Les 10 choses dont il faut se souvenir à propos des auteurs.

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bormandg
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Message par bormandg » ven. mars 06, 2009 10:40 am

Comment Roland peut-il écrire qu'un auteur n'a pas de devoirs et, dans la même phrase ou la suivante, dire qu'il doit respecter un engagement, ou ailleurs qu'il y en a qui prennent leurs lecteurs pour des bouses (et ceux-là ne devraient pas être sanctionnés?)?
Bref, il affirme préremptoirement l'absence de devoirs pour, ensuite, se contredire dans sa péroraison!
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Erion
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Message par Erion » ven. mars 06, 2009 10:50 am

bormandg a écrit :Comment Roland peut-il écrire qu'un auteur n'a pas de devoirs et, dans la même phrase ou la suivante, dire qu'il doit respecter un engagement, ou ailleurs qu'il y en a qui prennent leurs lecteurs pour des bouses (et ceux-là ne devraient pas être sanctionnés?)?
Bref, il affirme préremptoirement l'absence de devoirs pour, ensuite, se contredire dans sa péroraison!
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Non, Roland distingue le devoir envers les lecteurs et le devoir en tant qu'auteur en contrat avec un éditeur.
Dans ce dernier cas, comme dans toute relation commercial, le contrat lie les deux parties (avec droits et devoirs). D'où le respect des engagements.
Dans le premier cas, à partir du moment où aucun auteur ne met un pistolet sur la tempe de ses lecteurs pour qu'ils achètent le livre, il n'a aucun devoir envers eux.
Plus exactement, il n'a aucun devoir autre que ceux qu'il s'impose.

Si les lecteurs achètent des bouses, c'est leur droit, pourquoi en accuser les auteurs ? Au nom de quoi ? Au nom de l'élévation des esprits ? Dans ce cas, demandons au gouvernement d'imposer la lecture de la Route des Flandres. Le jour où il y aura des livres officiels dont la lecture sera obligatoire, alors les auteurs auront des devoirs envers les lecteurs.
Comme nous sommes dans un pays libre (quoi qu'on en dise), les auteurs font ce qu'ils veulent et l'assument. Et les lecteurs doivent les laisser tranquille et ne rien exiger d'eux plus que ce qu'ils peuvent donner.
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Bouse Bleuâtre

Message par Bouse Bleuâtre » ven. mars 06, 2009 11:13 am

Erion a écrit :
bormandg a écrit :Comment Roland peut-il écrire qu'un auteur n'a pas de devoirs et, dans la même phrase ou la suivante, dire qu'il doit respecter un engagement, ou ailleurs qu'il y en a qui prennent leurs lecteurs pour des bouses (et ceux-là ne devraient pas être sanctionnés?)?
Bref, il affirme préremptoirement l'absence de devoirs pour, ensuite, se contredire dans sa péroraison!
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Non, Roland distingue le devoir envers les lecteurs et le devoir en tant qu'auteur en contrat avec un éditeur.
Ouaip : un auteur (et plus généralement un artiste) n'a pas de devoir dans l'absolu, ou par définition.

Par contre, il peut avoir (et a souvent) des obligations liées à un/des engagement(s).

En signant le contrat pour l'uchronie algérienne, je me suis engagé vis-à-vis de mon éditeur.

En annonçant que j'allais écrire ce bouquin, je me suis engagé vis-à-vis de mes lecteurs.

Dans les deux cas, cela relève d'un choix de ma part de m'engager à le faire, non d'un quelconque "devoir" fumeux imposé de l'extérieur.

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bormandg
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Message par bormandg » ven. mars 06, 2009 12:58 pm

Bouse Bleuâtre a écrit : Ouaip : un auteur (et plus généralement un artiste) n'a pas de devoir dans l'absolu, ou par définition.
.
Les devoirs envers les lecteurs (leur fournir un texte lisible, pas trop injurieux, par exemple) ne sont pas des devoirs "dans l'absolu", mais des conséquences du choix fait quand on écrit et qu'on propose l'oeuvre aux lecteurs.
Ils ne découlent pas d'un prétendu "devoir fumeux imposzé de l'extérieur", mais bien du respect du aux autres individus avec lesquels on partage ce monde. :twisted:
Et prétendre que le lecteur n'est pas obligé d'acheter une bouse qu'on lui propose est quasiment équivalent à prétendre que celui qui se casse une jambe en tombant dans un piège n'avait qu'à passer ailleurs, que celui qui a creusé le piège n'y est pour rien.. :twisted:
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Bouse Bleuâtre

Message par Bouse Bleuâtre » ven. mars 06, 2009 1:09 pm

bormandg a écrit :
Bouse Bleuâtre a écrit : Ouaip : un auteur (et plus généralement un artiste) n'a pas de devoir dans l'absolu, ou par définition.
.
Les devoirs envers les lecteurs (leur fournir un texte lisible, pas trop injurieux, par exemple) ne sont pas des devoirs "dans l'absolu", mais des conséquences du choix fait quand on écrit et qu'on propose l'oeuvre aux lecteurs.
Donc, ce ne sont pas des devoirs mais les conséquences d'un choix.

