Gilles Dumay online

Gilles Dumay sera l'invité du forum Actusf lundi, mardi et mercredi 19, 20 et 21 octobre

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Mélanie
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Message par Mélanie » lun. oct. 19, 2009 2:56 pm

Est-ce que tu pourrais nous parler de ton travail avec les traducteurs, et notamment des critères qui te font choisir un traducteur particulier pour tel ou tel texte ?
Est-ce que ta vision de ce que doit être une bonne traduction évolue avec le temps et l'expérience ?

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 3:01 pm

Mélanie a écrit :
GillesDumay a écrit :Pas inattendu du tout, au vu de l'aura dont bénéficiait Dragon Rouge, AMHA.
(D'ailleurs, de mémoire, il était sorti en France Loisirs à une époque ou France Loisirs vendaient ce genre de bouquins à coups de dizaines de milliers d'exemplaires).
OK, c'est moi qui m'emmêle les pinceaux. Merci de ta réponse.
J'ai regardé et a priori (les infos sont dures à trouver) il est sorti d'abord chez Albin Michel et ensuite (un an et demi après, mais je me trompe peut-être) chez France-loisirs. En tout cas Albin Michel l'a joué tous réseaux, kiosques de gare et cie, dès le début. C'est pas dans leurs habitudes de faire autrement.

GD

Christopher

Message par Christopher » lun. oct. 19, 2009 3:03 pm

GillesDumay a écrit :
Christopher a écrit :Tant pis si je passe pour un imbécile, il est fort possible que j'en sois un, mais je ne comprends pas comment tu différencies un livre grand public d'un livre de niche. Gardons l'exemple de Vélum, pourquoi est-ce un livre de niche ? Pourquoi ne peut-il pas être un livre Grand Public ?
Vélum c'est le contraire d'un livre grand public : difficile à lire (plus d'ailleurs de par sa construction que par son style), cher (29 euros), obscur par endroits, difficile à pitcher. Impossible à pitcher ?

A comparer avec l'histoire d'une jeune recrue du FBI qui consulte un tueur en série interné à vie afin de retrouver la fille d'une sénatrice, visiblement kidnappée par un autre tueur en série, en liberté.

GD
Donc pour qu'un livre soit grand public, il doit être facile à lire, pas cher, simple et facile à résumer, en moins d'une ligne de préférence. Je commence à comprendre le succès phénoménal de certains livres. Merci pour tes réponses Gilles. J'espère te voir publier encore beaucoup de livres de niche.

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 3:11 pm

Mélanie a écrit :Est-ce que tu pourrais nous parler de ton travail avec les traducteurs, et notamment des critères qui te font choisir un traducteur particulier pour tel ou tel texte ?
Est-ce que ta vision de ce que doit être une bonne traduction évolue avec le temps et l'expérience ?
J'essaye toujours de trouver des paires, une peu comme Mélanie Fazi/Graham Joyce, si tu vois ce que je veux dire.

Patrick Marcel / Barry Hughart
Michelle Charrier / Christopher Priest
Gilles Goullet / Robert Charles Wilson
Florence Dolisi / Hal Duncan
Jean-Daniel Brèque / Lucius Shepard

Mais bon ce n'est pas toujours évident, et un auteur peut changer de style d'un livre à un autre.
Sinon, oui, ma vision de la bonne traduction a évolué. Des gens comme Pierre-Paul Durastanti et Jean-Pierre Pugi ont "oeuvré" en ce sens. Et je les en remercie. J'ai beaucoup appris en bossant avec Michel Pagel.
Je ne suis pas bilingue, je n'ai pas la prétention de l'être, alors la plupart du temps je vérifie avec le traducteur quand j'ai un doute. Et puis on laisse toujours des conneries, c'est rageant, mais c'est comme ça.
J'ai mis longtemps à comprendre que traduire c'est choisir ce qu'on perd, et c'est vrai qu'on ne voudrait rien perdre, mais ce n'est pas possible, tout simplement.
Je trouve que j'ai une bonne équipe (où tu aurais tout à fait ta place, d'ailleurs, à un moment faudra qu'on arrête de se croiser)...
Comme il se doit toutes les conneries sont de moi, tous les bons trucs viennent d'eux.

