Alain Damasio et vous...

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Pete Bondurant
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Re: Lisandro for ever !

Message par Pete Bondurant » mer. oct. 06, 2010 7:39 pm

Alain Damasio a écrit :Sans être emphatique, Lisandro est un joueur qui me touche profondément, je peux regarder un match de Lyon uniquement pour suivre son placement, son pressing, ses appels de balle, ses courses à vide, sa façon d'irriguer la gniaque à ses partenaires. Lisandro est un taiseux, qui ne s'exprime que sur la pelouse, mais ce qu'il dit, nous dit, est très précieux. Son coût, le fait que l'OL soit devenu le fer de lancer du petit capitalisme à la française, qu'Aulas soit un businessman communicant très représentatif de l'époque, ça m'intéresse bien sûr mais ça ne dit rien de Lisandro, de l'aérolithe Lisandro dans ce monde où le footeux n'est qu'une marchandise vivante, très vite péremptée. Grâce à Lisandro, le foot sort de l'écrin de fric qui le sertit et redevient une quête. C'est comme ça que je le ressens.
Et tu noteras qu'il n'est pas le seul à Lyon à incarner cet état d'esprit. On pourrait citer Toulalan, à un poste que tu connais, et bientôt Gourcuff, quand il sortira de dépression. Mais je suis aussi un amoureux exclusif, aux haines bien établies ; la seule vue du maillot de l'OL m'empêche d'éprouver la moindre empathie pour les joueurs - bien que je souscrive à tous tes critères, et enrage en silence de ne posséder aucun équivalent.

Nous en reparlerons sans doute, un jour prochain.

Pete Bondurant
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Message par Pete Bondurant » mer. oct. 06, 2010 7:44 pm

Alain Damasio a écrit :
D'ailleurs, votre nouvelle est-elle bien dans le sujet ?
C'est une vraie question… Pour moi, elle est complètement dans le sujet en ce sens que l'enfer que je décris est un enfer technophile : technococon, feedbacks incessants, sécuritarisme (comme c'est près de sectarisme…), avec ces parents obnubilés par la protection de leur fille… Mais le traitement est très métaphorique et j'essaie de dissoudre la techno dans l'organique, d'en restituer les sensations masquées derrière l'écran lisse.
Ah çà, on ne peut pas se tromper, c'est du Damasio dans le texte. S'il n'y a pas une petite nomination aux razzies en décembre, je ne m'appelle plus Pete Bondurant :)

systar
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Message par systar » mer. oct. 06, 2010 7:46 pm

Salut Alain,

quelques petites questions, sans lien entre elles...

Lisandro semble avoir remplacé dans ton Olympe du foot Steven Gerrard, mais j'ai l'impression que les critères d'élection n'ont pas beaucoup changé... si?

Est-ce que si tu avais été dans le bus de Knysna, en juin, tu en serais descendu? (note que je passe là aux questions sérieuses et décisives, celles que tu ne peux pas contourner)

Qu'est-ce que tu as lu récemment, de sympa, en fiction, et en essais? Qu'en as-tu retiré, pour toi, dans l'absolu, et pour ta pratique d'écrivain?

Est-ce que, après avoir réussi à communiquer à de nombreux lecteurs l'amour du "lien", de la relation vive, par La Horde du Contrevent, tu ne procèdes pas désormais à la mise en garde symétrique, ou inverse, notamment dans tout ce que tu dis sur l'usage des nouvelles technologies? Mettre en garde les gens contre l'interconnexion totale (et illusoire), la démultiplication des liens sociaux et des preuves d'existence de ceux-ci (le sms, les tchats alors qu'on s'est vu il y a 5 minutes ou qu'on va se voir dans un quart d'heure, etc.) qui devient une manière d'affirmer tous notre pouvoir sur tous (réponds-moi dans la minute par mail ou sur Facebook, etc.), les encourager à se ré-isoler, à se ménager des moments de solitude?
Comment perçois-tu l'évolution de tes propres convictions sur toutes ces questions? Tout découle logiquement des premières intuitions que tu avais à l'époque de la Zone, ou bien as-tu eu une réelle évolution, des changements dans tes convictions? si oui, à la faveur de quels événements, de quelles lectures se sont-ils produits?

