iPad m'a tuer

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Erion
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Message par Erion » lun. août 20, 2012 4:41 pm

thomasday a écrit :
Erion a écrit :Ce qui est bizarre, c'est que les éditions Voy'el, qui communiquent régulièrement leurs relevés numériques via Immateriel, ont des chiffres de vente 10 à 20 fois supérieurs, à tel point que ce sont les ventes numériques qui financent les déficits de l'édition papier.
Je vois rien de bizarre...
Tout Lunes d'encre c'est 60 ventes peut-être en numérique.
(Je vous laisse remplir les blancs.)

TD
Sauf que tu dis que "les éditeurs ne vendent rien en numérique" (DRM ou pas), mais si les chiffres de Voy'el sont exacts (et il n'y a pas lieu d'en douter vu que ce sont ceux d'Immatériel), à environ 200 ou 300 ventes numériques par mois, le revenu dégagé est suffisant pour faire vivre un micro-éditeur, bien plus que l'édition papier.
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Sybille
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Message par Sybille » lun. août 20, 2012 5:04 pm

thomasday a écrit :Je vois rien de bizarre...
Tout Lunes d'encre c'est 60 ventes peut-être en numérique.
(Je vous laisse remplir les blancs.)
*se prête à l'exercice*
Lunes d'Encre a une très mauvaise approche du numérique alors qu'un (simple) petit éditeur a compris son fonctionnement.

Herbefol
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Message par Herbefol » lun. août 20, 2012 6:41 pm

Effectivement, comparer les tarifs du papier avec le numérique peut éclairer la situation. Dans le cas de "la voie du sabre", le numérique et légèrement plus cher que la version papier. Ça ne doit pas l'aider à décoller.
Et il y a le problème des drms.
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Sybille
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Message par Sybille » lun. août 20, 2012 8:13 pm

Herbefol a écrit :Effectivement, comparer les tarifs du papier avec le numérique peut éclairer la situation. Dans le cas de "la voie du sabre", le numérique et légèrement plus cher que la version papier. Ça ne doit pas l'aider à décoller.
Je dirai même que, hormis le lecteur qui a vraiment besoin d'une version numérique (?), les 34 centimes plus chers de la version numérique sur la version poche expliquent COMPLÈTEMENT l'absence de ventes.

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thomasday
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Message par thomasday » lun. août 20, 2012 8:50 pm

Complètement ?
Non...
La Voie du sabre a été en promo un certain temps (plus d'un mois, je crois) à un prix moindre, avec un effort marketing particulier (de la pub, une opé commerciale...)
Mais en fait, peu importe.
Mon intervention, c'était plutôt pour montrer du doigt le problème de la rémunération des auteurs, quand un fichier est vendu 300 fois moins qu'il est partagé (ce qui est courant en numérique ; j'ai d'autres exemples) considère-t-on ou non qu'il y a un problème de rémunération des auteurs ?

Personnellement je considère que oui, et je ne pense pas à mon cas particulier puisque pour le moment j'ai un job qui me fait vivre (pourvu que ça dure), l'écriture ça paye les vacances.

TD

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Sand
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Message par Sand » lun. août 20, 2012 9:02 pm

heu, le SERF puis le SELF gueule assez depuis assez longtemps à propos de la rémunération des auteurs en numérique ! (et réclame 50%, ce qui n'est pas toujours possible avec certaines plateformes, mais au moins 30%, voire 40, c'est tout à fait possible)



Forcément, si tu as un contrat avec 12,5%, comme l'offre "généreusement" Pocket Jeunesse dans le réglement de son concours "Social Bug"... (le reste des conditions est un peu systématiquement dans la tranche basse à mon avis, mais rien d'abominablement indécent)

Le modèle "papier" n'est pas transposable directement au numérique, y compris au niveau de la rémunération, c'est répété depuis des années.

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Sybille
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Message par Sybille » lun. août 20, 2012 9:27 pm

thomasday a écrit :Mon intervention, c'était plutôt pour montrer du doigt le problème de la rémunération des auteurs, quand un fichier est vendu 300 fois moins qu'il est partagé (ce qui est courant en numérique ; j'ai d'autres exemples) considère-t-on ou non qu'il y a un problème de rémunération des auteurs ?
En pratiquant de mauvaises politiques autour du numérique, les éditeurs incitent au piratage. Car, quand le livre est vendu un prix honnête (ouais, je sais, j'aime employer des mots indéfinissables), le lecteur moyen a toutes les raisons du monde de ne pas pirater l'oeuvre pour l'acheter.
Sauf s'il n'en a pas les moyens (de l'acheter) et, dans ce cas, pas de vente perdue, pas de rémunération possible pour l'auteur.

Ce qui m'ennuie, c'est qu'il y a effectivement un problème dans les droits alloués aux auteurs par certains gros éditeurs, mais que ce que tu pointes est complètement à côté de la plaque.
Les éditeurs doivent payer plus les auteurs car, sur le numérique, ils ont des frais en moins. Ca n'a aucun rapport avec le piratage qui, lui, ne peut être évité (pour sa partie évitable) que si les éditeurs se mettent sérieusement au numérique, comme le fait Bragelonne par exemple.

