Robert-Charles Wilson - Les derniers jours du paradis

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Gruz
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Robert-Charles Wilson - Les derniers jours du paradis

Message par Gruz » jeu. sept. 04, 2014 4:45 pm

Le nouveau Robert-Charles Wilson n'est peut-être pas son meilleur, mais il est excellent et toujours bourré d'humanité.

En voici ma chronique :

http://gruznamur.wordpress.com/2014/09/ ... es-wilson/

Gruz
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interview de Robert-Charles Wilson 05/09/2014

Message par Gruz » ven. sept. 05, 2014 4:33 am

Hello !

Suite à la sortie de son dernier roman, Les derniers jours du paradis, je vous propose l'interview que j'ai réalisé avec Robert-Charles Wilson

Version française :
http://gruznamur.wordpress.com/2014/09/ ... es-wilson/

Version originale :
http://gruznamur.wordpress.com/2014/09/ ... es-wilson/

Soleil vert
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Message par Soleil vert » ven. sept. 05, 2014 10:35 pm

Bonne critique de Sylvain Bonnet sur ce site, qui met en valeur le thème de l'enfermement chez Wilson : on pourrait ajouter à la liste Blind Lake, Bios etc ...
Le "pendant" de l'enfermement c'est la fuite Les fils du vent, A travers temps ...
On a parfois rapproché Wilson de Simak : humanisme certes, mais Ugo Bellagamba (sauf erreur de ma part) avait remarqué que l'auteur de Demain les chiens se faisait fort de rédiger des space-opera ... ayant pour cadre la Terre.

Il faudrait interroger l'auteur sur les raisons du choix de ce thème

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. sept. 08, 2014 12:09 pm


eleanore-clo
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Message par eleanore-clo » mar. sept. 09, 2014 2:32 pm

Bonjour

Burning Paradise tranche sur la production de Robert Charles Wilson.

Côté face, l'intrigue est truffée d'invraisemblances : Werner Beck immense spécialiste de l'hypercolonie découvrant tardivement que son fils est un sim, le parasite toujours superbement organisé mais jouant sur le hasard en laissant Ethan libre de son choix,... Bref... Et ce n'est qu'un échantillon dans un florilège d'incongruités. Le ton est aussi très surprenant. L'écrivain, devenu canadien par choix, semble retrouver ses racines étasuniennes et la violence sous-jacente à ce pays. Ainsi, les meurtres sous couvert de bonnes intentions ou par erreur parsèment le livre. Dans un autre domaine, les personnages sont moins sympathiques que d'habitude. Dès lors, l’œuvre étonne et détonne quelque peu dans la production de Wilson même si on y retrouve un de ses piliers favoris : à savoir la confrontation entre des femmes/ hommes ordinaires et le surnaturel/l'extraordinaire/le colossal.

Côté pile, l'auteur porte une réflexion sur le pouvoir et la bienveillance imposée/intéressée. Le débat est très ancien mais d'actualité. On pense par exemple au XIX ème siècle et sa justification civilisatrice de la colonisation (le discours de 1876 de Leopold II). Choisir d'appeler l'extraterrestre d'un mot, hypercolony, phonétiquement proche de colony, est-il d'ailleurs innocent? On peut aussi penser à des références bibliques : Adam et Eve chassés du Paradis parce qu'ils découvrent la connaissance rappellent Ethan et Cassie prenant la décision de libérer l'humanité d'une tutelle bienveillante mais castratrice. L'analogie religieuse peut être poussée encore plus loin. Dans le livre de la Genèse, une des sanctions prises par Dieu est que la femme "enfantera dans la douleur". Or, tout à la fin des Derniers jours du Paradis, Wilson choisit d'amener l’uchronie vers une deuxième guerre mondiale. Le message subliminal est-il qu'être libre signifie souffrir et mourir ? On pense aussi et enfin à John Acton et son célèbre "Power tends to corrupt, and absolute power corrupts absolutely. Great men are almost always bad men".
La guerre entre l'hypercolonie et son parasite et l'intervention humaine dans ce conflit peuvent aussi être éclairées à la lumière du 100ème anniversaire du déclenchement de la première guerre mondiale ou encore du 70ème anniversaire du débarquement en Provence. En effet, les "colonisateurs", dans leur affrontement, recourent à leurs "colonisés" pour se combattre. Du coup, le rapprochement avec les troupes de l'empire français s'impose.

Au final, Burning Paradise est un roman à part. Il est mené à toute vitesse, sans relâchement et le mélange entre le "thriller", le "road-movie" et le "film d'action" se boit comme du petit lait. Cette tension permet de passer sur toutes les bizarreries dont certaines sont au choix ridicules ou par trop inspirées de chefs d’œuvres passés. Ainsi, les sims sont manifestement inspirés par L'invasion des profanateurs de sépultures ou encore Le père truqué (Dick) (Gilles Dumay évoque de son côté Le village des damnés). L'intérêt de l'ouvrage réside ailleurs,sur la problématique du pouvoir, sur celle du rapport entre colonisé et colonisateur. Les dernières pages ouvrent aussi le champ de l'incompréhension, entre les intelligences, entre les hommes. Et là, nous retrouvons Robert Charles Wilson dans un registre qu'il maitrise parfaitement et qu'on a plaisir à suivre.

Cordialement
Eléanore-clo.

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