Pete Bondurant
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Message par Pete Bondurant » mer. oct. 06, 2010 7:55 pm

Pete Bondurant a écrit : Ah çà, on ne peut pas se tromper, c'est du Damasio dans le texte. S'il n'y a pas une petite nomination aux razzies en décembre, je ne m'appelle plus Pete Bondurant :)
Enfin, je dis ça parce que je connais un peu le goût des jurés, ce n'est pas opinion personnelle...

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Lune
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Message par Lune » mer. oct. 06, 2010 8:00 pm

Alain Damasio a écrit : des groupes comme Muse, Placebo, Coldplay, Noir Désir.
ça + Depeche Mode, il ne manque que U2 dans ta liste, mais personne n'est parfait ;-)
(Et je ne vois pas en quoi ça casse le mythe pour Pete Bondurant, chacun ses goûts ! Muse ça envoie du pâté en concert !)
Ce n'est pas parce que je dis n'importe quoi que j'ai tort.

ElGato
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Message par ElGato » mer. oct. 06, 2010 8:27 pm

Salut à toi Alain !

D'abord, encore merci pour la Horde...Et te prends pas trop le chou pour le suivant, va - pas que je m'en foute, mais la Horde fait parti de ces rares bouquins où j'arrive toujours à trouver quelque chose, après autant de lectures. En ce qui me concerne j'ai donc de quoi m'occuper !

Sur ce livre lui-même, une petite question : est-ce que tu n'as jamais été tenté de développer plus le personnage de Silamphre - enfin, son côté "musical" ? Dans un monde avec autant de vent, l'idée d'un type qui bricole des instruments à vents, des carillons, des ...machins, ça avait de la gueule - c'est esquissé çà et là d'ailleurs.


Sinon, je me suis posé la question en lisant les bouquins de ce bon vieux Fédor, savoir si tu n'avais pas eu de l'inspiration chez Dostoïevski, surtout la manière d'écrire l'oral : les monologues, les imprécations, la syntaxe même, enfin cet espèce de fièvre qu'on retrouve dans les dialogues de tes deux romans ?


Enfin...À quelques exceptions près, le travail d'écriture dans un jeu vidéo oscille entre le mauvais et le pas terrible : scénarios bateaux et plats, dialogues pourris. Est-ce que c'est suite à ce genre de constatation que tu t'y es attelé, ou c'est plus un concours de circonstances ? Voire, soyons fous, tu trouves que c'est pas si terrible que ça et qu'il y a de bonnes choses (lesquelles ?!)


Bonne soirée à toi !

Alain Damasio
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Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 8:42 pm

systar a écrit :Salut Alain,

quelques petites questions, sans lien entre elles...

Lisandro semble avoir remplacé dans ton Olympe du foot Steven Gerrard, mais j'ai l'impression que les critères d'élection n'ont pas beaucoup changé... si?

Est-ce que si tu avais été dans le bus de Knysna, en juin, tu en serais descendu? (note que je passe là aux questions sérieuses et décisives, celles que tu ne peux pas contourner)

Qu'est-ce que tu as lu récemment, de sympa, en fiction, et en essais? Qu'en as-tu retiré, pour toi, dans l'absolu, et pour ta pratique d'écrivain?
Aie, je suis mort, les vacances viennent d'être sifflées, Systar revient dans la partie !

Salut Systar,

Heureusement, tu démarres doucement…

Pour le foot, Steven Gerrard, Gattuso, Lisandro, oui, c'est un peu mon Olympe : engagement total, tripe, esprit d'équipe inné. Je les mettrais dans la Horde, si j'étais Dieu (ou José Mourinho).