Mais il n'y a pas de lecteurs en plus, surtout dans un milieu de niche comme le nôtre : être téléchargé 1.000 fois par des robots russes, ça n'a pas de corrélation avec des ventes possibles.
Modifié en dernier par Sybille le lun. août 20, 2012 9:28 pm, modifié 2 fois.

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Erion
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Message par Erion » lun. août 20, 2012 9:27 pm

thomasday a écrit : Mon intervention, c'était plutôt pour montrer du doigt le problème de la rémunération des auteurs, quand un fichier est vendu 300 fois moins qu'il est partagé (ce qui est courant en numérique ; j'ai d'autres exemples) considère-t-on ou non qu'il y a un problème de rémunération des auteurs ?
Et tu évalues à combien la perte de revenu liés aux exemplaires papiers qui sont prêtés, revendus, etc ? Histoire de pouvoir comparer.
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Herbefol
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Message par Herbefol » mar. août 21, 2012 5:59 am

thomasday a écrit :Mon intervention, c'était plutôt pour montrer du doigt le problème de la rémunération des auteurs, quand un fichier est vendu 300 fois moins qu'il est partagé (ce qui est courant en numérique ; j'ai d'autres exemples) considère-t-on ou non qu'il y a un problème de rémunération des auteurs ?
Tu as des exemples avec ce facteur 300 sur des livres qui ne sont pas sous drm et où la différence de prix avec le papier est sensible ?
Soit dit en passant, tu remarquais toi-même un peu plus haut que la grande majorité des exemplaires téléchargés ne seront jamais ouverts, ce qui laisse fortement supposé qu'en l'absence de possibilité de téléchargement gratuit ils n'auraient jamais été téléchargés et donc jamais payés.
Enfin, il y a effectivement encore des progrès à faire dans la part des revenus du numérique qui revient aux auteurs.
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Message par thomasday » mar. août 21, 2012 6:04 am

@ Erion

A zéro (ça c'est mon avis d'auteur).

Pour ce que j'ai pu vérifier il se vend davantage d'occasions que de neuf sur un titre si 1/ celui-ci ne marche pas en librairie et 2/ s'il a bénéficié d'un gros service de presse.
Sur un titre qui marche correctement, les ventes d'occasion deviennent vite faibles (en volume). (Ca c'est mon avis / observation d'éditeur).

En fait je reformule : si on a des taux de partage de 100 fichiers pour 1 vente (voire plus) et que ce taux se perpétue (sincèrement, je ne l'espère pas), n'est-il pas légitime qu'une partie des abonnements box & co soit reversée aux auteurs / à la création littéraire ?

TD

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Message par thomasday » mar. août 21, 2012 6:18 am

Herbefol a écrit :Tu as des exemples avec ce facteur 300 sur des livres qui ne sont pas sous drm et où la différence de prix avec le papier est sensible ?
J'ai regardé un peu les titres du Bélial' ; en me basant sur 150 ventes numériques (Olivier m'a dit que c'était à peu près ça pour sa meilleure vente) on arrive à X80 ou X100 sur les rares titres qu'on trouve (Olivier a demandé que ses titres soient enlevé et certains sites de partage les ont en effet enlevés ; en tout cas le plus gros - après pour ce que j'ai pu voir, ils n'enlèvent pas ce qui n'existe pas en numérique).
Je suis pas allé au-delà dans mes recherches (pour accéder aux compteurs, il faut s'inscrire la plupart du temps), ça prend un temps de dingue et j'ai une trilogie divine sur le feu.

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Herbefol
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Message par Herbefol » mar. août 21, 2012 6:21 am

thomasday a écrit :En fait je reformule : si on a des taux de partage de 100 fichiers pour 1 vente (voire plus) et que ce taux se perpétue (sincèrement, je ne l'espère pas), n'est-il pas légitime qu'une partie des abonnements box & co soit reversée aux auteurs / à la création littéraire ?
Sérieux, on ne va pas ressortir cette idée à la con ?
On croirait relire tout ce que a musique a pu nous sortir pendant des années.
Les revenus baissent et au lieu de se remettre vraiment en cause sur son fonctionnement, le secteur de la musique a réclamé des taxes sur tout et n'importe quoi pour compenser les pertes de revenus. Pourquoi se fatiguer à évoluer quand on peut se contenter de demander aux pouvoirs publics de fournir, par des taxes, des mannes qui ne demandent pas le moindre effort ?
Sans parler des effets pernicieux de ce genre de système. Si demain je me retrouve avec un abonnement internet en hausse (parce que la taxe serait forcément répercutée sur les particuliers) pourquoi est-ce que je continuerai à acheter des livres ? Après tout, dans mon esprit, je paie une taxe pour financer les auteurs alors je peux bien tout lire gratuitement.
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Lensman
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Message par Lensman » mar. août 21, 2012 7:00 am

