Gilles Dumay online

Gilles Dumay sera l'invité du forum Actusf lundi, mardi et mercredi 19, 20 et 21 octobre

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systar
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Message par systar » mer. oct. 21, 2009 8:23 am

Je crois que la question ne t'a pas été posée explicitement, encore:

tu as fait allusion à la prédominance du "style", dans tes choix d'éditeur, notamment pour les français.
Quelques questions, pour que tu achèves de me détester, sur le "style":

- j'ai parfois eu l'impression qu'une certaine "norme" de style s'imposait effectivement, avec toi: surtout pas de choses surchargées, de phrases frisant la prouesse en longueur, quelque chose comme une sobriété qui vise l'élégance, et surtout le mot juste. Je pense à Noirez, à Merjagnan, par exemple. Perçois-tu cela comme ça, de ton côté? (même si, bien sûr, ouverture, ça-dépend-des-goûts-et-de-ce-qui-est-raconté, toussa)

- ce "style", t'est-il arrivé de le retravailler sur des manuscrits qui t'avaient plu, de façon très importante? Comment ça se passe, alors? Tu suggères, tu donnes des indications précises...?

- quand on est éditeur, est-ce qu'on peut dissocier totalement le "fond" et la "forme", jusqu'à dire: "l'histoire est géniale, mais c'est vraiment écrit à la truelle, donc je peux pas/donc fau(drai)t tout réécrire", ou bien tu estimes que les deux sont tellement liés (une histoire "appelle" naturellement la façon idéale de la raconter) que quand l'un des deux aspects déconne, c'est que l'autre doit pas être si bien que ça non plus?

- quels sont les auteurs que tu as tout particulièrement aimé éditer, justement, pour la beauté, ou la justesse, de leur style? (francophones, mais pas seulement)

GillesDumay
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Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 9:12 am

systar a écrit :Je crois que la question ne t'a pas été posée explicitement, encore:

tu as fait allusion à la prédominance du "style", dans tes choix d'éditeur, notamment pour les français.
Quelques questions, pour que tu achèves de me détester, sur le "style":

- j'ai parfois eu l'impression qu'une certaine "norme" de style s'imposait effectivement, avec toi: surtout pas de choses surchargées, de phrases frisant la prouesse en longueur, quelque chose comme une sobriété qui vise l'élégance, et surtout le mot juste. Je pense à Noirez, à Merjagnan, par exemple. Perçois-tu cela comme ça, de ton côté? (même si, bien sûr, ouverture, ça-dépend-des-goûts-et-de-ce-qui-est-raconté, toussa)
Tu cites deux auteurs aux styles très différents.
C'est très poétique, Merjagnan (ce qui est à l'opposé des thèmes qu'il choisit, d'où le caractère assez "incongru" de sa prose ; après je ne vais pas mentir c'est cette originalité, cette "matière" qui me plaît), alors que chez Noirez, il y a un vrai sens rabelaisien du grotesque, de l'énhaurme. Noirez il écrit sur la bite (coupée ou pas), la merde, la bouffe, la souffrance, les déviances, les fantômes qui ne sont souvent que des dérèglements de la chimie du cerveau, mais avec la légèreté d'un dessin animé pour enfants. Un mélange détonnant, AMHA. Cependant, il y a quelque chose de "malsain" qui transparaît, une "folie" qui n'est pas de l'ordre du factice. Je peux me tromper, mais Noirez trouve son "équilibre" dans son art, écriture / musique. Sire Cédric c'est grand-guignol, Noirez c'est pas Grand Guignol, c'est de la pure littérature. C'est un grand, et l'image qu'il nous renvoie de l'Homme n'est pas confortable.

J'ai lu la nouvelle que Norbert avait proposé à Serge Lehman pour Retour sur l'horizon, et le début était un mur de poésie. OK, mais y'a un moment : "fuck Baudelaire" comme dirait Greg Egan.

Norbert, je l'ai poussé à alléger son style, à éclairer ce qui était involontairement obscur, à couper ses dialogues. Mais j'ai pas fait le boulot à sa place. Il y a des endroits où il a réécrit et d'autres où il n'a rien changé.