GD

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Lhisbei
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Message par Lhisbei » lun. oct. 19, 2009 3:13 pm

bonjour Gilles

en terme de promotion ou de ventes (ou d'autres choses) est-ce que Internet a eu un impact pour la collection Lunes d'encre ?

pourquoi avoir ouvert un blog ? plaisir ? mode ? qu'en attends tu ?
Malheureusement, les progrès de la science sont souvent comme une hache dans les mains d’un criminel pathologique - Albert Einstein

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Eric
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Message par Eric » lun. oct. 19, 2009 3:14 pm

Entre ce constat d'une littérature de niche à l'étroit pour l'équilibre financier d'une collection telle que la tienne et cette conviction que tu as que la porosité des genres, est-ce que Retour sur l'Horizon te semble un état des lieux du genre ou plutôt une vision du genre tel que tu voudrais qu'il soit ?
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 3:28 pm

Christopher a écrit :Donc pour qu'un livre soit grand public, il doit être facile à lire, pas cher, simple et facile à résumer, en moins d'une ligne de préférence. Je commence à comprendre le succès phénoménal de certains livres. Merci pour tes réponses Gilles. J'espère te voir publier encore beaucoup de livres de niche.
Mais il y a plein de livres "Grand Public" qui sont formidables (en ce moment je lis John Burdett et je me régale).
L'édition française de Vélum, faut la financer. Sans Spin tu ne finances pas Vélum, et Spin c'est un livre Grand Public, facile à lire, facile à pitcher, qui a largement débordé le lectorat de SF pur et dur.

Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas aimer/lire/publier Vélum et un truc bit-lit de chasseuse de vampires à gros nichons (bon, dans ce cas précis, ils me laisseront jamais faire ça chez Denoël, mais l'exemple est parlant). Personne ne peut lire des trucs du genre de Vélum à jet continu. En tout cas, moi je peux pas. Après 666 pages de Vélum, j'ai besoin d'un bon shoot d'Antivampira 110D.

Donc le problème, c'est bien d'avoir tout en éventails d'outils éditoriaux qui te permettent de publier Vélum et à côté de ça une trilogie de fantasy commerciale ou un truc fun et rock'n'roll à la Mike Mignola. Au jour d'aujourd'hui je ne suis pas "équipé" chez Denoël.

GD

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Travis
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Message par Travis » lun. oct. 19, 2009 3:44 pm

Bonjour Gilles,

Tout d'abord merci (et à toute ton équipe) pour ton travail.

Je me posais la question aujourd'hui du pourquoi dans le domaine du livre n'y a t il pas de baisse des prix sur le grand format? Je sais que le livre passe en poche après quelques années mais est il économiquement possible de baisser les prix sur du grand format une fois le livre passé en poche? (comme par exemple les films en dvd)

Je souhaite à Lunes d'encre encore de belles années évolutives.

Merci à l'équipe d'actu sf de permettre d'avoir ces échanges.

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 3:48 pm

Lhisbei a écrit :bonjour Gilles

en terme de promotion ou de ventes (ou d'autres choses) est-ce que Internet a eu un impact pour la collection Lunes d'encre ?
Bonjour Lhisbei,

Sincèrement je l'ignore...

Tous les ans depuis dix ans (sauf l'année où j'ai eu mon accident cardiaque) je suis au Salon du livre de Paris et je tiens le stand Denoël, avec Véronique Lecler-Barthélémy et Cécile Gateff. D'abord j'aime ça, c'est une évidence, ensuite ça me permet de discuter avec les vrais gens : ceux qui payent les livres, pas ceux qui les reçoivent en service de presse. Une petite partie des gens qui me font vivre.
J'ai besoin de ce contact.
Internet me permet de le maintenir toute l'année. Je crois que je réponds toujours aux questions qu'on me pose sur les forums (sur lesquels je suis), sans noyer le poisson, sans me presser, etc. Et les rares fois où je ne réponds pas, c'est sans doute parce que j'ai la tête sous l'eau.
Quand j'étais gamin, j'ignorais tout du monde des livres et j'aurais eu bien du mal à en savoir plus. Aujourd'hui, en te donnant un tout petit peu la peine, tu as plein d'infos, de contacts. Etc.