Pour le bus de Knysna, j'aime répondre à ça sérieusement : c'était au fond la compétition de trois liens : celui des joueurs entre eux, défendant l'indéfendable Anelka, et celui des joueurs à leur métier et à leur public (l'honneur du maillot ?), qui exige qu'on s'entraîne, a minima, pour espérer bien jouer. Ce qui est intéressant, c'est que le lien le plus abstrait, le plus médié, celui des joueurs avec leur public, qui devient évanescent à force de bulle hotelière et de repli, a été parfaitement impuissant face à l'esprit de corps, aussi buté et inepte était-il, ici, parce que défendre un type qui insulte le seul entraîneur qui lui ait jamais fait confiance en équipe de France, c'est stupide.
Il y avait pourtant quelque chose de juste dans cette grève, quelque chose d'intéressant dans la reprise en main de leur destin par les joueurs (ce sont de pures marchandises sur l'un des plus purs marchés capitalistes qui soit, extrêmement fluide, sans viscosité aucune, où le licenciement sec a lieu tous les trois jours et où la valeur marchande est reconsidéré à chaque mercato), quelque chose qui aurait pu être beau si par exemple ils avaient décidé de s'entraîner eux-mêmes ou de former eux-mêmes leur équipe, en autogestion, ou de lire au moins eux-mêmes leurs revendications ou l'affirmation d'une identité collective, rêvons : de valeurs, fut-elle contre la FFF ou Domenech. Évidemment, il n'y a rien eu de tout ça donc c'était juste pathétique !
Alors oui, je serais descendu du bus, si ça a un sens de dire ça, tout comme on se dit, sans jamais avoir connu la guerre : j'aurais été résistant dans le Vercors ! C'est toujours facile et ça ne mange pas de pain. Je comprends ceux qui ont fait corps, pour l'équipe, tout en n'étant pas d'accord. Bref, tout ça prouve un grégarisme ordinaire, renforcé chez les footeux par la bulle de confort, de surfric et d'assistanat dans laquelle ils évoluent. Excusez la digression !

Pour les lectures, je lis Léo henry et Jacques Mucchielli, Bara Yogoï, la suite de Yama Loka et j'en retire certaines techniques de récit (le récit indirect rapporté par un personnage qui en sait peu, donc flou, incertain, très intéressant pour sa faculté d'évocation) et des fulgurances de style, notamment sur l'argot cassé, une sorte de jargon zyva réinventé, c'est précieux pour moi quand je suis surpris, quand la syntaxe ou l'image casse, prend un angle, c'est le plus difficile à faire, c'est la vie propre du style : le pont est lancé, l'œil part et anticipe et au milieu du pont, ça se brise, ça saute sur une passerelle puis ça plonge dans le fleuve ou remonte, ou se prend la berge de face. Léo et Jacques savent faire ça (Jess + Tom = amour), comme Volodine. Ça me nourrit.
Je lis aussi le Tiqqun ("Tout a failli, vive le communisme !" mais c'est uniquement pour t'emmerder ! :lol: :lol:
Mine de rien, ça me renvoie à la zone du dehors et aux questionnements de la zone, traversés par des gens qui ont beaucoup lu Foucault et Deleuze, comme moi, mais qui l'utilisent autrement. C'est très français, très intello, très de gauche, et pourtant il y a un souffle neuf parce que la culture historique des luttes y est (qui permet le dépassement, pas la redite) et qu'ils esquissent une vraie tentative d'aller au-delà, de poser les enjeux du XXIe. Bien sûr, c'est inégal, écriture collective oblige mais il y a de très beaux passages, des éclairs même. La nécessité de s'absenter. Le Parti Imaginaire, l'incapacité à forger du commun, la fuite et la haine du commun, même. Ça m'énerve, m'enchante, me fait marrer, me blase, bref, ça m'intéresse.

Et j'ai attaqué la philosophie de l'argent de Simmel, j'en attends beaucoup ! J'aime l'esprit polymorphe de Simmel, son approche croisée.

JmZ
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Re: Heu, ça commence ?

Message par JmZ » mer. oct. 06, 2010 8:47 pm

Alain Damasio a écrit :Je trouve le space opera très difficile à aborder aujourd'hui, beaucoup a été écrit et renouveler ce genre me semble épineux.
Iain M. Banks et Peter F. Hamilton accomplissent cette tâche depuis plusieurs années à merveille.
Alain Damasio a écrit :j'ai été surpris par le succès du livre et je continue de l'être
Sincèrement, La Horde est une référence en matière de sf française, un des rares qui se hisse au niveau de la production anglo-saxonne (qui plus est, sans se pseudo "littéraliser'). En tout cas le seul qui a ce que là-bas, ils appellent le sense of wonder.

Par exemple, la fin de La Horde - ou du moins, le fonctionnement du monde - est prévisible (vu le temps qu'ils marchent, c'était la seule solution) mais vraiment bien menée (je pense à Golgoth). La chute, pour ainsi dire, est excellente !