Noirez, j'avais quasiment rien à dire sur son roman. Il y avait à mon sens une faiblesse structurelle qu'il a résolu au mieux, mais c'est pas pleinement convaincant. Son système plot / contre-plot ne se résout pas en crescendo ; on sent que c'est le voyage qui l'intéresse pas le point de chute (ce qui brosse dans le sens du poil mes élans bouddhiques).
systar a écrit : ce "style", t'est-il arrivé de le retravailler sur des manuscrits qui t'avaient plu, de façon très importante? Comment ça se passe, alors? Tu suggères, tu donnes des indications précises...?
Avant j'annotais tout et je faisais involontairement du "moi, je l'aurais écrit comme ça".
Depuis quelques années, si je trouve qu'il y a trop de boulot, je refuse le texte en expliquant dans une lettre pourquoi.
Quand la part de boulot est normale, j'annote, j'explique, je discute, mais toujours dans le but que l'auteur fasse ses choix.

Le livre de Jean-Claude Marguerite, Le Vaisseau ardent, est énorme (c'est un projet dément par sa taille avant tout et qui ne "marche pas" comme une série) ; il y a des endroits où il n'allait pas forcément tout de suite à l'essentiel, il y avait des redites. Je lui dis et il fait le boulot. Comme il a un style impeccable, d'une rare élégance, on est dans le travail sur le rythme du roman, de la construction, pas tellement de la prose. Y'avait rien à faire sur sa prose, ou presque. D'ailleurs, je me suis fait souvent piéger par l'écriture, tu lis cinquante pages d'un trait et tu t'aperçois que t'as rien noté, alors qu'il y avait probablement des trucs à régler. Alors tu recommences.

Le roman de Jean-Philippe Depotte, Les démons de Paris, est arrivé "publiable tel quel". Pour le principe, j'ai fait trois remarques, mais je me sentais petit face à la maîtrise de l'auteur. Pendant trois mois, j'ai cru qu'un écrivain connu essayait de me piéger, parce que le manuscrit avait été posté du Japon, enfin bon, j'arrivais pas à croire que c'était un premier roman. Chez Denoël, je suis le directeur de la collection Lune d'encre et le gars qui a "découvert" Fabienne Ferrère ; je crois que mon statut va un peu changer dans les mois qui viennent et j'y suis pour rien, j'ai juste lu un super manuscrit arrivé par la poste.
systar a écrit : quand on est éditeur, est-ce qu'on peut dissocier totalement le "fond" et la "forme", jusqu'à dire: "l'histoire est géniale, mais c'est vraiment écrit à la truelle, donc je peux pas/donc fau(drai)t tout réécrire", ou bien tu estimes que les deux sont tellement liés (une histoire "appelle" naturellement la façon idéale de la raconter) que quand l'un des deux aspects déconne, c'est que l'autre doit pas être si bien que ça non plus?
En tant que lecteur j'arrive très difficilement à surmonter un style qui ne me convient pas ; je ne vois que Greg Egan où je trouve ça génial alors que je sais pertinemment que bof au niveau du style, c'est vraiment le minimum du minimum.
En tant qu'éditeur, je peux faire l'effort sur la traduction d'un classique, mais un auteur français, non, faut que ce soit "bien" écrit. Après bien écrit, c'est très différent selon les gens. C'est quelque chose de personnel. Pierre-Paul Durastanti m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit que Karl Schroeder c'était "bien écrit : à se branler". Ah bon ? On n'a pas les mêmes stimuli branlatoires.
systar a écrit : quels sont les auteurs que tu as tout particulièrement aimé éditer, justement, pour la beauté, ou la justesse, de leur style? (francophones, mais pas seulement)
Moorcock pour Mother London (dans la traduction de Jean-Pierre Pugi)
Le Prestige (dans la traduction de Michelle Charrier)
Kelly Link (dans la traduction de Michelle Charrier)

Il y a dans l'anthologie de Serge Lehman quelques nouvelles magnifiquement écrites (Noirez, Henry, notamment). Dans le recueil de Serge Lehman il y a "La régulation de Richard Mars".
Noirez, j'ai vraiment eu du plaisir à bosser sur Leçons du monde fluctuant. Même si je n'ai pas fait grand chose.

