Filière littéraire, Chronique d'une mort annoncée ?

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Patrice
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Message par Patrice » lun. janv. 22, 2007 4:59 pm

Salut,
Tu ne sais peut être pas que 95% de ceux qui passent par une prépa ont leur CAPES, ce qui est loin de la moyenne nationale. Et la plupart des anciens de prépa qui s'ennuyent, c'est souvent à cause du niveau moyen de la fac.
Je n'ai pas dit qu'ils s'ennuyaient, j'ai dit qu'ils déprimaient. Ils sont simplement incapables de s'adapter à la liberté qu'on leur donne. Et si la fac est si mauvaise que ça, qu'attendent donc ces lumières pour l'éclairer??? Après tout, à la fac, on a le droit de prendre la parole en cours.

Quand au premier argument, ça n'en est pas un, car on demande à aux candidats au CAPES la seule chose que les prépas savent enseigner: potasser.
On connait le résultat: des jeunes profs lachés dans la nature avec sans doute le cerveau bien plein, mais à peine quelques notions de pédagogie. Là encore, bonjour la déprime les premières années.
Mais le jour où les stages préparatoires et la pédagogie auront plus de poids dans l'obtension du CAPES, m'est avis que cette statistique (95%) risque de changer.

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Patrice

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Eric
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Message par Eric » lun. janv. 22, 2007 5:37 pm

Oui, enfin vu le contenu des cours de pédago au CAPES, je peux te certifier que ce n'est pas avec ça que les jeunes profs vont survivre en zone sensible.
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.

virginie barsagol
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Message par virginie barsagol » lun. janv. 22, 2007 5:56 pm

Eric a écrit :Oui, enfin vu le contenu des cours de pédago au CAPES, je peux te certifier que ce n'est pas avec ça que les jeunes profs vont survivre en zone sensible.
ça tu l'as dit!! :D
et puis il faudrait rajouter un peu de psycho, des tests de survie dans les couloirs, de ta capacité à te jetter dans une bagarre :D

virginie barsagol
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Message par virginie barsagol » lun. janv. 22, 2007 6:02 pm

Patrice a écrit :

On connait le résultat: des jeunes profs lachés dans la nature avec sans doute le cerveau bien plein, mais à peine quelques notions de pédagogie. Là encore, bonjour la déprime les premières années.



Patrice
les étudiants de lettres modernes ou autre (histoire, philo, bref, tout ce qui est susceptible d'amener à un capes ou une agreg) n'ont pas non plus de cours de pédagogie à la fac qui pourrait les aider par la suite sur le terrain

virginie barsagol
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Message par virginie barsagol » lun. janv. 22, 2007 6:07 pm

les seuls cours de pédagogie cessés préparer les ouailles sont donnés à l'iufm et là laisse moi rire...

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Charlotte
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Message par Charlotte » lun. janv. 22, 2007 6:18 pm

Patrice a écrit :
Je n'ai pas dit qu'ils s'ennuyaient, j'ai dit qu'ils déprimaient. Ils sont simplement incapables de s'adapter à la liberté qu'on leur donne.
C'est avec ce genre d'arguments que tu fais avancer le débat que tu mènes d''ailleurs tout seul. çà finit par me gaver les mecs comme toi qui assassine gratuitement les prépas sans jamais y avoir foutu les pieds, qui parle d'élitisme toujours dans le mauvais sens sans voir l'apport perso et l'émulation qui en ressortent. Qui s'amusent à comparer de manière systématique Fac et prépa qui sont jusqu'à preuve du contraire des formations différentes.

Maintenant, concrètement, si il y a beaucoup d'anciens de Prépa qui ont le CAPES et leurs Masters, c'est parce qu'on leur a appris à bosser beaucoup en peu de temps, à faire des plans corrects, à élargir leur horizon (de fait en prépa littéraire tu a une option dominante mais tu gardes toutes les autres matières de sciences humaines).

C'est une chance d'avoir été admis en Prépa et c'est une chance que l'on te reprenne chaque année (perso j'ai fait trois ans). Tes profs te connaissent et tes copies sont plus rouges que bleues mais en attendant tu progresses à fond. Encore un truc, à raison d'un ou deux commentaires de texte par semaine et rien que dans une matière, c'est un peu normal que tu deviennes assez bon dans l'exercice.

