Mélanie Fazi online

Mélanie Fazi répond à toutes vos questions du lundi 7 au mercredi 9 avril

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Mélanie
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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 3:25 pm

Florent a écrit :C'est la fameuse suspension d'incrédulité. Pour moi, ça ne fonctionne que dans 2 cas précis :

1. Le personnage est dans le feu de l'action et n'a pas le temps de prendre du recul.
2. Des évènements récents, suivant un rythme crescendo, l'ont progressivement amené à accepter quelque chose qui, en temps normal, l'aurait assomé.
J'ajouterais :
3. La nature de l'événement horrifique fait écho à quelque chose de profond chez le personnage - lié à son vécu ou à sa personnalité - qui va le pousser à plonger tête baissée dans le surnaturel plutôt que de chercher à le combattre. Voire le pousser à provoquer cet événement surnaturel. C'est souvent l'option qui m'intéresse le plus en fantastique. J'ai le sentiment que ça marche mieux dans une nouvelle que dans un roman, mais je peux me tromper.
Modifié en dernier par Mélanie le lun. avr. 07, 2008 3:34 pm, modifié 1 fois.

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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 3:33 pm

jerome a écrit :Et euh, pourquoi le fantastique et pas la SF ou la poésie, ou le polar ?
La poésie, j'en écrivais quand j'étais petite et je suis pas très douée pour. La SF, ça nécessite un esprit d'analyse que je ne possède pas - imaginer l'avenir à partir de notre présent, je m'en sens incapable. Le polar, j'aimerais assez. Moins pour le côté "enquête policière" qui me branche moyennement que pour les ambiances, finalement assez proches de celles du fantastique. Il y a quelques années, j'ai lu pas mal de polar français et j'adorais des auteurs comme Claude Amoz et Thierry Crifo qui s'attardaient plus sur l'aspect humain et psychologique que sur la résolution d'une énigme.

Le fantastique s'est imposé comme une évidence, sans doute parce que j'en lisais beaucoup vers 16/17 ans, l'époque où j'ai commencé à écrire sérieusement. J'aime ses ambiances, ses images, et je crois que j'aime par-dessus tout sa dimension psychologique. J'adore la sensation de vertige qu'il procure parfois - j'ai toujours été plus intéressée par la mise en place d'une ambiance étrange et par le basculement dans le surnaturel que par les scènes où les personnages cherchent un moyen de combattre le mal et de rétablir l'ordre naturel des choses. C'est peut-être pour ça que j'aime autant la nouvelle fantastique : elle s'arrête là où le roman commence à m'ennuyer.

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Message par Eons » lun. avr. 07, 2008 3:38 pm

Mélanie a écrit :La SF, ça nécessite un esprit d'analyse que je ne possède pas - imaginer l'avenir à partir de notre présent, je m'en sens incapable.
Tu sais, Mélanie, la SF n'est pas que "anticipation" : il y a des uchronies, des passés reconstitués ou imaginaires, des histoires qui se passent simplement "ailleurs" sans lien avec "ici et maintenant", etc.
Les beaux livres, c’est aussi par ici : www.eons.fr

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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 3:53 pm

Eons a écrit :Tu sais, Mélanie, la SF n'est pas que "anticipation" : il y a des uchronies, des passés reconstitués ou imaginaires, des histoires qui se passent simplement "ailleurs" sans lien avec "ici et maintenant", etc.
Je le sais bien, c'était un raccourci. Les uchronies me posent le même problème, ça demande encore une fois un esprit d'analyse que je n'ai pas. Et puis j'ai trop besoin de cet "ici et maintenant" quand j'écris : j'aime situer mes textes dans des décors qui sont ceux de notre monde et de notre quotidien.

