Ayerdhal répond à vos questions

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Ayerdhal
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Message par Ayerdhal » jeu. juin 16, 2011 9:44 am

Lem a écrit :
Ayerdhal a écrit :C'est inénarrable, mais si Serge se sent...
C'est toi la tête de gondole aujourd'hui, alors je donne juste l'équation de base :

Yal + Lem en 1994
+
table en terrasse du côté de Jussieu
+
Deux bières s'il vous plaît
+
– Dis donc, j'en ai un peu marre de tous ces critiques qui trouvent super la sf quand elle est publiée sans étiquette.
– Ouais.
– Mais qui refusent d'ouvrir un bouquin dès qu'il est étiqueté.
– Connards.
– Ce qu'on devrait faire, c'est une antho qui rassemble tout le monde.
– Ouais, tout le monde pareil !
– Bon, ben on va la faire.
– D'accord. Qui la fait ?
– Et chez qui ?
– Ben, toi, puisque t'es chez J'ai Lu.
– C'est réglé. On fête ça ?
+
Deux autres bières s'il vous plaît.
+
Auteurs étiquetés font le boulot.
+
Auteurs non-étiquetés ne font pas le boulot sauf un.
+
Titre = Génèses chez J'ai Lu
+
Fleuve Noir = pas contents / rivaux / nous aussi on veut = "Lem, tu ferais pas une antho française en grand format ?"
+
Coup de fil secret Lem / Yal hiver 96 = "Tout-se-passe-selon-le-plan"
+
Coup de fil officiel de Sadoul à Lem = "J'apprends que tu fais une antho aussi mais c'est trop tard mon jeune ami, tu vas te planter, dans l'histoire de la SFF, il ne peut y avoir qu'un bouquin comme ça par génération et tous les imitateurs se plantent, c'est prouvé."
+
Ha ha ha rétrospectif
+
Titre = Escales sur l'horizon au Fleuve Noir
+
Ventes inespérées des deux = Fleuve en demande d'autres à Lem = "Et si on faisait un annuel et que l'anthologiste change chaque année, hein ? Et si attaquait le fantastique et la fantasy ?"
+
Coup de fil secret Yal / Lem hiver 98 = "Le-plan-est-accompli"
– Tu reprends quelque chose pour fêter ça ?
Conspiration certifiée authentique par plusieurs brasseurs français (aujourd'hui, comme nous sommes milliardaires, les brasseurs seraient belges).

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Roland C. Wagner
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Message par Roland C. Wagner » jeu. juin 16, 2011 9:51 am

Lem a écrit :Ventes inespérées des deux
Je me souviens d'un certain Serge Lehman qui, à l'époque, n'employait pas du tout le terme « inespéré », bien au contraire.
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Lem

Message par Lem » jeu. juin 16, 2011 10:43 am

"Les Pionniers de l'inespérance", ça a pourtant une certaine allure.

Et du coup, je me dis, Yal, que ton idée d'antho de novellas en cinq volumes a toutes les chances d'aboutir.

Ayerdhal
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Message par Ayerdhal » jeu. juin 16, 2011 11:08 am

Lem a écrit :Et du coup, je me dis, Yal, que ton idée d'antho de novellas en cinq volumes a toutes les chances d'aboutir.
Possible. Après tout c'est le moins dingue de mes projets, littéraires ou annexes.

Crapougnette
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Message par Crapougnette » jeu. juin 16, 2011 11:20 am

Salut Yal. Merci d'être là. Et n'oublie pas qu'on est plusieurs à avoir envie - non, à avoir besoin - d'inventer une utopie, surtout collective. Et puis les novellas, c'est chouette.
Sylvie

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Roland C. Wagner
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Message par Roland C. Wagner » jeu. juin 16, 2011 11:28 am

Je vais employer une expression que je n'aime pas, mais mon souci de l''exactitude factuelle et historique m'y oblige.