Maintenant, je ne vois aucune raison pour laquelle on éviterait les textes illisibles (ta remarque est méchante pour Damasio, soit dit en passant) ou injurieux (Putain de bordel de merde).
bormandg a écrit :Ils ne découlent pas d'un prétendu "devoir fumeux imposzé de l'extérieur", mais bien du respect du aux autres individus avec lesquels on partage ce monde. :twisted:
Désolé, mais je ne vois pas le rappprt.
bormandg a écrit :Et prétendre que le lecteur n'est pas obligé d'acheter une bouse qu'on lui propose est quasiment équivalent à prétendre que celui qui se casse une jambe en tombant dans un piège n'avait qu'à passer ailleurs, que celui qui a creusé le piège n'y est pour rien.. :twisted:
Sauf que le livre, on le voit avant. Le piège, pas forcément.

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bormandg
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Message par bormandg » ven. mars 06, 2009 1:14 pm

Bouse Bleuâtre a écrit :
bormandg a écrit :
Bouse Bleuâtre a écrit : Ouaip : un auteur (et plus généralement un artiste) n'a pas de devoir dans l'absolu, ou par définition.
.
Les devoirs envers les lecteurs (leur fournir un texte lisible, pas trop injurieux, par exemple) ne sont pas des devoirs "dans l'absolu", mais des conséquences du choix fait quand on écrit et qu'on propose l'oeuvre aux lecteurs.
Donc, ce ne sont pas des devoirs mais les conséquences d'un choix.
Il n'y a pas de contradiction, les deux se conjuguent. Comme dans le cas des engagements envers l'éditeur.
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Erion
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Message par Erion » ven. mars 06, 2009 1:19 pm

bormandg a écrit :
Bouse Bleuâtre a écrit : Ouaip : un auteur (et plus généralement un artiste) n'a pas de devoir dans l'absolu, ou par définition.
.
Les devoirs envers les lecteurs (leur fournir un texte lisible, pas trop injurieux, par exemple) ne sont pas des devoirs "dans l'absolu", mais des conséquences du choix fait quand on écrit et qu'on propose l'oeuvre aux lecteurs.
Non, les auteurs n'ont pas le devoir de fournir un texte lisible, pas trop injurieux, etc. Sinon, il n'y aurait pas de littérature possible. On écrit pas pour un lecteur CONCRET, mais pour un lecteur imaginaire. Les auteurs de "bouses littéraires" savent parfaitement écrire pour un public précis, ils le connaissent parfaitement. Ce sont sans doute eux qui ont la plus grande conscience de ce qu'est un lecteur et ce qu'il attend d'un livre.
La collection Harlequin en est l'exemple le plus frappant. Ce sont des livres très techniques, parfaitement adaptés à un public.
Alors désolé, mais tous les auteurs n'ont pas comme ambition d'écrire des romans Harlequin.
Ils ne découlent pas d'un prétendu "devoir fumeux imposzé de l'extérieur", mais bien du respect du aux autres individus avec lesquels on partage ce monde. :twisted:
Non. On peut écrire sans respecter les autres individus. Céline écrivait, non ? Y'a des tas de raisons pour lesquelles on écrit, mais le "respect" entre rarement en ligne de compte. En tout cas, il n'a aucune valeur d'absolu. Je connais des tas d'auteurs de SF français qui, je l'estime, ne me respectent pas en tant que lecteur (dans le sens que je trouve ça chiant, que je m'ennuie, que je ne m'intéresse pas aux personnages, à l'histoire), mais c'est mon avis perso de lecteur. Je vais pas demander des comptes à l'auteur et me plaindre. Je pouvais lire autre chose (en vérité, j'ai lu autre chose). Je ne me suis pas senti insulté pour autant.
Et prétendre que le lecteur n'est pas obligé d'acheter une bouse qu'on lui propose est quasiment équivalent à prétendre que celui qui se casse une jambe en tombant dans un piège n'avait qu'à passer ailleurs, que celui qui a creusé le piège n'y est pour rien.. :twisted:
Aucun livre ne tue, ni n'ampute un bras ou une jambe. Aucun livre ne provoque de suicide non plus. Bon sang, heureusement que les auteurs ne sont investis d'aucune responsabilité. Ta conception de l'art est purement et totalement culpabilisante. Donc, l'auteur serait coupable. Coupable d'imaginer, coupable de désir, coupable d'en faire selon son bon vouloir.
La responsabilité, elle incombe à l'éditeur, mais pas à l'auteur. C'est à l'éditeur de décider si ce qui est écrit mérite d'être publié, distribué, etc. Mais qu'on arrête de culpabiliser les auteurs en leur foutant des devoirs, comme si c'était déjà pas assez compliqué comme ça. Un auteur est pas un élève qu'on note, pas un élève qu'on sanctionne ou qu'on engueule, pas besoin qu'un prof lui tape sur les doigts et le mette au coin si jamais il est sorti des clous.
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Bouse Bleuâtre

Message par Bouse Bleuâtre » ven. mars 06, 2009 1:26 pm

Erion a écrit :Aucun livre ne provoque de suicide non plus.
Il faudrait vérifier si le lecteur qui avait déclaré à Brussolo sur un ton extatique "quand je lis vos bouquins ça me donne envie de me tuer" est toujours en vie.

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Lensman
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Message par Lensman » ven. mars 06, 2009 1:27 pm

Bouse Bleuâtre a écrit :
Erion a écrit :Aucun livre ne provoque de suicide non plus.
Il faudrait vérifier si le lecteur qui avait déclaré à Brussolo sur un ton extatique "quand je lis vos bouquins ça me donne envie de me tuer" est toujours en vie.
"Extatique"? tu es sûr que ce n'était pas plutôt sur un ton dépressif?
Oncle Joe

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Message par Bouse Bleuâtre » ven. mars 06, 2009 2:58 pm

Chacun trouve son extase où il peut.

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