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Nick_Holmes
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Message par Nick_Holmes » lun. avr. 07, 2008 4:21 pm

Mélanie a écrit : J'avoue que j'ai été déçue par l'accueil plutôt tiède qui a été réservé au livre. J'ai lu ici et là que c'était "le brouillon du film", à lire "par curiosité". Alors que je trouve le texte cent fois supérieur à ce que Barker en a fait à l'écran. J'ai tenté de revoir le film quand je traduisais le livre et je ne suis pas allée au bout tellement ça a mal vieilli. Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que c'était peut-être moi qui n'avais pas rendu justice au texte original.
Tu as raison de dire que le film est "vieillot", je dirai old school années 80 :)
Mais à la lecture de la nouvelle (désolé mais ce format ne correspond pas pour moi à un roman), j'ai été ennuyé pour ne pas dire rebuté par le texte (scénario trop convenu, personnages pas attachants, ...). Autant Coldheart Canyon m'a enchanté autant Hellraiser m'a endormi. Peut-être que j'attendait trop de cette nouvelle à cause justement de l'imagerie transportée par les films. Mais je ne remet pas du tout en cause ta traduction ;)

Sinon quels sont tes projets en cours ou à venir ? [Salons, Dédicaces, écriture, Traduction, ... ]

NicK.
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- Windhaven
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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 4:23 pm

Ah tiens, je m'aperçois que j'ai zappé des questions....
Pascal a écrit :Est-ce que lorsqu'on reçoit le numéro du Magazine of Fantasy and Science Fiction avec une de ses nouvelles dedans, on n'a pas un peu envie de danser toute nue dans la rue en glougloutant pendant des heures ? Enfin, tu vois ce que je veux dire, en gros ?
Euh, oui (enfin plutôt de danser toute habillée chez moi, mais on se comprend). Mais moins que lorsqu'on reçoit un mail de Brian Stableford (qui m'a servi de traducteur et d'agent) annonçant que la revue accepte la nouvelle. Et peut-être moins que quand Ellen Datlow a repris une autre de mes nouvelles dans son Year's Best Fantasy and Horror - c'est un très gros et très joli bouquin, ça a dû jouer, mais en tout cas ça m'a fait quelque chose. Ça a vraiment été un coup de bol, cette histoire : croiser Brian Stableford au bon moment, lui confier mes textes sans croire que ça allait vraiment déboucher sur une publication - et pour le reste, ça s'est fait tout seul.

jerome
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Message par jerome » lun. avr. 07, 2008 4:27 pm

Mélanie a écrit :Ah tiens, je m'aperçois que j'ai zappé des questions....
Pascal a écrit :Est-ce que lorsqu'on reçoit le numéro du Magazine of Fantasy and Science Fiction avec une de ses nouvelles dedans, on n'a pas un peu envie de danser toute nue dans la rue en glougloutant pendant des heures ? Enfin, tu vois ce que je veux dire, en gros ?
Euh, oui (enfin plutôt de danser toute habillée chez moi, mais on se comprend). Mais moins que lorsqu'on reçoit un mail de Brian Stableford (qui m'a servi de traducteur et d'agent) annonçant que la revue accepte la nouvelle. Et peut-être moins que quand Ellen Datlow a repris une autre de mes nouvelles dans son Year's Best Fantasy and Horror - c'est un très gros et très joli bouquin, ça a dû jouer, mais en tout cas ça m'a fait quelque chose. Ça a vraiment été un coup de bol, cette histoire : croiser Brian Stableford au bon moment, lui confier mes textes sans croire que ça allait vraiment déboucher sur une publication - et pour le reste, ça s'est fait tout seul.
L'histoire est chouette. Hormis l'immense honneur d'être publiée dans le Magazine of Fantasy and Science Fiction (la classe quand même), quelle était l'idée ? Pouvoir être traduite plus facilement par la suite en anglais ? Essayer de se "vendre" aux américains (la formulation est pas très belle) ? Est-ce que ça t'a apporté des contacts ? En gros, quel est le bilan de cette expérience qui reste assez rare pour les auteurs français ?
Jérôme
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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 4:28 pm

