Gilles Dumay online

Gilles Dumay sera l'invité du forum Actusf lundi, mardi et mercredi 19, 20 et 21 octobre

Modérateurs : Charlotte, tom, Eric, jerome

Avatar du membre
Patrice
Messages : 3535
Enregistré le : jeu. mai 04, 2006 10:26 am
Contact :

Message par Patrice » mer. oct. 21, 2009 12:44 pm

Salut,
mais là URGENCE dix ans de Lunes d'encre à traiter en priorité.
Et l'on imagine Gilles, dans les bureaux de Denoël, armé d'un couteau, d'une pile de tartines et d'un énorme pot de beurre d'anchois, préparant la soirée de Millepages à Vincennes...

A+

Patrice

Avatar du membre
Lensman
Messages : 20391
Enregistré le : mer. janv. 24, 2007 10:46 am

Message par Lensman » mer. oct. 21, 2009 12:47 pm

Lem a écrit :Au fond, le problème des couve (existe-t-il un autre club littéraire que ça passionne à ce point ?) est assez facile à mettre en forme. La plupart des illustrations SF, encore aujourd'hui, ne sont que des versions puissance 100 des couvertures de pulps. Hyperréalistes, enrichies par effets spéciaux, ultra-sophistiquées mais sur le fond, ce sont toujours les mêmes. La peinture de Dociu, par exemple, ressemble à la hard-science peinte de John Harris. Il n'y a pas eu de rupture esthétique dans l'imagerie qui soit capable de traduire l'évolution littéraire du domaine et par rapport aux années 70, on est peut-être fondé à parler de recul. Les peintures de Csernus étaient ambitieuses, à leur manière – en tout cas leur spectre était plus large – et si les collections spécialisées ont perdu du monde, c'est peut-être aussi parce que le packaging envoie un message plus étroit. On peut aussi penser à l'évolution des collections policières, au changement introduit par Rivage… Les couves du polar ne sont pas des versions puissance 100 de celles de Black Mask mais autre chose.
Tu dirais que c'est une transition de ce genre que tu vises ?
Cher Lem (je pourris un peu le fil, mais GD n'aura pas de mal à rattraper tout ça), peut-être que la difficulté que tu soulèves vient du changement de mentalité aujourd'hui par rapport aux années soixante-dix, où le public avait l'air plus curieux et plus ouvert? (pourquoi, d'ailleurs?) Par ailleurs, si Gilles veut échapper aux étiquettes, ça va être dur de définir une ligne d'illustration "parlante". En effet, si on met l'étiquette "SF" sur un livre, le lecteur, le libraire etc sont bien obligé sde croire que c'est de la sSF (ou assimilé).. si la cover évoque tout et rien, et si en plus on ne voit pas d'étiquette, qu'est-ce qu'il se passe? On revient à la disparition des collections spécialisées, dont parle Gilles (si j'ai compris...)
Oncle Joe
PS: j'espère que tu ne vas pas nous faire trop longtemps le coup ridicule du "club" edwardien... pour ma part, je suis comme Groucho Marx: jamais je n'adhèrerais à un club qui m'accepterait comme membre... hé hé!
Modifié en dernier par Lensman le mer. oct. 21, 2009 12:48 pm, modifié 1 fois.

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 12:47 pm

Don Lorenjy a écrit :]Merci ! Pour un mercredi matin un peu teigneux, ça fait plaisir à lire.

Et ça me donne une question : on connaît des responsables dans de grandes maisons qui travaillent aussi dans de plus petites structures justement pour ce type de satisfaction. Est-ce que c'est ton cas ? Ou est-ce que ça te fait envie ? (on ne parle pas du facteur temps, hein ?)
(Prions pour que mon boss ne passe jamais par ici)

Il y a trois mois, j'étais perdu, ça s'est senti sur les forums, chez moi aussi ; il a fallu que je bosse sur un projet avec Pascal Godbillon (un truc inconciliable, indémaillable) pour qu'à force de triturer des problèmes très concrets, je trouve des lignes de force hors du concret. Et parmi tous les trucs que j'ai formalisés à ce moment-là ; il y a la dichotomie "le lectorat / notre club" (j'adore cette trouvaille de Lem). Notre club, ça claque.
Chez Denoël on me demande maintenant de m'adresser au Lectorat, de faire le plus de titres possibles Grand Public (comme la série de polars historiques de Fabienne Ferrère qui est traduite à l'étranger), car d'une certaine façon beaucoup de verrous ont sauté et le Groupe Gallimard a besoin d'un laboratoire de littératures populaires (appelons ça comme ça).