Yal, dans la deuxième moitié des années 1990, tu étais considéré comme le « chef de file » de la jeune génération d'auteurs français apparue au début de la décennie — les Genefort, Lehman, Bordage, etc. Comment l'as-tu vécu ? As-tu eu à un moment l'impression que cela t'investissait d'une quelconque responsabilité vis-à-vis de tes confrères ? Et quel regard jettes-tu aujourd'hui sur cette fin de siècle ?
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dracosolis
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Message par dracosolis » jeu. juin 16, 2011 11:29 am

Tu sais Sylvie, les utopies pas collectives, c'est la chambre d'hôtel quatre étoiles pas trop loin du festival, c'est sympatoche mais pas indispensable^^

sinon oui je souscris à deux mains, à deux pieds, à deux... oreilles et j'attends avec impatience de lire les cinq tomes :D
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Roland C. Wagner
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Message par Roland C. Wagner » jeu. juin 16, 2011 11:29 am

Crapougnette a écrit :Salut Yal. Merci d'être là. Et n'oublie pas qu'on est plusieurs à avoir envie - non, à avoir besoin - d'inventer une utopie, surtout collective. Et puis les novellas, c'est chouette.
Sylvie
Pas mieux.
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Ayerdhal
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Message par Ayerdhal » jeu. juin 16, 2011 11:31 am

Crapougnette a écrit :n'oublie pas qu'on est plusieurs à avoir envie - non, à avoir besoin - d'inventer une utopie, surtout collective. Et puis les novellas, c'est chouette.
Pour l'envie, je ne sais pas, mais en ce qui concerne le besoin, je ne crois pas trop m'avancer en prétendant que nous frisons les sept milliards...
Les novellas, c'est plus que chouette, mais c'est de publication difficile (demande à Jérôme).

theefer
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Message par theefer » jeu. juin 16, 2011 11:35 am

Ayerdhal a écrit :Quels sont les acteurs incontournables du livre numérique ?
L'auteur (traducteur inclus pour les ouvrages étrangers), l'editor (celui qui fait l'editing et la mise en forme) et le vendeur (plateforme ou autre), auxquels il faut ajouter un éventuel designer (terme à la con pour regrouper le maquettiste et l'illustrateur).
Est-ce qu'il ne faut pas aussi réserver une place dans cette liste pour les plateformes de distribution (Amazon, Apple iBooks, Google Books, Fnac, etc.) ? Ou est-ce que vous comptez vous en passez, en acceptant de passer à côté d'une grosse partie du marché (notamment toute la vente directe vers iPad et Kindle) ? Sachant, bien sûr, que ces plateformes prélèvent un copieux pourcentage (30% sauf erreur)...

L'autre éventuel ajout que je verrais, c'est le programmeur, soit l'acteur qui remplace l'imprimeur (qui devient "compilateur" ?) et le distributeur et qui développe et entretient les outils qui produisent les ebooks en différents formats à partir de ce que l'éditor et le designer ont créé et les mettent en ligne sur les plateformes de vente. A moins de tout faire à la main, ce qui est ingérable sur un grand nombre de titre, il y a tout un travail à automatiser au maximum — je le sais parce que je l'ai fait pour Angle Mort, et je ne pense pas que Clément Bourgoin me contredira.
Sébastien Cevey
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Message par Ayerdhal » jeu. juin 16, 2011 12:17 pm

