Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria Russe

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Arnaldus
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Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria Russe

Message par Arnaldus » dim. sept. 23, 2007 7:09 pm

Je viens de terminer ce livre, dont les critiques sont quasi unanimement positives, sinon euphoriques, et pourtant, je suis assez mitigé.
L'écriture, et la richesse des personnages est certe remarquable, et dans la première partie, il n'y a vraiment que des louanges à dire.

Mais... (SPOLIERS)

Le fil de l'intrigue est double : au présent, la réception du prêtre Sandoz par les autorités Jesuites, au passé, un flash-back sur le prologue de l'histoire, puis sur la mission.vers la planète des ET nouvellement découverts.

Dans le premier fil, la tension est parfaitement construite, soutenue au maximum. Un véritable régal. Par contre dans le deuxième fil, après l'introduction détaillée des personnages (très bien) la préparation du voyage traîne en longueur avec une première invraisemblance qui serait éventuellement supportable si elle était évacuée rapidement (le premier contact E.T et on laisse une bande d'amateurs, dont un ingénieur à la retraite, y aller seuls avec une préparation qui m'a péniblement rappelé celui d'un certain lépidoptère stellaire).
La description de la planète et des E.T. est tout à fait acceptable, avec une excellente utilisation des principes de la linguistique pour introduire leur psychologie. Même si à mon avis l'auteur aurait gagné à éviter les passages narrés avec le PdV des E.T. (le style est trop similaire de celui d'un humain, avec l'impression qu'il s'agit de simples étrangers, et non pas d'une race complétement différente - mais c'est un détail).

Par contre, là où tout s'écroule (pour moi), c'est à la fin :
Une deuxième expédition est enfin envoyée sur la planète. Sandoz est retrouvé mutilé, enfermé dans un 'bordel' et visiblement totalement déséquilibré. Il tue un des E.T. (une enfant) et on le renvoie (seul) vers la Terre. Tout ce que les autorités trouvent comme attitude à avoir, c'est de le considérer comme un criminel et surtout un débauché (au VIIIme siècle, je peux comprendre, mais au XXIme !)
Finalement, on apprend qu'il a été vendu à ce bordel par un des E.T., et violé par eux et que c'est pour cela qu'il a perdu la foi.
560 pages de suspense pour en arriver là.
Ce sont ces mises en phase, ma petite Laureline, ça me ravage je t’assure … (Mézière - Christin)
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Mélanie
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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Mélanie » dim. sept. 23, 2007 8:47 pm

Arnaldus a écrit :560 pages de suspense pour en arriver là.
J'ai eu le ressenti inverse : le suspense est tellement fort tout au long du livre que je m'attendais à une grosse déception à la fin. C'est vrai que cette fin ne colle pas du tout à mes attentes... et quelque part, c'est ce que j'ai aimé. Je m'attendais à ce que les faits soient plus dramatiques, mais ce que je n'avais pas anticipé, c'est la façon dont Sandoz les a vécus. Il y a eu un moment, juste avant, où j'étais effectivement en train de me dire "tout ça pour ça"... et puis ce passage arrive et tous les éléments se mettent en place. J'ai trouvé cette scène très forte, moins pour ce qui s'y passe que pour la façon dont elle est racontée. Et par son impact sur le personnage de Sandoz, tel qu'on a appris à le connaître tout au long du livre.

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Arnaldus
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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Arnaldus » dim. sept. 23, 2007 9:22 pm

Mélanie a écrit : J'ai eu le ressenti inverse : le suspense est tellement fort tout au long du livre que je m'attendais à une grosse déception à la fin. C'est vrai que cette fin ne colle pas du tout à mes attentes... et quelque part, c'est ce que j'ai aimé.
C'est du vice :wink:
Je m'attendais à ce que les faits soient plus dramatiques, mais ce que je n'avais pas anticipé, c'est la façon dont Sandoz les a vécus. Il y a eu un moment, juste avant, où j'étais effectivement en train de me dire "tout ça pour ça"... et puis ce passage arrive et tous les éléments se mettent en place. J'ai trouvé cette scène très forte, moins pour ce qui s'y passe que pour la façon dont elle est racontée.
Je ne sais pas. Il y a plein de scènes fortes, surtout avant, et encore une fois, elles sont magnifiques, mais je ne suis pas d'accord pour dire que tous se met en place. Au contraire à la fin, on ne trouve pas ce qu'on cherchait depuis le début, la promesse d'une vérité ou d'un acte tragique, et il n'y a que la mort de la fillette qui explique quelque chose. En fait l'auteure aurait pu s'arrêter là.
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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Mélanie » dim. sept. 23, 2007 9:28 pm