Herbefol a écrit : Si demain je me retrouve avec un abonnement internet en hausse (parce que la taxe serait forcément répercutée sur les particuliers) pourquoi est-ce que je continuerai à acheter des livres ? Après tout, dans mon esprit, je paie une taxe pour financer les auteurs alors je peux bien tout lire gratuitement.
En revanche, on pourrait s'abonner à un éditeur comme on s'abonne à une chaine télé (je ne plaisante pas). On aurait la possibilité de lire en ligne tout (ou partie, selon le degré d'abonnement) ce que propose l'éditeur. On laisserait tomber ces histoires de "fichier" , on accèderait à tout moment, comme on veut, à la base de donnée proposée en fonction de l'abonnement.
La manière dont les auteurs seraient rémunérés serait à négocier autrement qu'en comptant des ventes de fichiers, ce qui est de toute évidence absurde (puisqu'on copie les fichiers à volonté). L'éditeur s'attacherait des auteurs comme il prend des employés, ce qui n'empêcherait pas l'existence de "free lance" passant d'un éditeur à l'autre selon les offres... s'il a beaucoup d'abonnés, l'éditeur pourra faire des offres intéressantes aux auteurs, s'il en a moins, ce seront des offres moins intéressantes...
J'ai tout de même l'impression que dans peu de temps, sauf fin du monde, toutes les tablettes et ebooks et compagnie seront de toute façon des trucs en permanence branchés à un réseau mondial, donnant accès à tout ce que l'on veut. Se casser les pieds à essayer gérer des fichiers un par un comme si c'était des vieux livres papiers "physiques", j'ai l'impression que ça n'aura plus beaucoup de sens. C'est l'accès à une "chaine" éditoriale qu'il faut vendre, pas essayer de vendre des fichiers (ça ne vaut rien, un fichier...).
On me dira que c'est un autre métier que celui de l'édition actuel, et ma réponse sera: oui, en effet, c'est un autre métier. Il serait d'ailleurs temps de commence à l'apprendre, en douceur...

Oncle Joe

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Message par Erion » mar. août 21, 2012 7:17 am

thomasday a écrit :@ Erion

A zéro (ça c'est mon avis d'auteur).

Pour ce que j'ai pu vérifier il se vend davantage d'occasions que de neuf sur un titre si 1/ celui-ci ne marche pas en librairie et 2/ s'il a bénéficié d'un gros service de presse.
Sur un titre qui marche correctement, les ventes d'occasion deviennent vite faibles (en volume). (Ca c'est mon avis / observation d'éditeur).
Et la possibilité que les gens se prêtent les livres entre eux ? non ?

Comparer un piratage hypothétique à un partage hypothétique, c'est un beau sport, cela dit. Mais cela ne fait que dévier la chose : pourquoi les gens préfèrent ACHETER des livres numériques chez Voy'El plutôt que chez Denoël ? Je ne pense pas que le piratage des ouvrages chez Voy'El soit dans des proportions plus grandes que chez Denoël ou Folio. D'après les chiffres de cet éditeur, le numérique dégage des revenus suffisants pour que la publication papier soit remise en cause (parce qu'elle rapporte peu).

En d'autres termes, pour certains éditeurs, contrairement à ce que tu dis, le numérique ça vend, et ça vend pas mal.
Et, concernant le piratage, l'étude Motif, permettait à Bragelonne d'affirmer que les titres les plus piratés de son catalogue étaient ceux dont il ne possédait pas les droits numériques.
A mon avis, y'a un sens à tout ça.
Modifié en dernier par Erion le mar. août 21, 2012 7:32 am, modifié 1 fois.
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Message par Lensman » mar. août 21, 2012 7:28 am

Erion a écrit :
thomasday a écrit :@ Erion

A zéro (ça c'est mon avis d'auteur).

Pour ce que j'ai pu vérifier il se vend davantage d'occasions que de neuf sur un titre si 1/ celui-ci ne marche pas en librairie et 2/ s'il a bénéficié d'un gros service de presse.
Sur un titre qui marche correctement, les ventes d'occasion deviennent vite faibles (en volume). (Ca c'est mon avis / observation d'éditeur).
Et la possibilité que les gens se prêtent les livres entre eux ? non ?
Il faut cependant admettre qu'échanger des fichiers, ça va un rien plus vite et c'est autrement plus "massif" que de se prêter des livres "papier"... ce n'est même pas "se prêter" des objets, c'est "copier", indéfiniment si on veut, un fichier. Cela n'a pas grand chose à voir, si on y réfléchit bien... C'est pour cela que je pense qu'il faut cesser de penser à un "fichier" comme on pense à un "livre papier", cela n'a rien à voir, au niveau de l'économie pratique..
L'idée de vouloir vendre des "fichiers" comme on vent des objets matériels me semble une erreur à la base, en tout cas aujourd'hui, du fait de la facilité pour les copier et les faire circuler.

Oncle Joe

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