Roland C. Wagner a écrit :Yal, dans la deuxième moitié des années 1990, tu étais considéré comme le « chef de file » de la jeune génération d'auteurs français apparue au début de la décennie — les Genefort, Lehman, Bordage, etc. Comment l'as-tu vécu ? As-tu eu à un moment l'impression que cela t'investissait d'une quelconque responsabilité vis-à-vis de tes confrères ? Et quel regard jettes-tu aujourd'hui sur cette fin de siècle ?
Quelles ont été courtes ces trente glorieuses d'une toute petite décennie ! Et les glorioles avec. Car c'est tout ce qu'elles nous ont laissé : un peu de vanité pour occulter les lendemains qui déchantent. La SF est partie avec l'eau du bain, quand les financiers des transnationales, qui ont racheté les éditeurs français, ont relevé leurs exigences de rentabilité, d'abord collection par collection, puis titre par titre. Les collections "historiques" ont disparu ou changé de main. Les laboratoires qui permettaient de se faire la plume ont été fermés. D'autres genres se sont installés dans la niche à l'abandon qui, à leur tour, connaîtront leur déclin pendant qu'un autre genre se repaîtra de leurs cendres, peut-être la SF de nouveau, si j'en crois le frémissement qui chatouille les lecteurs grâce, entre autres, au formidable boulot de L'Atalante qui, en moins d'un an, aura plus que doublé le nombre d'excellents ouvrages francophones de ce début de siècle. Bref.
Je n'ai jamais aimé être le chef de file de quoi que ce soit, alors celui de la génération montante de la SF française... beurk. Par contre, à défaut de me sentir investi d'une responsabilité, je me suis senti d'une solidarité avec les auteurs qui m'interdisait de ne pas ouvrir en grand les portes qu'on m'entrebâillait. C'est pour ça que, bien avant de fomenter Genèses dans un bar de Jussieu, j'ai fourni une pile de bouquins d'auteurs francophones à Marion Mazauric, et que l'enthousiasme de celle-ci à la lecture des Genefort, Dunyach, Lehman, Bordage, Ligny, Wagner (tu connais, je crois) et d'autres lui a petit à petit permis d'en publier la plupart et de convaincre sa direction de créer Millénaires. Après...

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Message par Jean-Claude Dunyach » jeu. juin 16, 2011 12:26 pm

Roland C. Wagner a écrit :Yal, dans la deuxième moitié des années 1990, tu étais considéré comme le « chef de file » de la jeune génération d'auteurs français apparue au début de la décennie — les Genefort, Lehman, Bordage, etc. Comment l'as-tu vécu ? As-tu eu à un moment l'impression que cela t'investissait d'une quelconque responsabilité vis-à-vis de tes confrères ? Et quel regard jettes-tu aujourd'hui sur cette fin de siècle ?
Marrant, ça. Je n'ai jamais connu le "chef de file" et pourtant je me flatte d'avoir fréquenté un brin l'Ayerdhal de service. Par contre, ce faisant, j'ai rencontré souvent le passeur, celui qui se battait pour le genre, pour les écrivains qu'il jugeait indispensable. Quelqu'un qui montait des projets et qui en réalisait pas mal, mine de rien. Quelqu'un qui impulsait des trucs et des machins, genre "Le droit du serf", etc. Quelqu'un dont la contribution au genre passait par l'agitation permanente, l'enthousiasme, le relevage de manches et les cals aux mains pour que les choses fonctionnent mieux. Ou fonctionnent, tout court.
Je ne vais pas me lancer dans le panégyrique, ce n'est pas le lieu et il est l'heure de boire un coup, de toute façon. Mais Ayerdhal, ce n'est pas une statue, c'est plutôt quelqu'un qui pisse contre. C'est aussi pour ça que je l'aime.
Je compte pour 1. Comme chacun de vous...
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Message par Clément » jeu. juin 16, 2011 12:30 pm

theefer a écrit :L'autre éventuel ajout que je verrais, c'est le programmeur, soit l'acteur qui remplace l'imprimeur (qui devient "compilateur" ?) et le distributeur et qui développe et entretient les outils qui produisent les ebooks en différents formats à partir de ce que l'éditor et le designer ont créé et les mettent en ligne sur les plateformes de vente. A moins de tout faire à la main, ce qui est ingérable sur un grand nombre de titre, il y a tout un travail à automatiser au maximum — je le sais parce que je l'ai fait pour Angle Mort, et je ne pense pas que Clément Bourgoin me contredira.
Il y a pas mal d'outils gratuits qui permettent de créer des fichiers ePub à partir de Word ou autre, mais rien de convaincant à ma connaissance, du coup, je fais à la main aussi. Bien sûr, aujourd'hui, n'importe qui peut fabriquer un ePub mais pour moi c'est comme faire imprimer et relier un livre chez Copytop et se dire éditeur. Au Bélial', nous prenons particulièrement soin de la fabrication de nos livres papiers (dos cousu, etc.) et à mon sens, cette attention doit se retrouver aussi dans le numérique. Donc pas d'ePub en trois clics de chez Calibre... Evidemment, le média étant totalement nouveau, peu de gens s'en rendent compte et ça donne lieu à pas mal d'abus.