Et en deux mots ce qu'on m'a demandé à ce moment là c'est d'arrêter de faire des bouquins tirés à 3000 ex pour "notre club". J'ai dit OK mais alors je veux pouvoir les faire ailleurs (j'ai cité La Volte, en pensant Le Bélial'), on m'a répondu "non, tu travailles en exclusivité pour Denoël, à l'exception de ton activité dans Bifrost, et ce n'est pas négociable, sauf si tu fais ça sous un autre nom".
Vous voyez le tableau.
Ma réaction ça été de dire "Ok pour le Grand Public, allons y, mais je veux chez Denoël la possibilité de faire des livres pour le lectorat ET des livres pour notre club" D'où les mutations à venir. Je sais qu'il va y avoir des merdes, des plantages, des "erreurs de programmation", et en même temps, plus j'avance, plus les choses s'éclaircissent pour moi.
Et peut-être parce que c'est Mathias Echenay au commercial, mais je sens que certaines choses que je disais il y a cinq ans et qui étaient alors "refusées en bloc" percolent lentement mais sûrement.

GD

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 12:50 pm

Patrice a écrit :Salut,
mais là URGENCE dix ans de Lunes d'encre à traiter en priorité.
Et l'on imagine Gilles, dans les bureaux de Denoël, armé d'un couteau, d'une pile de tartines et d'un énorme pot de beurre d'anchois, préparant la soirée de Millepages à Vincennes...
Dans le mille !
(Faire de la bouffe pour 70 personnes ça demande un peu de temps et d'énergie)

GD

Avatar du membre
Lensman
Messages : 20391
Enregistré le : mer. janv. 24, 2007 10:46 am

Message par Lensman » mer. oct. 21, 2009 12:51 pm

Sais-tu que tu suis typiquement l'itinéraire d'un personnage van vogtien, Gilles?
Joseph

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 1:00 pm

Lensman a écrit :
GillesDumay a écrit :, c'est un concentré de tout ce que je déteste dans la SF. (Ce qui veut probablement dire que c'est génial, mais bon c'est la vie...)

GD
Ah! tout de même! Je savais bien que tu avais conscience des son véritable génie... Je vais te citer partout, avec la citation tronquée, bien sûr!
Je rebondis, en buvant du café, sur le problème des couvertures.
D'abord, pour dire que je les trouve globalement très réussies, chez Lune d'Encre. Pour Daylon, le chouchou du directeur, je dois dire que celle du "Haut-lieu" est très belle, selon mon goût personnel.
Tu as fait quelques allusions à de l"abstrait" (catégorie dans laquelle je ne placerais pas Daylon, mais on ne va pas se lancer dans ces histoires d'étiquettes très compliquées). Je me souviens que, dans les années soixante-dix, pour la SF (mais pas seulement, très loin de là!), il y avait parfois (souvent, plutôt), pour des collections à tendance "intellectuelles" comme la tienne, des covers, disons, non conventionnelles (pas une illustration figurative "classique", quoi): les A&D de Gérard Klein avec les couvertures métalliques (motifs variés ( il y a aujourd'hui des érudits fous qui les recensent et les étudient de près avec passion), et les taches de couleur de la collection remarquable "Dimension SF" chez Calmann-Lévy, dirigée par le très regretté Robert Louit. Et c'étaient deux collections importantes. apparemment, cela ne posait pas de problème ni aux lecteurs, ni aux éditeurs. Et quand on regardait le reste des collections, on constate une très grande variété de tendance, avec des choses extrêmement différentes et des options opposées. et ça a duré un moment.
Penses-tu, donc, que le goût de TON public est devenu plus primaire? (bon, le terme fait péjoratif pour Manchu, Sorel, etc, que j'adore par ailleurs), mais tu vois ce que je veux dire. On pouvait penser que, depuis toutes ces années d'expérimentations variées, le public avait parfaitement intégré la variation dans l'originalité, les tendances graphiques variées. Quand tu parles de certaines couvertures, on a l'impression que tu éprouves une crainte vis à vis du public (visiblement justifiée par les retours sur les ventes), un peu comme si, dès que c'était autre chose que Manchu ou Sorel, c'est comme si tu proposais d'afficher une scène de partouze dans une église, ou faire une installation d'art contemporain à base de têtes de cochon dans une synagogue ou une mosquée. Tout de même, on n'est plus à l'époque où les impressionnistes faisaient scandale, et la teneur des textes que tu proposes montre que tu t'adresses, pour le moins, à un public dont l'ouverture d'esprit est très large, et un public curieux (on en a parlé).
D'où viendrait ce décalage, que pour ma part je ne m'explique absolument pas?