Mais à quand le film ?!!! ,-)

Au plaisir de te relire.
Romans & nouvelles, sf, anticipation & post-apocalyptique : http://stores.lulu.com/st_jmz

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Ant
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El levir et politique

Message par Ant » mer. oct. 06, 2010 8:47 pm

Bonsoir Alain,
J'ai lu La zone..., La horde...et El levir. J'ai aimé les trois. Mais je n'y connais rien en philo. Alors je voulais savoir s'il y a avait de la philo derrière El levir et si oui quoi ?
Deuxième question : tu es engagé politiquement, n'as-tu pas l'impression qu'il y aurait plein de moyens plus efficaces que de travailler dans la sf pour avoir un impact politique ?

Ant

Alain Damasio
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Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 8:51 pm

ElGato a écrit :Salut à toi Alain !
Sur ce livre lui-même, une petite question : est-ce que tu n'as jamais été tenté de développer plus le personnage de Silamphre - enfin, son côté "musical" ? Dans un monde avec autant de vent, l'idée d'un type qui bricole des instruments à vents, des carillons, des ...machins, ça avait de la gueule - c'est esquissé çà et là d'ailleurs.
Salut le chat,

Si, Silamphre aurait pu, du, avoir plus de présence et d'ampleur et je lui ai ajouté des scènes à la fin d'ailleurs (une scène où il raconte avoir vu un homme dans un vieux fauteuil de cuir qui écoutait le son) mais voilà : certains personnages s'imposent, d'autres glissent et tu n'y peux pas grand-chose une fois le roman lancé. Tous les écrivains te le diront : il existe une sorte d'autonomie croissante des personnages qui fait qu'à partir de six-huit mois d'écriture, ils se détachent de ta pensée consciente et directive et s'imposent d'eux-mêmes à toi : c'est eux qui parlent, agissent, décident, toi tu les accompagnes. Silamphre meurt dans Norska mais son vif est récupéré par Aoi qui le restituera à Sov qui ramènera Silamphre par le son (tome 2). À vrai dire, Silamphre ouvre une piste que je déploierais largement dans les Furtifs, à savoir l'autonomie vitale du son, le son pur comme animal vivant.
Et tout ça en écoutant Muse et Placebo, c'est à pleurer ! :roll:

Alain Damasio
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Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 9:09 pm

ElGato a écrit : Sinon, je me suis posé la question en lisant les bouquins de ce bon vieux Fédor, savoir si tu n'avais pas eu de l'inspiration chez Dostoïevski, surtout la manière d'écrire l'oral : les monologues, les imprécations, la syntaxe même, enfin cet espèce de fièvre qu'on retrouve dans les dialogues de tes deux romans ?


Enfin...À quelques exceptions près, le travail d'écriture dans un jeu vidéo oscille entre le mauvais et le pas terrible : scénarios bateaux et plats, dialogues pourris. Est-ce que c'est suite à ce genre de constatation que tu t'y es attelé, ou c'est plus un concours de circonstances ? Voire, soyons fous, tu trouves que c'est pas si terrible que ça et qu'il y a de bonnes choses (lesquelles ?!)
Deuxième mi-temps : De Dostoïevsky, je n'ai lu que l'Idiot et j'en suis resté impressionné par la fièvre, oui, l'espèce de transe continue qu'on y sent, qui vient d'une écriture en coulée, très habitée, sans rupture, d'un seul tenant. C'est très dur à tenir sur des pages et Fédor a une énergie démentielle car on sent la poussée presque toujours, la poussée sentimentale, qui charrie des tonnes d'affects et de rapports humains vécus, c'est nourri au réel avec une psychologie de l'humain, comme l'avait vu Nietzsche, tout simplement hors norme, mediumnique. Comme s'il se baladait avec un scanner à émotion et qu'il traversait absolument tout : enfant, femme, vieille, idiot, fous. Maintenant, est-ce que ça a influencé la Horde ? Non, parce que je l'ai lu il y a trois ans, mais ça influencera d'autres choses. Tous les grands influencent, il faut les lire à petites doses, ce sont des drogues fortes et se concentrer sur un trait ou deux. Chez Dosto : la longueur de coulée et la faculté à embarquer, chopper ça.