Le style doit être approprié, mais il peut être décalé, y'a pas de règle. Ce qui va marcher sur un lecteur ne va pas marcher sur un autre... En publiant les textes qu'on aime, au moins on est sûr qu'il y a une personne touchée : soi. Ce qui compte le plus à mes yeux maintenant c'est la discussion avec les auteurs, ce qu'on apprend mutuellement l'un de l'autre. Le produit fini, OK, mais on a tellement de déceptions commerciales, alors il faut trouver de la satisfaction ailleurs.

GD

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Don Lorenjy
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Message par Don Lorenjy » mer. oct. 21, 2009 9:26 am

GillesDumay a écrit :Le produit fini, OK, mais on a tellement de déceptions commerciales, alors il faut trouver de la satisfaction ailleurs.

GD
Merci ! Pour un mercredi matin un peu teigneux, ça fait plaisir à lire.

Et ça me donne une question : on connaît des responsables dans de grandes maisons qui travaillent aussi dans de plus petites structures justement pour ce type de satisfaction. Est-ce que c'est ton cas ? Ou est-ce que ça te fait envie ? (on ne parle pas du facteur temps, hein ?)
Les marques Don Lorenjy et Don Lo sont retirées des rayons

GillesDumay
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Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 9:41 am

Don Lorenjy a écrit :
GillesDumay a écrit :Le produit fini, OK, mais on a tellement de déceptions commerciales, alors il faut trouver de la satisfaction ailleurs.

GD
Merci ! Pour un mercredi matin un peu teigneux, ça fait plaisir à lire.

Et ça me donne une question : on connaît des responsables dans de grandes maisons qui travaillent aussi dans de plus petites structures justement pour ce type de satisfaction. Est-ce que c'est ton cas ? Ou est-ce que ça te fait envie ? (on ne parle pas du facteur temps, hein ?)
Bonjour Laurent,

Il faut que je m'absente une bonne heure.
Je te réponds à mon retour. C'est une question très intéressante.

GD

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Lensman
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Message par Lensman » mer. oct. 21, 2009 9:42 am

GillesDumay a écrit :, c'est un concentré de tout ce que je déteste dans la SF. (Ce qui veut probablement dire que c'est génial, mais bon c'est la vie...)

GD
Ah! tout de même! Je savais bien que tu avais conscience des son véritable génie... Je vais te citer partout, avec la citation tronquée, bien sûr!
Je rebondis, en buvant du café, sur le problème des couvertures.
D'abord, pour dire que je les trouve globalement très réussies, chez Lune d'Encre. Pour Daylon, le chouchou du directeur, je dois dire que celle du "Haut-lieu" est très belle, selon mon goût personnel.
Tu as fait quelques allusions à de l"abstrait" (catégorie dans laquelle je ne placerais pas Daylon, mais on ne va pas se lancer dans ces histoires d'étiquettes très compliquées). Je me souviens que, dans les années soixante-dix, pour la SF (mais pas seulement, très loin de là!), il y avait parfois (souvent, plutôt), pour des collections à tendance "intellectuelles" comme la tienne, des covers, disons, non conventionnelles (pas une illustration figurative "classique", quoi): les A&D de Gérard Klein avec les couvertures métalliques (motifs variés ( il y a aujourd'hui des érudits fous qui les recensent et les étudient de près avec passion), et les taches de couleur de la collection remarquable "Dimension SF" chez Calmann-Lévy, dirigée par le très regretté Robert Louit. Et c'étaient deux collections importantes. apparemment, cela ne posait pas de problème ni aux lecteurs, ni aux éditeurs. Et quand on regardait le reste des collections, on constate une très grande variété de tendance, avec des choses extrêmement différentes et des options opposées. et ça a duré un moment.
Penses-tu, donc, que le goût de TON public est devenu plus primaire? (bon, le terme fait péjoratif pour Manchu, Sorel, etc, que j'adore par ailleurs), mais tu vois ce que je veux dire. On pouvait penser que, depuis toutes ces années d'expérimentations variées, le public avait parfaitement intégré la variation dans l'originalité, les tendances graphiques variées. Quand tu parles de certaines couvertures, on a l'impression que tu éprouves une crainte vis à vis du public (visiblement justifiée par les retours sur les ventes), un peu comme si, dès que c'était autre chose que Manchu ou Sorel, c'est comme si tu proposais d'afficher une scène de partouze dans une église, ou faire une installation d'art contemporain à base de têtes de cochon dans une synagogue ou une mosquée. Tout de même, on n'est plus à l'époque où les impressionnistes faisaient scandale, et la teneur des textes que tu proposes montre que tu t'adresses, pour le moins, à un public dont l'ouverture d'esprit est très large, et un public curieux (on en a parlé).
D'où viendrait ce décalage, que pour ma part je ne m'explique absolument pas?