Et comme les autres camarade, merci pour ta grande patience (ça surprend toujours), ta disponibilité (il n'est pas temps que tu retournes bosser?) et l'intérêt de tes réponses (une des rencontres ActuSF les plus passionnantes, et pourtant il y en a eu d'autres, des bien!)

Joseph
On tourne un peu en rond sur les couvs.
C'est comme le style, on peut faire dans l'approprié ou dans le décalé. Et avoir raison dans les deux cas. Ou tort, d'ailleurs.

Aujourd'hui la pression commerciale est telle (il y a tellement de livres en librairie) que dans une grande boîte on te demande pas de faire joujou, on te demande de faire approprié.
Et je crois même que le mot-clé c'est "efficace".

Ce que j'essaye de faire c'est que le laboratoire de littératures populaires (qui est dans ma tête), se penche sur les textes, mais aussi sur les couvertures. Quand j'écris: " Daylon a dix ans d'avance" je le pense. Il nous amène dans des paysages visuels jamais vus ou presque.
Mais c'est comme les trucs à 3000 ex, faut financer cette recherche. Je la finance avec Manchu et Sorel et d'autres. Et quand Daylon sera à la mode (ce qui arrivera plus vite qu'on ne croit), je lui payerai une bière et je lui dirai passe moi le nom de trois mecs qui ont aujourd'hui dix ans d'avance.

La remarque de Lem sur les couv' où il parle des pulps est parfaite. Sa réponse est bien meilleure que la mienne. Il propose une réponse historique, avec une flèche qui va des racines au présent, alors que moi je parle comme un marchand de tapis.

Je vais continuer à "chercher", mais il faut financer cette recherche. Assurer quelques coups, etc. C'est ce équilibre qui est dur, voire impossible à trouver. Avancer c'est être en déséquilibre un moment, se poser, être en déséquilibre, etc.

GD

Avatar du membre
Daylon
Messages : 269
Enregistré le : mar. oct. 16, 2007 10:55 pm
Contact :

Message par Daylon » mer. oct. 21, 2009 1:12 pm

Cher Kémar,

Un petit mot pour te répondre, je ne pouvais pas décemment laisser passer ceci :
kemar a écrit : De même les couves de Daylon ne passent pas souvent à mon humble avis dés qu'il se rapproche trop de l'iconographie des couvertures policières courantes
Je déteste plus que tout défendre mon beef steak, mais dans la mesure où personne ne peut/veut le faire à ma place, je prends mes aises et je me permets d'ouvrir la parenthèse:
Soit Vélum/Encre (j'exclus Outrage et tous les Moutons Électriques): je me doute que la retouche photo te ressort par les yeux, dans la mesure où ça permet à des imposteurs comme moi de venir te gratter de la part de marché sans lever le petit doigt. Bon, je compatis, la famille, tout ça. Maintenant, sur le style, sur le traitement, je pense que le delta de kitcherie est en photo le même qu'entre les CGs actuels et le dessin des late 70's. Ce n'est par parce que je te vois dessiner que je te rapproche tout de suite des peintures de cabine de camions américains.
Maintenant, je pense qu'aujourd'hui il faut aussi parler à un public dit "adulte". Le dessin, c'est très joli, j'adore ça, mais c'est connoté. Le rendu même d'une image renseigne sur le contenu du livre, ça ne fait pas un pli.
Fond uni et je pense litt gen, roman français, autofiction, nonfiction.
Une photo straight genre Getty et je pense tout de suite à du roman étranger, une grosse locomotive, quelque chose à la mode.
On a aussi le dessin et là, on pense jeunesse, sf, fantasy.
Et entre-deux, on a le fameux gap dont parle Gilles et qu'il faut combler.