Fred Combo a écrit :Est-ce que, comme pour les auteurs qui sont relus, corrigés et (parfois) conseillés par leur éditeur, les traductions sont relues (voire comparées à l'original) par une tierce personne qui donne son avis, demande des modifications, signale des erreurs, etc... Ou alors est-ce que la traduction est un boulot dans lequel on se retrouve plus ou moins livré à soi-même ? Plus que dans le cas d'un auteur par exemple...
Je ne sais pas si on est plus livré à soi-même en tant que traducteur, mais on a une responsabilité plus lourde sur les épaules. Rater un texte qu'on écrit soi-même, ça me paraît moins grave que se planter en travaillant sur le texte d'un autre. Les traductions sont effectivement relues après remise à l'éditeur. Après, j'aurais du mal à décrire le processus en détail, je sais seulement qu'on me pose parfois des questions sur des points de détail et que je récupère ensuite le texte corrigé pour valider ou non les corrections et/ou apporter quelques retouches (on a beaucoup plus de recul lors de cette phase que lorsqu'on rend le fichier à l'éditeur après y avoir été plongé plusieurs mois). Les corrections portent plus sur des problèmes de formulation en français que sur la comparaison phrase par phrase avec la VO (ça, je ne sais pas si les éditeurs le font).

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rituels, superstitions

Message par k_tastrof » lun. avr. 07, 2008 4:31 pm

Hello Mélanie
Quelques questions sur l'écriture :

- As-tu des rituels et/ou des superstitions d'auteur?
(Ecrire au même endroit, ne pas parler d'un texte en cours, porter des chaussettes vertes pour écrire, boire le même whisky... ou que sais-je?
- Ecris-tu en musique ?
- T'es-tu entourée de beta-lecteurs sévères ?
- Tu as parlé de premier jet. Comment retravailles-tu tes textes après ce premier jet? y repasses-tu souvent ?
«Un spécialiste, c'est quelqu'un qui sait tout sur quelque chose et rien sur tout le reste.» Ambrose Bierce
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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 4:38 pm

Nick_Holmes a écrit :Sinon quels sont tes projets en cours ou à venir ? [Salons, Dédicaces, écriture, Traduction, ... ]
Salons et dédicaces : pas mal dans les mois à venir. Ce mois-ci, la soirée "Hot Pepper's Calling" qui a été annoncée ailleurs sur ce forum, puis un salon à Aix-en-Provence le 25 et 26. Le mois prochain : Salon du Livre de Genève, Etonnants voyageurs à Saint-Malo, Imaginales d'Epinal. D'autres à venir plus tard, mais j'attends confirmation. Je bouge pas mal en ce moment. Ça tombe bien, j'adore ça. Le seul problème, c'est que ça n'aide pas à me concentrer sur les traductions en cours, mais je suis dans les temps donc tout va bien.

Les traductions, donc : je planche actuellement sur la trilogie de Glenda Larke dont vient de paraître le premier volet chez J'ai Lu. J'en suis au troisième. J'enchaîne ensuite avec un roman de Kelley Armstrong qui fait suite à Capture et Morsure parus chez Bragelonne. Enfin, ce n'est pas la suite directe puisqu'il y a changement de narratrice. J'aime beaucoup cette série, j'ai hâte de m'y replonger.

Côté écriture : dans les semaines à venir, je dois écrire des nouvelles qu'on m'a commandées. Donc je cogite, je cherche des idées, l'une d'entre elles commence vaguement à prendre forme. Je ne vois pas plus loin pour l'instant. J'ai envie d'un troisième recueil mais je n'ai pas encore la matière. Je vais la constituer progressivement, comme d'habitude. Pas de projets plus précis pour l'instant.
Ah oui, sinon, j'ai une très courte nouvelle qui doit paraître dans la presse locale au moment des Imaginales d'Epinal. Et un texte accepté récemment pour une anthologie qui n'est pas encore annoncée officiellement - donc je n'en dis pas plus.