Et comme les autres camarade, merci pour ta grande patience (ça surprend toujours), ta disponibilité (il n'est pas temps que tu retournes bosser?) et l'intérêt de tes réponses (une des rencontres ActuSF les plus passionnantes, et pourtant il y en a eu d'autres, des bien!)

Joseph
Modifié en dernier par Lensman le mer. oct. 21, 2009 9:58 am, modifié 5 fois.

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Eric
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Message par Eric » mer. oct. 21, 2009 9:42 am

Puisqu'on est dans la cuisine éditoriale, tu as la réputation d'être un éditeur plutôt cash dans tes annotations aux auteurs. Est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'avoir des refus d'obstacles, des auteurs qui te disaient "Euh, non, t'es gentil tu me causes pas comme ça, d'abord !" ou des auteurs que ton approche des textes bloque complètement ?
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.

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Lensman
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Message par Lensman » mer. oct. 21, 2009 9:44 am

Don Lorenjy a écrit :
GillesDumay a écrit :Le produit fini, OK, mais on a tellement de déceptions commerciales, alors il faut trouver de la satisfaction ailleurs.

GD
Merci ! Pour un mercredi matin un peu teigneux, ça fait plaisir à lire.

Et ça me donne une question : on connaît des responsables dans de grandes maisons qui travaillent aussi dans de plus petites structures justement pour ce type de satisfaction. Est-ce que c'est ton cas ? Ou est-ce que ça te fait envie ? (on ne parle pas du facteur temps, hein ?)
(Juste une réflexion pour dire que je trouve ta question très intéressante, et que c'est ce qui me rend tout de même optimiste pour l'avenir. J'espère que GD ne va pas nous détromper...)
Joseph

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Virprudens
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Message par Virprudens » mer. oct. 21, 2009 10:51 am

Merci pour ta réponse Gilles. Et pour le coup, ma question n’avait rien d’une provoc (je passe sur le mal branlée – à force de me prendre des claques dans la gueule, je vais finir par comprendre le message) ; il est impossible d’être dans ce mode en permanence, c’est fatiguant. Ce que tu avais parfaitement compris puisque tu as choisis d’y répondre sérieusement – et de façon instructive.
Me reste donc plus qu’à trouver l’argent.
Et les auteurs. C’est important, les auteurs.
- Please, be polite.
- Go fuck yourself.

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Le_navire
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Message par Le_navire » mer. oct. 21, 2009 10:54 am

C'est un bonheur, cette interview. Plus ça va, plus j'admire...
Va falloir que ça s'arrête, j'ai beaucoup de mal à assumer mon côté fangirlie, là.

Bon.

Une question vicelarde, tiens : on te connait pour ton franc parler, et ta manière de ne prendre de gants ni avec les emmerdeurs, ni avec les auteurs. Tu t'es fait quelques ennemis, çà et là, chez les mauvais coucheurs. Apparemment, ça ne t'a jamais empêché de faire ton boulot comme tu l'entendais, avec les résultats qu'on sait. On dit souvent que l'édition, c'est un boulot où le relationnel compte, alors finalement, est-ce que c'est si vrai que ça ? Je veux dire, est-ce que ce faire un boulot impeccable peut, et même doit se passer des compromis qu'on attend généralement du milieu en la matière ?