Et vendre aujourd'hui de littérature de l'imaginaire à un public attiré par ce qui se fait aujourd'hui chez les nord-américains ou les japonais, ça ne se fera pas avec une image réalisée au brush. Et ça ne dépend pas du niveau du mec derrière.

On en vient à ce que je reproche aux dessinateurs (toi, les autres, tous, vous, là):
1 - La culture: on a un grosse base maintenant de gens plutôt skillés. On le doit à l'Internet, aux ConceptArt et autres CGTalk. C'est très bien. Maintenant, sauf interlude Benjamin, on n'a plus que des suiveurs de James Jean et Wood (je résume), lesquels baignent dans le pulp, dans le cinéma à grand spectacles et les concepts de jeu vidéo.
Ce n'est pas avec ça qu'on va vendre du Lot49.
2 -Second problème: vous avez besoin de sous. Vu que tu parles du Café sans le citer, parlons de l'excellent Ornicar: ce mec a un talent monstrueux. On ne m'aurait jamais demandé de faire des créas si votre "corporation" a la facheuse tendance de prendre le boulot par-dessus la jambe (ce qu'Ornicar a fait, de mon point de vue: des couvs un peu bâclée voire carrément scandaleuse), de ne pas y mettre ses tripes et surtout de livrer tel que le brief fourni sans essayer de voir plus loin que le bout de son nez.
Tu as l'air d'être un vrai lecteur, mais il faut aimer les bouquins sur lesquels on bosse. Perso, en dehors de coups de main filé en catastrophe, je ne bosse jamais sans vraiment connaître le livre sur le bout des doigts. Soit en l'ayant lu ou/et/aussi/surtout en parlant avec l'auteur. Le Haut-Lieu ne ressemblerait pas à ce qu'il est aujourd'hui sans les quelques litres de vin bus avec Serge Lehman.
Il faut aimer les bouquins, mettre de coté ses factures EDF et parfois monter au front, ce que vous (les dessinateurs) ne faites pas. Il faut parfois prendre le risque de foirer une opportunité en or (et je me permets de le dire car j'ai déjà pris ce risque à plusieurs reprises).

Que les gens n'aiment pas le résultat (mes amitiés à Olivier G. à qui j'offrirais des lunettes de soleil pour contempler Encre), je m'en contrebranle. Si je me fiais aux goûts du fandom, j'aurais déjà disparu depuis un sacré bout de temps. Et jei suis assez suffisant pour avoir confiance en mes propres bons goûts.

Enfin, une dernière chose. Je ne peux pas te blâmer pour ça, mais précise quand même quand tu ne postes que tes potes du Café (j'adore le Café même si je n'y poste plus depuis quelques temps et j'adore le taf de Marmotte, mais ça ne change rien), ça se voit un peu.
Le lobbying, c'est bien, mais un petit disclaimer ne donne de l'urticaire à personne.

Bon. Pour rappel, ce n'est pas le sujet du thread (je suis très content que vous parliez de couvs tous les 5 messages, mais sérieusement, aujourd'hui, on s'en branle un peu) (et si tu veux approfondir, Kémar, n'hésite pas à ouvrir un thread ailleurs) je vais faire une crise d'épilepsie si je vois trop de sf.

Sur ce, comme ça m'arrache la gueule de venir poster sur les forums, je m'en retourne chez moi,

D.
PS: Ah et Gilles cite Verdier; c'est le bien, Verdier, oui.
Modifié en dernier par Daylon le mer. oct. 21, 2009 1:18 pm, modifié 1 fois.
Moonmotel ♥ u.

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 1:14 pm

Eric a écrit :Puisqu'on est dans la cuisine éditoriale, tu as la réputation d'être un éditeur plutôt cash dans tes annotations aux auteurs. Est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'avoir des refus d'obstacles, des auteurs qui te disaient "Euh, non, t'es gentil tu me causes pas comme ça, d'abord !" ou des auteurs que ton approche des textes bloque complètement ?
Non, c'est plus subtil que ça la plupart du temps.
L'auteur fait le boulot et ne me repropose jamais rien derrière.
Ou c'est moi qui coupe les ponts, une fois que le boulot est fait.
Un auteur a dit un jour à un libraire : "je vais bosser avec Gilles parce que je vais avoir mal).
C'est clair.
Et il y a des "luttes" qui ne donnent rien.