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Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 4:48 pm

jerome a écrit :L'histoire est chouette. Hormis l'immense honneur d'être publiée dans le Magazine of Fantasy and Science Fiction (la classe quand même), quelle était l'idée ? Pouvoir être traduite plus facilement par la suite en anglais ? Essayer de se "vendre" aux américains (la formulation est pas très belle) ? Est-ce que ça t'a apporté des contacts ? En gros, quel est le bilan de cette expérience qui reste assez rare pour les auteurs français ?
Il n'y avait pas d'"idée" à proprement parler. Quand Brian Stableford croisé lors d'une convention te propose d'essayer de traduire et de placer tes textes, tu ne te poses pas de questions. Je n'y croyais pas, mais ça valait la peine d'essayer. J'ai été la première surprise que ça marche. A force d'entendre dire et répéter que les supports anglo-saxonns ne publient pas d'auteurs étrangers... En fait, il y a une nuance : les revues n'iront pas chercher elles-mêmes les textes pour les faire traduire, mais si un texte leur est soumis en anglais et leur plaît, elles ne font pas de différence avec les auteurs anglophones. Pour les romans, j'ai cru comprendre que c'était plus compliqué - mais ça tombe bien, ce n'est pas mon domaine.

Ça ne m'a pas vraiment apporté de contacts, à part avec les rédacteurs en chef et/ou anthologistes qui m'ont publiée. Ça signifie juste qu'ils me situent et qu'il me sera peut-être plus facile de leur présenter des textes à l'avenir. Ça ne veut pas dire pour autant qu'ils me publieront systématiquement : Gordon Van Gelder, de F&SF, m'a accepté deux textes mais il en a refusé deux autres. Ce qui ne me fait apprécier que davantage ces deux publications.

Bilan positif, donc. J'ai envie de continuer, mais le problème qui se pose est toujours celui de la traduction, sachant que je ne m'en sens pas capable moi-même. Il y a une chose par contre que je trouve intéressante et déroutante à la fois : tous les textes ne passent pas de la même manière la barrière de la traduction. Je ne parle pas d'une histoire de style, peut-être plutôt de thèmes ou d'approche. Certains textes qui fonctionnent plutôt bien sur des lecteurs français posent problème en anglais. J'en ai eu un exemple flagrant avec "En forme de dragon" qui est le dernier texte que j'ai publié en anglais : je n'ai pas du tout les mêmes retours sur la version française et la version traduite. A croire que ce sont deux nouvelles différentes. Et je ne pense vraiment pas que ce soit lié à la traduction.

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Re: rituels, superstitions

Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 5:02 pm

k_tastrof a écrit :- As-tu des rituels et/ou des superstitions d'auteur?
(Ecrire au même endroit, ne pas parler d'un texte en cours, porter des chaussettes vertes pour écrire, boire le même whisky... ou que sais-je?
Ne jamais parler d'un texte en cours. Ne jamais me lancer dans la rédaction d'un texte si l'ensemble n'est pas clair et net dans ma tête. Et puis j'aime bien aller faire ma première relecture papier au café. Je crois que c'est à peu près tout.
Le whisky, c'est seulement chez Scylla et ça n'aide pas à écrire droit.
- Ecris-tu en musique ?
La plupart du temps oui (ce qui n'a rien d'étonnant puisque je vis en musique). Comme c'est ma source d'inspiration principale, je choisis souvent une bande son pour accompagner la rédaction d'un texte. J'y ai consacré une page de mon site pour détailler les chansons que j'associe à certains textes.
- T'es-tu entourée de beta-lecteurs sévères ?
Yep. L'équipe, si je puis dire, a un peu changé au cours du temps, mais certains sont fidèles au poste depuis plusieurs années. Un texte n'a vraiment d'existence à mes yeux que lorsque j'ai reçu l'avis d'un ou plusieurs beta-lecteurs : entre la fin de la rédaction et le premier avis, c'est comme s'il était dans les limbes. Je sais ce que j'essayais de faire mais je ne sais pas ce que j'ai fait concrètement. Et je hais cette phase d'attente.
- Tu as parlé de premier jet. Comment retravailles-tu tes textes après ce premier jet? y repasses-tu souvent ?
Plus ou moins selon les textes. Je fais toujours plusieurs relectures avant de les envoyer à des beta-lecteurs, je laisse reposer en attendant leurs avis, puis je retouche en fonction de leurs commentaires et corrections. Je coupe pas mal à la relecture : des adverbes inutiles, des "presque" ou "peut-être" qui alourdissent le phrase, j'affine le rythme et les sonorités. Si un texte n'est pas publié dans l'immédiat, il peut m'arriver de le reprendre un ou deux ans plus tard. Mais j'ai l'impression de faire moins de retouches qu'avant. Je crois que j'atteins de plus en plus facilement la concision dont je parlais tout à l'heure.