Arnaldus a écrit :Au contraire à la fin, on ne trouve pas ce qu'on cherchait depuis le début, la promesse d'une vérité ou d'un acte tragique, et il n'y a que la mort de la fillette qui explique quelque chose.
C'est justement là que je ne suis pas d'accord :
Tout est dans la façon dont Sandoz vit cette épreuve. Tout son cheminement personnel, sa quête de Dieu, son impression d'avoir enfin trouvé son rôle et le but de sa vie lors du premier contact extraterrestre, les désillusions progressives, et la certitude à laquelle il se raccroche, vers la fin, d'avoir été mené là parce qu'il avait un destin à accomplir. Ce moment de révélation mystique qu'il a juste avant de subir ce viol. Sandoz est brisé parce qu'il a cru un instant avoir enfin trouvé Dieu, et c'est ça qui lui rend cette déchéance insupportable.
C'est en ça que je disais que la logique du roman est étroitement liée à la psychologie de Sandoz. Ça ne fonctionnerait pas avec un autre personnage.

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Message par Eons » lun. sept. 24, 2007 7:00 am

Moi, ce qui m'a bloqué avec ce livre, c'est que l'auteure se dit scientifique et qu'elle instaure une contraction temporelle de presque 40 (6 mois de vieillissement pour 19 années de voyage en temps réel) alors que la vitesse n'est même pas le quart de celle de la lumière (19 ans de voyage pour 4,3 AL)

Erreur fondamentale et inadmissible, qui fout tout par terre, car les durées écoulées sont partie prenante du scénario. :evil:

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Arnaldus
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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Arnaldus » lun. sept. 24, 2007 7:06 am

Mélanie a écrit :C'est en ça que je disais que la logique du roman est étroitement liée à la psychologie de Sandoz. Ça ne fonctionnerait pas avec un autre personnage.
Je me suis mal exprimé. La réaction de Sandoz est parfaitement cohérente, c'est celle des autorités qui ne l'est pas, et elle représente une partie importante du livre. C'est même le coeur du 'problème' au début, le point central de la tension dans le 1er fil narratif. Leur attitude (et donc l'auteure) gonfle l'attente en laissant entendre qu'il y a un mystère alors qu'en fait ils ont réagit d'une manière qui est, excuse moi, parfaitement idiote en laissant un simple malentendu dégénérer au dela du raisonnable. C'est ça qui m'a choqué en tant que lecteur (maintenant, c'était peut être le but de l'auteure de reproduire chez le lecteur, le même sentiment de réaliser que "the joke's on you" que décrit Sandoz :wink: )

Si tout était écrit du PdV de Sandoz, j'admettrais qu'il n'y ait effectivement 'que ça' (ce qui lui arrive est plus qu'assez pour un seul homme), mais le roman insiste beaucoup trop sur les autres personnages, y compris sur les E.T., et sur les interrogations des autorités, le scandale mondial... etc.

Bon, on ne va pas insister. Je voulais juste savoir si j'étais le seul à me poser des questions sur un livre qui, sans ce défaut, mériterait effectivement le qualificatif de 'sublime'

Et tout cas, merci de tes réponses.
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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Eons » lun. sept. 24, 2007 3:45 pm

Arnaldus a écrit :
Mélanie a écrit :Je voulais juste savoir si j'étais le seul à me poser des questions sur un livre qui, sans ce défaut, mériterait effectivement le qualificatif de 'sublime'
Sans CES défauts, peut-être. Mais au moins deux problèmes majeurs, ça fait beaucoup pour un seul livre...