En terme de ventes, je ne vois pas comment ça pourrait avoir un réel effet. Les gens sont fans des auteurs et pas des éditeurs (ce qui est normal). Après on peut tenter de faire du buzz, mais quand ça vient de l'éditeur, c'est tout de suite "suspect"... Et ça peut vite devenir contre-productif.
Lhisbei a écrit :pourquoi avoir ouvert un blog ? plaisir ? mode ? qu'en attends tu ?
Parce que je ne me sentais pas de gérer un forum. Quand j'ai le temps j'anime la partie cinéma du forum du Bélial' et ça me prend du temps ; mais quand j'ai pas le temps, je peux décrocher dix jours de suite, personne ne s'en apercevra vraiment. Ouvrir un forum Lunes d'encre (en sachant que je suis tout seul chez Denoël sur cette collection), ben si tu décroches dix jours, le truc peut partir en sucette total.
Le blog c'est facile. Je me lève à 5h00, 6H00 des fois. Je prépare mes messages et je les poste à ce moment-là ou plus tard, depuis le bureau (je ne peux pas faire les messages au bureau, où j'ai un mac qui commence à dater et dont le navigateur n'est pas fan d'Eklablog). Le blog c'est bien pour les dix ans, ça ponctue l'activité promotionnelle, je ne sais pas si je continuerai à le tenir au-delà. Ca va dépendre de ses retombées (si j'arrive à les mesurer).

Je remarque juste que les gens réagissent davantage aux couvertures publiées en avant-première qu'à toutes les autres infos.

GD

systar
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Message par systar » lun. oct. 19, 2009 3:53 pm

Bonjour Gilles,

Velum a été vendu à 3700 exemplaires; on doit pouvoir s'en féliciter.
Pour info, et à titre de comparaison, sais-tu à combien le livre s'est écoulé en VO?

Velum, Encre (que je lis en ce moment, et qui est encore plus fort que Velum), me semblent, comme Pynchon dont tu voulais reprendre l'Arc-en-ciel de la gravité, des livres où il faut accepter de se laisser emporter, de se perdre soi-même, de ne pas tout comprendre (au moins au début). Se laisser submerger, en somme (un peu comme l'expérience que Serge Lehman cite parfois en présentation des nouvelles de Retour sur l'horizon).

Est-ce que le public, et le grand public, en France, a envie de cela, de perdre pied, de se laisser éblouir par des séries de petites épiphanies permanentes dont on ne saisit pas le sens? Quel est ton ressenti sur cet aspect de la lecture, et des goûts du public?


Est-ce que le public SF français n'est pas plutôt un public qui veut se laisser amener au "vertige", à la merveille SF pure, sans perdre les pédales, sans perdre le fil rationnel du récit? (et qui fait qu'on trouve souvent des remarques agacées, ici ou là, sur le côté "foutraque" du roman postmoderne à la Pynchon)

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 4:00 pm

Travis a écrit :Je me posais la question aujourd'hui du pourquoi dans le domaine du livre n'y a t il pas de baisse des prix sur le grand format? Je sais que le livre passe en poche après quelques années mais est il économiquement possible de baisser les prix sur du grand format une fois le livre passé en poche? (comme par exemple les films en dvd)
Les grands formats ne sont pas assez chers en France, un livre qu'on devrait mettre à 42 euros (Le Royaume Blessé de Laurent Kloetzer) on le met à 29 et ainsi de suite. L'anthologie de Serge Lehman est à 25 euros, elle devrait être à 29. Les éditeurs passent leur temps à rogner sur leur marge pour rester compétitifs et le prix du livre n'a guère augmenté quand tout le reste augmentait autour. Regardez les prix d'il y a dix ans et les prix d'aujourd'hui sur la catalogue des dix ans. Comparez ça à votre facture d'électricité par exemple (ou d'essence), ou à vos frais de nourriture mensuels.
Par conséquent, on peut difficilement baisser les prix du grand format. Même en cas de retirage (Le Prestige, par exemple, on n'y est pas arrivé alors que j'espérais qu'on pourrait le mettre à 15 euros).
Je n'ai AUCUN poids sur les prix de vente des Lunes d'encre ; ils sont trop chers, mais je n'y peux rien, car en fait ils ne sont pas assez chers (petits tirages, gros frais de structure, gros frais de correction et, parfois, gros frais de traduction).