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Patrice
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Message par Patrice » lun. janv. 22, 2007 6:57 pm

Salut,
Oui, enfin vu le contenu des cours de pédago au CAPES, je peux te certifier que ce n'est pas avec ça que les jeunes profs vont survivre en zone sensible.
Ca, je n'ai pas dit le contraire... ;-) De fait en France, personne n'est réellement formé correctement pour être prof. On a des jeunes profs bien courageux avec beaucoup de connaissances, mais qui doivent s'armer eux-mêmes face à une classe.
C'est avec ce genre d'arguments que tu fais avancer le débat que tu mènes d''ailleurs tout seul. çà finit par me gaver les mecs comme toi qui assassine gratuitement les prépas sans jamais y avoir foutu les pieds, qui parle d'élitisme toujours dans le mauvais sens sans voir l'apport perso et l'émulation qui en ressortent.
Effectivement, je n'y ai pas mis les pieds, mais j'en vois les suites, quotidiennement ou presque, à la fac. Quand à ce qu'on m'a rapporté des discours des profs, je suis désolé, mais ça me vient d'anciens de prépa. Je les imaginent mal raconter des bobards à ce sujet, et par conséquent quand ils me disent que les profs leur ont bassiné sans arrêt que la fac c'est nul et qu'ils sont l'élite, ce n'est pas moi qui l'ait inventé. Maintenant à la fac on se garde bien de ce genre de comparaison: on s'en fout des prépas.

C'est avec ce genre d'arguments que tu fais avancer le débat
Quand à cette phrase, ben, je suis désolé, mais j'en vois tout les jours des anciens de prépa, à la fac. Et ils en bavent! Et ça ne me fait pas rire du tout. Habitués qu'ils sont au travail encadré, ils leur faut un bon semestre, voir une année entière pour changer de méthode. Sans compter qu'on leur demande souvent des modules de rattrapage à leur arriver pour avoir l'équivalent du DEUG. Je dis ce que je vois, c'est tout.
Mais je vois peut-être de travers, depuis que je travaille dans une fac. Déformation professionnelle?

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Patrice

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Jean
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Message par Jean » lun. janv. 22, 2007 8:24 pm

D'abord, quelques remarques :
1- Je prends le débat en route, donc excusez-moi si je fais quelques redites.
2- Mon expérience de prépa datant de 1980, ça a peut-être évolué depuis.

Je trouve que c'est un peu fort de café de dénigrer les prépas, et en particulier de les comparer à la fac. Il y a autant de points communs entre les deux filières qu'entre un bateau et un autbus : tous les deux te mènent à bon port, mais pas par les mêmes moyens. Ils sont donc respectables et utiles à leur manière !

J'ai fait prépa. Heureusement, car j'avais besoin d'être encadré... Ma femme a essayé une prépa aussi, avant de préférer la fac qui lui laissait plus de liberté. C'était mieux pour elle. Aujourd'hui, elle gagne autant que moi et son travail est aussi passionnant - elle travaille au même endroit que moi pour ceux qui savent.

Et dans votre discussion, vous oubliez de parler de l'apprentissage...
Pour les filières littéraires je ne sais pas, mais je forme actuellement un apprenti (3ème année d'ingénieur) et c'est une autre forme - du troisième type - d'approche de l'apprentissage. C'est un outil formidable qui, appliqué correctement aux bonnes personnes, donne des résultats impressionnants (c'est mon second apprenti).

Donc ne laissez pas les stéréotypes vous brouiller la vue. La formation en France pourrait être améliorée certes, mais doit préserver la diversité et la qualité qu'elle posséde déjà.
C'est moins grave que si c'était pire ! (S.A.)

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Davidian
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Message par Davidian » lun. janv. 22, 2007 10:03 pm

Patrice a écrit :D'une manière générale, c'est toutes les prépas qu'il faudrait faire sauter. C'est un système élitiste débile, qui n'a pas grande valeur. Ca sert juste à apprendre à ceux qui y passent qu'ils sont meilleurs que ce de la fac, sans preuves.
Ce genre de commentaires me surprend...

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Message par Davidian » lun. janv. 22, 2007 10:07 pm

Eric a écrit :Mais c'est l'idée même de 80% d'une classe d'âge titulaire du bac qui est du nivellement par le bas. Car si les filières littéraires ont été discréditées, qu'en est-il des filières professionnelles ?

Et si aujourd'hui presque 80% d'une classe d'âge ont effectivement le bac, je peux vous garantir que ce n'est pas à cause d'une soudaine élévation du Q.I. global de la nation.
+1 pour Eric.

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Message par orcusnf » lun. janv. 22, 2007 10:36 pm

Patrice a écrit :Salut,
Tu ne sais peut être pas que 95% de ceux qui passent par une prépa ont leur CAPES, ce qui est loin de la moyenne nationale. Et la plupart des anciens de prépa qui s'ennuyent, c'est souvent à cause du niveau moyen de la fac.
Je n'ai pas dit qu'ils s'ennuyaient, j'ai dit qu'ils déprimaient. Ils sont simplement incapables de s'adapter à la liberté qu'on leur donne. Et si la fac est si mauvaise que ça, qu'attendent donc ces lumières pour l'éclairer??? Après tout, à la fac, on a le droit de prendre la parole en cours.

