dit qu'il écrivait aussi de la Science-fiction"
Le monsieur, d'un certain age, qui l'accompagnait (probablement son père), lui répondit alors, sans la moindre hésitation:
- Oui, malheureusement, il en a écrit, ainsi que des romans préhistoriques - mais c'est la, la partie mineure de son œuvre !!!!

Quant à moi, qui avait surpris, sans le vouloir des brides de cette conversation, j'étais particulièrement fièr et heureux de ne lire que des œuvres mineures !

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Lensman
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Message par Lensman » sam. juin 16, 2012 2:29 pm

Papageno a écrit :
(Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60) (Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60)
Une anecdote en forme de souvenir !
Dans les années 70 (Je pense - j'étais jeune) - Une jeune fille, probablement étudiante, remarque, juste en passant rapidement devant le petit rayon SF (ou j'étais) le recueil de Rosny "Récits de Science-fiction" qui venait de paraitre en marabout poche, et s'exclame étonnée: "ça alors, Un livre de Rosny ! On en a parlé cette semaine en cours, mais on ne m'a pas dit qu'il écrivait aussi de la Science-fiction"
Le monsieur, d'un certain age, qui l'accompagnait (probablement son père), lui répondit alors, sans la moindre hésitation:
- Oui, malheureusement, il en a écrit, ainsi que des romans préhistoriques - mais c'est la, la partie mineure de son œuvre !!!!

Quant à moi, qui avait surpris, sans le vouloir des brides de cette conversation, j'étais particulièrement fièr et heureux de ne lire que des œuvres mineures !
Très belle anecdote ! Le père devait être un véritable fossile vivant ! Ce n'était pas plutôt le grand-père? Même en 1970, on ne rééditait plus, depuis bien longtemps, d'autres textes de Rosny que sa SF et ses récits préhistoriques!

Oncle Joe, épaté

Sylvain Fontaine
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Message par Sylvain Fontaine » dim. sept. 02, 2012 12:29 pm

IFF a écrit :J'ai bien compris, autant pisser dans un violon et maintenir le statu quo...
Mais ça reste une solution non satisfaisante, en ce qui me concerne.
Salut tout le monde, l'auteur de l'antho. est désormais avec vous.

Figurez-vous que je suis d'accord avec IFF, le terme "imaginaire" ne me convient pas non plus. Il a souvent le sens indiqué par le "Que sais-je". Il est par exemple courant d'entendre parler d'"imaginaire de guerre", d'"imaginaire adolescent" ou d'"imaginaire sado-masochiste", etc. D'ailleurs cette appropriation de "l'imaginaire" par les amateur de SFFF peut irriter ceux qui n'en sont pas : hé quoi, ils n'auraient pas d'imagination ceux qui lisent Erik Orsenna ou Olivier Adam ?

Mais j'ai eu beau chercher une solution, j'ai pas trouvé. Il y a bien la notion de "non-mimétique", mais "poètes non-mimétiques", n'est-ce pas... Roger Caillois parlait de "merveilleux" pour regrouper féerie, fantastique et SF, mais ce n'est pas un usage courant du mot. C'est l'usage que j'ai retenu dans le livre, après avoir expliqué le sens que je lui donnais, mais ça ne pouvait pas faire un titre à cause de son ambiguïté.

Finalement, j'avais baptisé l'antho. "poètes de l'au-delà", en référence à la phrase de Victor Hugo que j'ai mis en exergue : "La réalité est, dans ce livre, modifiée par tout ce qui dans l’homme va au delà du réel." Mais l'éditeur m'a fait remarquer que ça laisserait penser qu'il est question de fantômes. Il a proposé "Poètes de l'imaginaire", qui est en effet, comme dit Dracosolis, plus commun, et donc plus vendeur.