(je me relis, ça fait très disciple à gourou ma question, là. Tant pis, j'assume, pour le coup)



(HS : ce que je sais de Picquier me laisse à penser qu'en effet, prendre contact avec lui serait une excellente idée.)
"Ils ne sont grands que parce que vous êtes à genoux"

kemar
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Message par kemar » mer. oct. 21, 2009 11:24 am

Pour rebondir sur ce qui a été dit notamment par Lensman, je pense tout simplement que le "rejet" du public pour les couvertures abstraites telles que pouvaient l'être celles des collections précédentes, vient justement de là.
Au même titre que les collections avec des couvertures plus "pulp", avec la démocratisation de la SF et de la fantasy à travers notamment le cinéma, une certaine "vision" consensuelle de ces deux thèmes s'est imposée, d'où un effet de ringardisation des couves abstraites. De même les couves de Daylon ne passent pas souvent à mon humble avis dés qu'il se rapproche trop de l'iconographie des couvertures policières courantes (avec photo de personnage à peine modifiée), et deviennent très belles quand il se place dans une recherche plus graphique comme pour le "haut lieu"

Ceci n'est pas vraiment une question, mais je tenais à vous montrer quelques illustrateurs pas forcément très connus, mais qui apportent leur petit supplément d'âme:
Daniel Dociu:
Image
http://www.tinfoilgames.com/
Masana:
Image
http://www.resonance-art.com/
Manu Malin:
Image
http://www.emmanuelmalin.com/
Ou encore marmotte/Véronique Meignaud:
Image
http://www.v-meignaud.com/

Sont ils trop avant gardistes, ou trop hors du marché?
Moi même illustrateur, j'avoue que ce sont des directions dans lesquelles on m'a rarement (jamais?) demandé d'aller.


edit:

Évidemment chacune des images ne sont que des exemples bien réduits de l'ampleur du talent de chacun, cf D Dociu:
(http://www.tinfoilgames.com/images/gall ... l_full.jpg)
ou masana:
(http://www.resonance-art.com/print/CVI.jpg)
Modifié en dernier par kemar le mer. oct. 21, 2009 12:34 pm, modifié 1 fois.

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Eric
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Message par Eric » mer. oct. 21, 2009 11:31 am

C'est, d'ailleurs, Véronique Meignaud qui avait fait, pour ActuSF, la couverture de Vance :
Image

Il es vrai, aussi, que les enjeux commerciaux ne sont pas les mêmes.
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.

Leeming
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Message par Leeming » mer. oct. 21, 2009 11:42 am

Je trouve l'illustration de Dociu vraiment chouette.
Je verrais bien des couv' de ce type au Belial ou chez LE.

Gilles,

A la lecture de ces 16 pages, on a l'impression que tu passes près de 15h par jour pour ce travail d'éditeur + les à côté (bifrost, écriture, ...).

On sent bien que les sphères professionnelles et personnelles sont très liées, il y a à la fois passion et travail. Ceci étant, même si ce n'est pas l'essentiel (encore que, il faut pouvoir se payer le mobilhome !), est-ce que financièrement c'est viable ?

GillesDumay
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Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 12:18 pm

Hello tous,

J'ai vu vos questions, je vais y répondre, mais là URGENCE dix ans de Lunes d'encre à traiter en priorité.
Je reviens vite.

GD

david
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Message par david » mer. oct. 21, 2009 12:21 pm

GillesDumay a écrit : Je sais que David Calvo m'en voudra vingt ans durant, mais putain fallait les vendre ces deux volumes à 23 euros, alors[
rien que parce que tu as cité starfall, tu es pardonné.
mais quand même................................................................

Lem

Message par Lem » mer. oct. 21, 2009 12:24 pm

Au fond, le problème des couve (existe-t-il un autre club littéraire que ça passionne à ce point ?) est assez facile à mettre en forme. La plupart des illustrations SF, encore aujourd'hui, ne sont que des versions puissance 100 des couvertures de pulps. Hyperréalistes, enrichies par effets spéciaux, ultra-sophistiquées mais sur le fond, ce sont toujours les mêmes. La peinture de Dociu, par exemple, ressemble à la hard-science peinte de John Harris. Il n'y a pas eu de rupture esthétique dans l'imagerie qui soit capable de traduire l'évolution littéraire du domaine et par rapport aux années 70, on est peut-être fondé à parler de recul. Les peintures de Csernus étaient ambitieuses, à leur manière – en tout cas leur spectre était plus large – et si les collections spécialisées ont perdu du monde, c'est peut-être aussi parce que le packaging envoie un message plus étroit. On peut aussi penser à l'évolution des collections policières, au changement introduit par Rivage… Les couves du polar ne sont pas des versions puissance 100 de celles de Black Mask mais autre chose.
Tu dirais que c'est une transition de ce genre que tu vises ?

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