Quand au premier argument, ça n'en est pas un, car on demande à aux candidats au CAPES la seule chose que les prépas savent enseigner: potasser.
On connait le résultat: des jeunes profs lachés dans la nature avec sans doute le cerveau bien plein, mais à peine quelques notions de pédagogie. Là encore, bonjour la déprime les premières années.
Mais le jour où les stages préparatoires et la pédagogie auront plus de poids dans l'obtension du CAPES, m'est avis que cette statistique (95%) risque de changer.

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Patrice
Vendredi soir avec une camarade, on était passée à la bibliotheque universitaire pour regarder les guides pour le capes. ( c'est encore loin, on est en khagne, mais on sait jamais). Et je peux te dire qu'on a eu très peur.

Non pas peur des listes de livres, mais plutôt de l'absence de réel niveau demandé. ( c'était pour les lettres modernes). Pour te dire, en 2 années de khâgne, on avait completé les exigences minimales pour le 17e, une bonne moitié pour le 18e, et un peu moins pour 19e et 20e. Et on n'est que bac+2. Alors que parallèlement, les profs nous racontent qu'en tant que membre de jury de capes, ils voient passer des élèves qui ne savent pas lire un sonnet correctement ou qui n'ont jamais lu rousseau.

C'est dans ces cas là qu'on voit la différence entre la fac et la prépa. Un prof issu d'une prépa a souvent lu plus. Et ce n'est pas non plus un hasard si les prépas sont souvent majors de promo, alors que minoritaires dans les facs.

Alors oui les profs nous disent qu'on est l'élite, qu'on a un meilleur niveau qu'en fac, mais les témoignages des anciens khagneux qu'on rencontre nous le confirment aussi. J'ai une amie qui a fait la 1ere année de prépa, elle était assez moyenne en latin, cette année en 2e année de lettres modernes, elle domine la classe en cours de latin. CQFD.
http://www.fantastinet.com l'actualité de la littérature de l'imaginaire

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Message par Eric » mar. janv. 23, 2007 12:13 am

Le fait est que les prépas et la fac sont deux formations différentes. Ce n'est pas de la ségrégation Jean, mais j'exclue les prépas scientifiques parce que les débouchés sont plus nombreux, qu'elles ouvrent sur plus d'écoles et que le soleil y brille pour plus de monde.

Les prépas littéraires, c'est un peu la roulette russe. C'est l'ENS, ou rien (En fait il y a l'école de Chartes aussi, mais c'est encore une autre histoire.)

Je parle des deux systèmes sans presque d'a priori, dans la mesure où en littérature, je suis pratiquement un autodidacte. Ce que moi je constate, c'est que la fac offre elle aussi un excellent nivau (globalement, il me semble qu'au niveau européen on s'en sort pas mal), par contre, elle demande aux étudiants de se prendre en main. Personne n'est derrière ton cul pour te faire bosser.

L'excellence des prépas est bien connue, mais pour moi elle a son revers, un formatage de la méthode et de l'esprit d'analyse. J'ai tout même l'impression que le fait même qu'on n'est pas à te prendre en main en prépa, endort tes facultés d'adaptation et ton esprit d'initiative.

Maintenant, le côté élitiste ne me dérange pas plus que ça. C'est finalement plus une élite au mérite qu'autre chose, et en plus on sait bien ce qu'elle a d'ilusoire. Après tout on parle de l'école de la République, et même si dans les faits la reproduction sociale est telle que ce sont souvent des enfants issus de classes moyennes supérieures qui accèdent au prépa, tout le monde y a sa chance pur peu qu'il travaille. Je suis beaucoup plus gêné aux entournures par des écoles comme H.E.C, l'ESSEC, ou même cette déplorable université privée de Vinci voire même Science-Po, qui, elles, font vraiment de l'élitisme par l'argent (si ce n'est par le coût du cursus du moins par celui des prépas).
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.

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Message par Patrice » mar. janv. 23, 2007 8:23 am

Salut,

Pour en revenir, encore une fois, au message initial de Charlotte, j'ai été frappé par ce paragraphe:
L’art littéraire est irréductible aux autres. Il est par essence l’espace critique où la langue travaille, en pensée et en imaginaire, où fermentent les réalités et les utopies, sans lesquelles aucune société n’est viable. Face aux fanatismes, croyances irrationnelles et dérives idéologiques qui feront le lit des horreurs de demain, la transmission du capital intellectuel et artistique de la littérature est une affaire de vie ou de mort.
Le problème dans notre société où la marchandisation des valeurs est devenu un critère primordial, le refuge principal des gens qui se sentent desorientés par un tel système est, justement, l'irrationnel, le plus souvent religieux. C'est beaucoup plus facile de se plonger là dedans que de réfléchir dans l'"espace critique" que proposent (et qu'ici je suppose nous acceptons tous volontiers) les auteurs du message.

Qui de nos jours, veut encore réfléchir, critiquer, penser???

A+

Patrice

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