Je vais être tout à fait clair : "Célia Chazel m'a dit : je ne veux plus bosser avec des amis, c'est trop dur." Moi je ne veux plus bosser qu'avec des amis, parce que c'est trop dur. Ce boulot est trop dur pour en plus avoir des "pénibles" à gérer. Je peux pas dire que ce soit toujours facile ; je crois qu'à un moment Catherine Dufour n'a pas compris que j'étais déjà au maximum sur son bouquin et qu'elle était un auteur dans une collection où y'en a trente, dans une maison où je publie ailleurs qu'en Lunes d'encre. J'ai été lâche j'aurais dû lui dire tout de suite : "Catherine fais-moi confiance, ce qui devait être fait a été fait." et j'ai retardé la mise au point qui n'a pas vraiment eu lieu, puisque c'est un tiers qui est rentré dans le jeu.
Peu importe.
J'ai été maladroit ; elle était inquiète.
Ca fait partie du stress du boulot.
J'adore Catherine, des fois je suis fan raide dingue... Je commence à comprendre comment elle est, je ne dis pas que je la connais bien, mais voilà on s'apprivoise et là où elle veut aller, je vais essayer de l'emmener. Et si j'y arrive pas, si ça le fait pas pour elle, je suis à peu près sûr qu'on se quittera en bons amis, qu'on continuera à boire des coups en parlant de nos enfants.
Les auteurs qui bossent pour moi ne m'appartiennent pas, s'ils ne sont pas heureux, y'a toujours moyen de s'arranger.

GD

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 1:23 pm

Le_navire a écrit :C'est un bonheur, cette interview. Plus ça va, plus j'admire...
Va falloir que ça s'arrête, j'ai beaucoup de mal à assumer mon côté fangirlie, là.
Moi je commence à avoir mal aux yeux...

Je vais me chercher du collyre.

GD

Philémont
Messages : 1
Enregistré le : lun. janv. 21, 2008 4:52 pm

Message par Philémont » mer. oct. 21, 2009 1:23 pm

Bonjour Gilles,
Une petite question d'actualité... Tu viens d'annoncer sur le blog de Lunes d'encre l'arrivée au bureau de Radio Libre Albemuth de Dick, à paraître début novembre. On sait par ailleurs qu'il s'agit d'une "édition définitive". Peux-tu nous en dire plus sur ce caractère "définitif" ?
Et puis, tant qu'on y est, envisages-tu du coup une réédition de la Trilogie Divine dans son ensemble ?
Philémont

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 1:33 pm

Le_navire a écrit :Une question vicelarde, tiens : on te connait pour ton franc parler, et ta manière de ne prendre de gants ni avec les emmerdeurs, ni avec les auteurs. Tu t'es fait quelques ennemis, çà et là, chez les mauvais coucheurs. Apparemment, ça ne t'a jamais empêché de faire ton boulot comme tu l'entendais, avec les résultats qu'on sait. On dit souvent que l'édition, c'est un boulot où le relationnel compte, alors finalement, est-ce que c'est si vrai que ça ? Je veux dire, est-ce que ce faire un boulot impeccable peut, et même doit se passer des compromis qu'on attend généralement du milieu en la matière ?
Je sais pas quoi dire.
J'ai un caractère de cochon ; j'aime bien foutre la merde.
J'ai pas envie de changer (ce qui veut sans doute dire que j'ai pas envie de vieillir).
Je fais peu d'efforts, notamment dans ma façon de m'habiller (des fois je débarque dans le Salon Jaune de Gallimard, c'est un poil folklo).
J'ai une chance incroyable chez Denoël : j'ai un patron qui peut régler tous les problèmes. Il a le carnet d'adresses qui faut ; il a l'art rhétorique nécessaire. Il est très fort dans son genre et putain ! il aime les livres.
Alors quand y'a de la merde dans le ventilo : "Olivier, au secours !"
En fait, les vrais clashs qu'il y a eu en onze ans, c'est toujours entre lui et moi, et toujours pour de bonnes raisons (de mon point de vue). Je suis pas dépensier sur Lunes d'encre, je fais très attention aux notes de frais, aux factures, etc ; mais y'a un moment il faut mettre du pognon sur le table et c'est pas pour rouler des mécaniques, c'est juste parce que sinon t'es "planté". On peut fighter pour ça ; mais son point de vue est toujours intéressant : "Denoël c'est une petite maison, ne l'oublie jamais."

