ReS Futurae - n°3 "La Science-fiction française depuis

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silramil
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ReS Futurae - n°3 "La Science-fiction française depuis

Message par silramil » lun. déc. 23, 2013 8:19 am

Bonjour,

Le n°3 de ReS Futurae est sorti.
Son dossier porte sur la (littérature de) science-fiction depuis 1970. Je rappelle que les dossiers sont un cadre général pour des articles précis, et non un programme systématique d'une rédaction.
N'hésitez pas à commencer par l'éditorial !
Au programme :
- Michel Jeury, (Natacha Vas-Deyres), Maurice Dantec (Isabelle Périer), Ugo Bellagamba (Marc Atallah)
- Une lecture politique des années 80 (Jean-Guillaume Lanuque), le space opera français des années 90 (Simon Bréan).
+ Deux articles traduits de Science Fiction Studies : un point très complet sur la question de la définition de la science-fiction (John Rieder) et une réflexion sur la mondialisation de la science-fiction (Istvan Csicsery-Ronay Jr.)
+ Comptes rendus : le "Frankenstein français" (Jean-Louis Trudel), et la mode du zombie (Amy Ransom et Jean-Louis Trudel).

Au plaisir de lire vos commentaires, ici ou sur le carnet de ReS Futurae.
Modifié en dernier par silramil le lun. déc. 23, 2013 5:06 pm, modifié 1 fois.
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Soleil vert
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Message par Soleil vert » lun. déc. 23, 2013 4:23 pm

A propos de l'article de Simon
Si on reformulait la question ainsi : le développement de la littérature de fantasy et la regression (tout au moins en terme de ventes) de la littérature de science-fiction peuvent-ils être interprétés selon les thèses de Francis Fukuyama ?

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silramil
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Message par silramil » lun. déc. 23, 2013 4:37 pm

Houlà, ça a l'air amusant comme idée, mais pourrais-tu développer ce que tu entends par "selon les thèses de Fukuyama" ? Pour ma part, j'ai surtout utilisé les thèses en question comme documents d'époque - pour essayer de pointer un état d'esprit important alors, l'impression d'une fin de règne - mais pas en les prenant tout à fait au premier degré.
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Soleil vert
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Message par Soleil vert » lun. déc. 23, 2013 10:19 pm

Le fait de renoncer à imaginer une Histoire du futur (le projet d'Heinlein) au profit de mondes sans Histoire (mais pas sans histoires).

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bormandg
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Message par bormandg » lun. déc. 23, 2013 10:26 pm

Bon, moi de mon côté j'ai commencé à lire l'article sur la SF internationale, qui visiblement approfondit beaucoup les connaissances que j'ai. Mais la discussion que je vois va me faire lire, aussi, celui de Simon...
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silramil
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Message par silramil » mar. déc. 24, 2013 10:49 am

bormandg : n'hésite pas, lis tout !

soleil vert : je serais assez prudent, mais l'idée de départ est séduisante.
Pour : on peut être tenté de lire la fantasy comme une forme d'évasion, de porte de sortie vers un monde moins inquiétant (sur le modèle du monde de Narnia, en somme). Il y a quelque chose de ludique et de libérateur dans une certaine heroic fantasy, qui n'est plus soumise aux aléas du monde historique réel, mais à des mécanismes lointains, avec magie et dieux ; il y a quelque chose d'un refus de l'histoire dans une certaine fantasy urbaine (je pense à Wonderful, par exemple).
Le corollaire est que dans la SF des années 2000, il y a aussi eu cette tentation d'un repli hors de l'histoire du futur (steampunk, uchronie...)

Contre : la fantasy n'est pas strictement coupée de l'histoire, même s'il s'agit pour beaucoup de la rejouer. J'interprèterais volontiers le succès du trône de fer comme résultant justement d'une forme de conscience historique, pas si loin des séductions d'une entreprise uchronique. Plus généralement, c'est souvent dans le cadre d'une grande Histoire (épique) que s'inscrit le récit de l'heroic fantasy).

Ce n'est donc pas un monde sans Histoire que livre forcément la fantasy, c'est la nature de cette Histoire qui change. C'est une Histoire "à l'ancienne", dépendant surtout de grandes figures, héros, rois et autres ; alors que l'Histoire du Futur met en avant des progrès techniques, des changements dans les mentalités... donc une histoire plutôt technique et culturelle, qu'on retrouve en fait dans beaucoup d'uchronies.
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Message par bormandg » mar. déc. 24, 2013 11:55 am

Tant que je n'ai pas lu l'article de Simon, je ne peux citer que mes impressions a priori, bien sûr. Mais, même s'il serait aberrant de prétendre transformer cette impression statistique en règle générale, et s'il y a certainement un nombre non négligeable de "contre-exemples" tant en science-fiction qu'en fantasy, l'évolution du public me semble à moi aussi correspondre à une idée de "fin de l'histoire", finalement assez différente de l'hypothèse somme toute optimiste de Fukuyama (nous aurions atteint un état final où il n'y aurait plus besoin de chercher plus loin); dans la vision du public, plutôt "no future", il n'y a plus rien à espérer de l'avenir, les lendemains qui chantent appartiennent aux uchronies, finalement c'était mieux avant...
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Message par silramil » mar. déc. 24, 2013 1:24 pm

Même si nous parlons là d'impressions générales, mon sentiment est assez différent : "l'optimisme" de Fukuyama est susceptible d'être interprété comme un pessimisme, dans la mesure où ce qui s'achève selon lui est la lutte pour la reconnaissance des droits civiques (au sens où on dispose de modèles achevés, qu'il s'agit de protéger et non de surpasser) ; dans les Etats "post-historiques" de ce point de vue, l'ambition des citoyens doit trouver à s'employer à autre chose qu'à faire valoir leur liberté politique... ce qui s'accorde tout à fait avec une position réactionnaire du "c'était mieux avant", au temps où l'héroïsme existait encore...
Pour autant, je suis loin de soutenir l'hypothèse de Fukuyama (aussi subtile et argumentée que j'ai pu la découvrir), et donc ce n'est pas pour "l'appliquer" que je l'ai rapprochée des histoires du futur, mais pour en tirer des éléments susceptibles de mettre en valeur des dynamiques narratives dans certains récits des années 90.
Il faut se rappeler que les théories de Fukuyama sont des théories de philosophie politique, qui n'ont pas vocation à décrire le monde tel qu'il est/sera, mais à donner une idée de ce que signifient les aspirations politiques des individus et ce qu'impliquent les modèles politiques testés dans la réalité.
Il s'agit, de plus, d'une démarche plus vulgarisatrice (avec tous les raccourcis idéologiques et intellectuels que cela implique) que véritablement conceptuelle. Difficile de le suivre jusqu'au bout...
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Message par bormandg » mar. déc. 24, 2013 6:29 pm

Absolument d'accord avec toi sur Fukuyama; il est tout à fait rétrograde et passéiste et rejoint, sur ce point, l'ambiance rejet du futur qui apparait dans certaines évolutions de la SF et de la fantasy; et à laquelle s'oppose, totalement, la vision du space opera que tu étudies (et, aussi, d'autres oeuvres non space opera des mêmes auteurs comme F.A.U.S.T., L'Odyssée de l'espèce ou Parleur)...
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