GD

PierreM
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Message par PierreM » lun. oct. 19, 2009 4:06 pm

Bonjour Gilles,

J'aurais voulu savoir de quel œil tu vois l'arrivée d'Orbit via Hachette et son organe Calmann Levy sur le marché ces jours-ci. Olivier Girard, dans Bifrost n°55, fait une analyse très pertinente de la balle dans le pied que Bragelonne s'est tirée en lançant Milady, une camarade de ma promotion (je suis en licence pro métiers de l'édition à Aix-en-Provence) qui a fait son stage de DUT chez eux me dit que cette surproduction annuelle est la stratégie adoptée par A. Névant et S. Marsan pour contrer le manque qu'Orbit va logiquement créer dans les futures parutions Bragelonne. Quelle est ton analyse sur ce point?
Dernière chose : je pense postuler pour un stage chez Denoël en 2010, et Lunes d'encre m'attire tout particulièrement, donc autant demander directement à l'intéressé pour savoir si les stagiaires sont acceptés avant de prendre mon téléphone.

Pascal
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Message par Pascal » lun. oct. 19, 2009 4:08 pm

Salut Gilles,

Après 10 ans de Lunes d'encre, tu peux être fier de ce que tu as fait, je crois. Mais est-ce que, des fois, tu te dis pas : "à quoi bon, tout ça ?" C'est vrai, tu lances la plupart des bouquins à la face d'un monde qui n'en veut (à de rares exceptions près) pas, tu fais quasiment tout tout seul, ça te prend un temps et une énergie folle (et tu aimes ça, d'accord), mais... "À quoi bon ?" Jamais ?

GillesDumay
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Message par GillesDumay » lun. oct. 19, 2009 4:14 pm

Eric a écrit :Entre ce constat d'une littérature de niche à l'étroit pour l'équilibre financier d'une collection telle que la tienne et cette conviction que tu as que la porosité des genres, est-ce que Retour sur l'Horizon te semble un état des lieux du genre ou plutôt une vision du genre tel que tu voudrais qu'il soit ?
J'ai envie de renvoyer toutes les questions sur Retour sur l'horizon au principal intéressé : Serge Lehman.
Je ne peux presque que donner mon avis de lecteur : j'ai adoré les textes de Léo Heny et Jérôme Noirez (je le déteste, c'est pure jalousie, c'est pas bien, je sais). J'ai beaucoup aimé les textes de Eric Holstein (tu connais ?), Philippe Curval, Laurent Kloetzer, André Ruellan, j'ai aimé les autres à l'exception du texte de Daylon qui m'éjecte au bout de trois lignes sans espoir de retour, et du texte de Jean-Claude Dunyach (qui plaît beaucoup, par ailleurs) car je n'entre plus du tout dans cette science-fiction là (d'ailleurs je me demande si je ne suis pas allergique au NSO).
C'est une antho de Serge Lehman. Pas une antho de Gilles Dumay et Serge Lehman.

Est-ce un état des lieux ? Sans doute que non. Il manque trop d'auteurs qui comptent, Denis, Lainé, Damasio, Beauverger, Bordage, Ligny, Wagner, Pagel, Ecken, Genefort, Gunzig, Berthelot, Di Rollo et j'en passe.

Est-ce la vision du genre tel que je voudrais qu'il soit ? Non.
Il manque un vrai planet opera sans humains, il manque un vrai texte steampunk, il manque un texte porno, il manque une énigme scientifico-culturelle à la Umberto Eco ou à la Peter Hoeg (ce que n'est pas le texte de Curval), il manque un hommage à Ballard...

GD

nolive
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Message par nolive » lun. oct. 19, 2009 4:18 pm

Salut Gilles,
GillesDumay a écrit :Les gens sont fans des auteurs et pas des éditeurs (ce qui est normal).
je rebondis là-dessus, parce qu'il me semble — en tant que lecteur et en tant que libraire — que justement, en science-fiction (au sens large), l'éditeur, ou en tous cas la ligne éditoriale, fait encore partie des critères de choix pour un certain nombre de lecteurs (et pas seulement les quarante deux gugusses qu'on retrouve sur tous les forums spé).

L'exemple le plus frappant est évidement Bragelonne, qui a tout fait pour attiser le phénomène, mais j'entends régulièrement ce type de remarques au sujet d'éditeurs et de collections moins "actifs" : Ailleurs & demain, le Bélial', Lunes d'encre, la Volte...

D'après toi, est-ce une spécificité de la SFFF ou plus généralement une spécificité des niches éditoriales?

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