Yal, une question qui n'a pas encore (sauf erreur) eu de réponse : votre coop aura-t-elle une ligne éditoriale (autre que "SF" ?). Y'aura-t-il une sélection et des critères de publication ou suffira-t-il que le livre ait été publié une première fois ? La coop sera-t-elle un simple intermédiaire entre l'auteur et les plateformes ou un "label" qui fera la promotion de ses auteurs ? En clair, à quel maillon de la chaine du livre papier se substituera-t-elle exactement ?
Are you my mummy ?

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Roland C. Wagner
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Message par Roland C. Wagner » jeu. juin 16, 2011 12:32 pm

Ayerdhal a écrit :Je n'ai jamais aimé être le chef de file de quoi que ce soit, alors celui de la génération montante de la SF française... beurk.
Ça, je sais bien.

On est deux, camarade.
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Message par Ayerdhal » jeu. juin 16, 2011 12:34 pm

theefer a écrit :
Ayerdhal a écrit :Quels sont les acteurs incontournables du livre numérique ? L'auteur (traducteur inclus pour les ouvrages étrangers), l'editor (celui qui fait l'editing et la mise en forme) et le vendeur (plateforme ou autre), auxquels il faut ajouter un éventuel designer (terme à la con pour regrouper le maquettiste et l'illustrateur).
Est-ce qu'il ne faut pas aussi réserver une place dans cette liste pour les plateformes de distribution (Amazon, Apple iBooks, Google Books, Fnac, etc.) ? Ou est-ce que vous comptez vous en passez, en acceptant de passer à côté d'une grosse partie du marché (notamment toute la vente directe vers iPad et Kindle) ? Sachant, bien sûr, que ces plateformes prélèvent un copieux pourcentage (30% sauf erreur)...
J'ai souligné le mot qui t'a échappé dans la phrase à laquelle tu réagis. Effectivement, aujourd'hui, il est impensable de se passer des plateformes, seulement souhaitable qu'il en existe de plus en plus et qu'on puisse attirer l'e-lecteur vers l'achat direct à l'éditeur. Sauf erreur, Amazon négocie beaucoup plus bas aujourd'hui et ses concurrents lui emboîtent le pas.
theefer a écrit :L'autre éventuel ajout que je verrais, c'est le programmeur, soit l'acteur qui remplace l'imprimeur (qui devient "compilateur" ?) et le distributeur et qui développe et entretient les outils qui produisent les ebooks en différents formats à partir de ce que l'éditor et le designer ont créé et les mettent en ligne sur les plateformes de vente. A moins de tout faire à la main, ce qui est ingérable sur un grand nombre de titre, il y a tout un travail à automatiser au maximum — je le sais parce que je l'ai fait pour Angle Mort, et je ne pense pas que Clément Bourgoin me contredira.
Le compilateur (appelons-le comme ça) peut être internalisé, donc salarié, ou externalisé, donc payé à la tâche. C'est un choix stratégique et économique qui découle de la philosophie dans laquelle chaque éditeur choisit de travailler. En ce qui concerne le rapport qualité/prix, les meilleures automatisations sont aujourd'hui chinoises, ce qui n'est pas une surprise, mais il est possible, sans augmenter drastiquement le coût de compilation, de monter une structure locale ou de se créer la sienne.

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