GD

Avatar du membre
AK
Messages : 158
Enregistré le : mar. juil. 04, 2006 7:40 pm

Message par AK » mer. oct. 21, 2009 1:38 pm

Bonjour Gilles,
Que penses-tu de l'état de la critique SF en France (tant sur papier que sur le Net) ?
Est-ce qu'elle répond à tes attentes d'éditeur et/ou de lecteur ?

A.K.
Contains strong violence, pervasive language,
sexual content/nudity and drug use.

GillesDumay
Messages : 654
Enregistré le : sam. oct. 03, 2009 8:30 pm

Message par GillesDumay » mer. oct. 21, 2009 1:49 pm

Leeming a écrit :Je trouve l'illustration de Dociu vraiment chouette.
Je verrais bien des couv' de ce type au Belial ou chez LE.

Gilles,

A la lecture de ces 16 pages, on a l'impression que tu passes près de 15h par jour pour ce travail d'éditeur + les à côté (bifrost, écriture, ...).

On sent bien que les sphères professionnelles et personnelles sont très liées, il y a à la fois passion et travail. Ceci étant, même si ce n'est pas l'essentiel (encore que, il faut pouvoir se payer le mobilhome !), est-ce que financièrement c'est viable ?
Je gagne entre 32 000 et 38 000 euros par an (je ne suis pas salarié). 38 000 euros c'est l'année où j'ai adapté La Cité des Crânes en dramatique radio pour France Culture.
Ca se ventile pour 98% en droits d'auteur (je suis payé en droits d'auteurs chez Denoël, avec un contrat de travail de directeur de collection, en cours de renégociation) et les 2% restant ce sont mes interventions à l'INFL.
C'est très correct.
Je me suis juste un peu planté dans le financement de ma baraque (on a acheté un poil au-dessus de notre budget, on le savait, et les impôt locaux, 200 euros par mois, ça nous tue) et donc je tire la langue depuis un an et demi (je gagne moins car j'écris moins et pas mal de choses que j'ai mises en route, notamment en BD, n'ont pas encore craché le pognon qu'elles devaient).

Ma femme trouve que je suis exploité (régulièrement elle me traite de sale gauchiste mou qui ne se bat pas assez pour son bifteck) ; chaque fois j'essaye de relativiser, mais bon elle compare avec ce que gagnent nos amis (sans parler de mon frère qui n'a pas fait fortune mais presque). Alors bon.

Je ne serais pas contre gagner plus, comme tout le monde. Mais si c'est pour demander plus chez Denoël pour me voir fixés des objectifs impossibles à atteindre, je suis pas sûr d'y gagner au final. Ma situation est "banale".
Et tout à fait viable.

GD

PS : J'oubliais... Cette somme, c'est avant que je paye ma sécu et ma retraite. Après il reste nettement moins ; d'ailleurs nous ne payons quasiment pas d'impôts sur le revenu.
Modifié en dernier par GillesDumay le mer. oct. 21, 2009 5:50 pm, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Lensman
Messages : 20391
Enregistré le : mer. janv. 24, 2007 10:46 am

Message par Lensman » mer. oct. 21, 2009 1:58 pm

Rien compris aux explications de Daylon! Mais il fait de beaux dessins, ce n'est pas grave…
Joseph

Avatar du membre
Daylon
Messages : 269
Enregistré le : mar. oct. 16, 2007 10:55 pm
Contact :

Message par Daylon » mer. oct. 21, 2009 2:01 pm

Lensman a écrit :Rien compris aux explications de Daylon!
Joseph, sache que je m'excuse, je n'ai pas le temps d'écrire mes interventions en klingon.
Moonmotel ♥ u.

Verrouillé

Retourner vers « Gilles Dumay répond à vos questions »