Modération on
Contenu supprimé à la demande d'Alain Damasio. (Il concernait le jeu vidéo sur lequel il a travaillé).
Modération off

Schumpfie
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Message par Schumpfie » mer. oct. 06, 2010 9:15 pm

[c'est un livre difficile à lire, avec une syntaxe parfois complexe, un lexique exigeant, aucune rampe d'accès, une entame qui ne facilite rien. Bref, c'est pas du easy-reading, quoi !!
Cher Alain,
Comme vous dites, La Horde est un livre qui demande un certain travail de la part du lecteur, mais je voulais juste vous laissez savoir que même si je suis anglaise, je prend énormément de plaisir a le lire ! :D Il me reste encore 200 pages a peu près, et j'ai peur que ça se passera trop vite !

Cela dit, j'aimerais bien savoir si vous avez prévu de sortir une traduction, parce que j'ai peur que je loupe quelques subtilités en lisant dans une langue qui n'est pas ma langue maternelle.

Et deuxième question, est-ce que vous avez des autres livres français a me conseiller ? Des livres que vous avez trouvé complètement bouleversant par exemple ?

Je vous remercie de ma petite île,

Schumpfie

Alain Damasio
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Re: Heu, ça commence ?

Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 9:16 pm

JmZ a écrit :
Alain Damasio a écrit :Je trouve le space opera très difficile à aborder aujourd'hui, beaucoup a été écrit et renouveler ce genre me semble épineux.
Iain M. Banks et Peter F. Hamilton accomplissent cette tâche depuis plusieurs années à merveille.
Oui, désolé d'affirmer des conneries sur le Space Op, je ne lis pas d'auteurs contemporains dans le domaine. J'ai juste la sensation que la matière de nos sociétés est telle qu'elle nécessite que la Sf s'y centre et tente d'offrir une clarté sur l'époque. Dantec a vrillé mais il laissait augurer ça. D'autres s'y attellent, par fragments - et pourquoi pas à travers le Space Op ?

Alain Damasio
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Re: El levir et politique

Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 9:21 pm

Ant a écrit :Bonsoir Alain,
J'ai lu La zone..., La horde...et El levir. J'ai aimé les trois. Mais je n'y connais rien en philo. Alors je voulais savoir s'il y a avait de la philo derrière El levir et si oui quoi ?
Deuxième question : tu es engagé politiquement, n'as-tu pas l'impression qu'il y aurait plein de moyens plus efficaces que de travailler dans la sf pour avoir un impact politique ?

Ant
Salut Ant,

De la philo derrière El Levir ? Ou dedans ? Ou derrière ? Peut-être en dessous ou à côté ? Non, ce n'est pas une nouvelle que j'ai construite en partant d'un concept, contrairement à beaucoup d'autres. C'était une poussée de conte, de conte épique, pas réfléchie.

Pour la politique, je pense qu'on utilise toujours l'arme qui nous est la plus propre. Moi c'est l'écriture de fiction, c'est là que je peux dire ce que je veux faire passer, l'incarner, le rendre vivant. Je suis un piètre militant, je m'ennuie souvent en manif, mais écrire, oui, je peux apporter mon énergie et mon impact à travers. Et en montant des projets. Et en parlant parfois.

Alain Damasio
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Message par Alain Damasio » mer. oct. 06, 2010 9:27 pm

Schumpfie a écrit : Cela dit, j'aimerais bien savoir si vous avez prévu de sortir une traduction, parce que j'ai peur que je loupe quelques subtilités en lisant dans une langue qui n'est pas ma langue maternelle.

Et deuxième question, est-ce que vous avez des autres livres français a me conseiller ? Des livres que vous avez trouvé complètement bouleversant par exemple ?
Salut Schumpfie (c'est un nom elfe ?),

J'espère une traduction anglaise un jour mais pour l'instant, aucun éditeur anglophone n'a osé s'y atteler.
Pour les livres français, sachez que je suis un très minime lecteur et que je lis essentiellement de la philosophie : je vous conseille Deleuze par-dessus tout, il m'a énormément apporté (il est traduit en anglais intégralement je pense). Sinon, en imaginaire, j'aime beaucoup Antoine Volodine et en Sf française, j'avoue que je prends beaucoup de plaisir à lire les nouvelles de Serge Lehman, qui présente un très bel équilibre entre spéculation, maturité psychologique, conduite de récit et imaginaire riche.

Verrouillé

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