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Eons
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Message par Eons » dim. sept. 02, 2012 1:21 pm

Sylvain Fontaine a écrit :D'ailleurs cette appropriation de "l'imaginaire" par les amateur de SFFF peut irriter ceux qui n'en sont pas : hé quoi, ils n'auraient pas d'imagination ceux qui lisent Erik Orsenna ou Olivier Adam ?
Si, mais elle est bridée par le "ici et maintenant" (ou "ici et jadis selon l'Histoire").
Les beaux livres, c’est aussi par ici : www.eons.fr

Sylvain Fontaine
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Message par Sylvain Fontaine » dim. sept. 02, 2012 1:40 pm

Soleil vert a écrit :Cette anthologie a réveillé une très vieille question. Il y a quelques décennies, j'ai découvert au hasard de dictées, à quelques semaines d'intervalle, deux textes, La guerre du feu et Les éléphantsde Leconte de Lisle. (Rosny devait encore bénéficier d'une certaine réputation dans le monde enseignant dans les années 60). Ce qui m' a frappé c'est la présentation presque conjointe de ces deux textes. Or ils sont issus de deux écoles littéraires différentes. Ya t'il un imaginaire commun ?
Très certainement.

D'abord ils étaient contemporains. Leconte de Lisle meurt en 1894, Rosny aîné avait alors 38 ans. Lorsque Rosny aîné était un jeune homme, dans les années 70, le mouvement littéraire patronné par Leconte de Lisle, le Parnasse, créait la sensation. Il attirait même à lui des écrivains dans le fond assez éloignés (Paul Verlaine).

Le Parnasse a beaucoup exploré les contrées exotiques et les époques barbares (mais pas la préhistoire à ma connaissance). Leconte de Lisle a de plus écrit plusieurs poèmes sur la sauvagerie et la puissance du monde naturel ("Les éléphants" en sont un exemple), ainsi que plusieurs poèmes carrément spéculatifs : plusieurs fins du monde ("L'astre rouge" ; "La dernière vision" ; "Solvet seclum"), et quelques poèmes exprimant un vertige devant les horizons cosmiques et historiques, où transparaissent même les concepts d'écologie et d'évolution ("Les clairs de lune" ; "La forêt vierge"). Si tu ne t'es pas procuré cette indispensable anthologie, tu pourras retrouver tous ces poèmes dans une version de travail que j'ai diffusé sur l'internet, ici :
http://fr.feedbooks.com/userbook/5698

Y'a pas à dire, la littérature académique de l'époque était beaucoup plus marrante qu'actuellement, mais on l'a oublié. Et Rosny aîné était de ces cercles académiques (il sera avec son frère un des premiers membres de l'Académie Goncourt, qui décerne le prix du même nom).

Soleil vert
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Message par Soleil vert » dim. sept. 02, 2012 3:18 pm

Y'a pas à dire, la littérature académique de l'époque était beaucoup plus marrante qu'actuellement
.. rien de tel pour alimenter les conversations dinatoires ...
Le roi Sigurd est mort. Un lourd tissu de laine
couvre, du crâne aux pieds, le germain au poil blond.

LDL Poèmes barbares

Plaisanterie à part tu m'as donné envie de relire les Trophées De Heredia. Il faut absolument que je trouve une édition Lemerre ou Mercure de France.

Dans le genre "mythologique-mystique" et contemporain, procures toi le Diwan sur le prince d'Emgion de Ekelof.

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Message par bormandg » dim. sept. 02, 2012 5:38 pm

Y'a pas à dire, la littérature académique de l'époque était beaucoup plus marrante qu'actuellement
Est-il besoin de rappeler la Préface de Cromwell? L'attaque contre l'invocation du réalisme qu'elle contient ne se limitait pas au théâtre. Certains auteurs "académiques" l'avaient lue et comprise. 8)
"If there is anything that can divert the land of my birth from its current stampede into the Stone Age, it is the widespread dissemination of the thoughts and perceptions that Robert Heinlein has been selling as entertainment since 1939."

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