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Re: Le moineau de Dieu ("The Sparrow" Mary Doria R

Message par Arnaldus » lun. sept. 24, 2007 4:24 pm

Eons a écrit :
Arnaldus a écrit :
Mélanie a écrit :Je voulais juste savoir si j'étais le seul à me poser des questions sur un livre qui, sans ce défaut, mériterait effectivement le qualificatif de 'sublime'
Sans CES défauts, peut-être. Mais au moins deux problèmes majeurs, ça fait beaucoup pour un seul livre...
Je serais plus tolérant sur celui du respect de la relativité. Ce n'est pas un roman de hard SF, et on peut toujours imaginer une variante technologique pour corriger le tir (hibernation par exemple).
Et puis si on regarde par là : que dire de la probablité d'avoir des opérations minières sur les astéroides proches dans le premier quart du XXIme siècle.
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Message par Eons » lun. sept. 24, 2007 6:40 pm

J'aurais été (un peu) plus tolérant si l'auteure ne se prétendait pas être une scientifique.

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Message par Arnaldus » lun. sept. 24, 2007 7:24 pm

Certes.
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Marie
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Message par Marie » mar. sept. 25, 2007 3:14 pm

Bonjour à tous.

En tout cas, la suite est consternante, non ? Sans entrer dans les détails violemment spoilant, rien ne tient debout, et toute l'histoire n'est que prétexte à une parabole douteuse. Enfin il me semble. J'aimerais assez que quelqu'un ne soit pas d'accord avec moi, et m'explique ; ça atténuerait peut-être ma déception.

Marie

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Message par Mélanie » mar. sept. 25, 2007 3:29 pm

Marie a écrit :J'aimerais assez que quelqu'un ne soit pas d'accord avec moi, et m'explique ; ça atténuerait peut-être ma déception.
Pas lu la suite (je n'ai lu Le Moineau de Dieu que tout récemment). En fait, je crois n'avoir jamais lu ni entendu le moindre avis sur cette suite.

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Message par Arnaldus » mar. sept. 25, 2007 3:57 pm

J'ai également lu des commentaires négatifs sur la suite : "Children of God"
en particulier ici (review en anglais) : http://www.steelypips.org/reviews/children.html
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Message par Marie » mar. sept. 25, 2007 4:00 pm

Peut-être est-ce effectivement mauvais, en fait.
Sauf que... Une suite nettement inférieure au premier volume ? Ce serait du jamais vu.
Argh.

CeN
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Message par CeN » jeu. oct. 25, 2007 10:14 am

J'avais beaucoup aimé ce livre qui m'avait été conseillé par une amie : mon commentaire à l'époque
Il sont 8 à être partis pour Rakhat, à la recherche des chanteurs, afin d’établir le premier contact entre la race humaine et une civilisation extra-terrestre. Un seul en est revenu vivant...
Dès le départ l’auteur ne nous laisse aucune illusion ça va mal finir.
Alors préparez vous au pire...
2069 Emilio Sandoz est remis, agonisant aux mains de ses frères jésuites. Physiquement et psychologiquement au bord de la mort, il est accusé de prostitution et du meurtre d’une enfant.
Quatre de ses frères vont faire tout leur possible pour le faire parler et comprendre ce qui s’est arrivé à la mission et aux 7 membres qui ne reviendront jamais.Dans ce livre. MD Russel alterne passé et présent.
Le passé, plein d’humour et de promesses raconte comment une succession de rencontres et de hasard, (ou de tortues sur des poteaux –dixit DW-) on permis cette mission. Comments les 8 personnes qui la composeront se sont connus et les liens qui les attachent les uns aux autres. Puis vient la mission,elle même avec ces merveilles et ces déceptions.
Le présent de mon point de vue sert surtout à nous rappeler que ça va mal finir, qu’il va se passer quelque chose d’affreux.
Grâce à ce stratagème MD. Russel maintient le lecteur en état de tension permanente. Si ls chapitres dans le passé sont plein d’humour et de tendresse, ceux se situent dans le présentne nous permettent pas d’oublier très longtemps que ca ne va pas durer.
Vu le suspens entretenu par l’auteur je craignais que la fin ne soit pas à la hauteur ou soit trop... mais non elle tombe bien et est juste ce qu’il faut...Le pire : certains passages horribles, notamment quand il est question des mains d’Emilio...
Le meilleur : Les relations entre les membres de la mission.
Mes personnages préférés dans le désordre : Askhama, Anne & George.
_________________
Presque trois ans plus tard ce qui me revient à l'esprit quand je pense à ce livre c'est la montée de l'angoisse vu qu'on sait que ça va mal finir et qu'on nous le rappelle constamment. et la scène des mains (yuk)

Par contre vu ce que vous en dites suis pas sûre d'avoir envie de lire la suite

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