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Re: rituels, superstitions

Message par Bruno » lun. avr. 07, 2008 5:16 pm

Salut Mélanie,

Tu as dis à plusieurs reprises que tu lisais beaucoup. Est-ce vrai également lorsque tu es en période d'écriture, ou dans ces moments-là préfères-tu t'arrêter pour ne pas trop être influencée par ce que tu lis ?

A l'inverse, ta vision des livres que tu lis a-t-elle changé depuis que tu écris (par exemple, y a-t-il des auteurs que tu appréciais quand tu étais uniquement lectrice, que tu ne trouves finalement plus si terribles que ça maintenant que tu écris, parce que tu repères désormais des facilités d'écriture ou des défauts) ?

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Re: rituels, superstitions

Message par Mélanie » lun. avr. 07, 2008 6:02 pm

Bruno a écrit :Tu as dis à plusieurs reprises que tu lisais beaucoup. Est-ce vrai également lorsque tu es en période d'écriture, ou dans ces moments-là préfères-tu t'arrêter pour ne pas trop être influencée par ce que tu lis ?
En réalité, je lis très peu en ce moment. Beaucoup moins qu'à l'époque où je travaillais dans un hôtel, en attendant de vivre de la traduction, et où je dévorais un livre en deux jours planquée derrière mon standard. Ces temps-ci, je passe par des phases où je n'ai ni l'envie, ni la concentration nécessaires - sauf si un bouquin me passionne vraiment, mais c'est plus rare qu'avant. Je pense que c'est lié à la traduction (je passe déjà mes journées plongée dans les livres) et au fait de travailler chez moi (c'est comme si je vivais dans mon bureau, donc j'ai du mal à faire la coupure boulot/loisirs).
Je ne crois pas être très influencée par mes lectures - et de toute manière, j'aurais plus tendance à courir après cette influence qu'à la fuir. Tout ce qui peut m'inspirer est bon à prendre. Je n'ai jamais eu peur de ce genre d'influence, en fait. Et je crois que je commence à avoir suffisamment trouvé ma voix pour ne pas craindre d'imiter celle des autres : même si je m'en inspire, consciemment ou pas, ça va de toute manière muter pour devenir quelque chose de plus proche de mon univers.
A l'inverse, ta vision des livres que tu lis a-t-elle changé depuis que tu écris (par exemple, y a-t-il des auteurs que tu appréciais quand tu étais uniquement lectrice, que tu ne trouves finalement plus si terribles que ça maintenant que tu écris, parce que tu repères désormais des facilités d'écriture ou des défauts) ?
La réponse est oui, sans hésiter, parce que je suis une lectrice beaucoup plus exigeante ; le problème, c'est que je n'arrive pas à citer un seul exemple. Ça a bien dû se produire, pourtant. Il faut dire aussi que dans la mesure où je consacre moins de temps qu'avant à la lecture, je relis assez peu les livres que je connais déjà. A quelques exceptions près, comme King de temps en temps ou Gudule en ce moment (Le club des petites filles mortes, c'est vachement bon, mangez-en). Mais ces deux-là, à la limite, m'impressionnent encore plus depuis que j'écris.
Ce qui est très net par contre, c'est que je suis beaucoup moins patiente qu'avant avec les auteurs débutants et les textes mal foutus.

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Message par Thomas Geha » lun. avr. 07, 2008 6:57 pm

Mélanie,

Les vitrines des magasins d'Epinal t'ont-elles inspiré quelques histoires ?

T.

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