Éditeurs français
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Pour ma part, j'ai tendance à penser qu'un très bon manuscrit finit toujours par être publié. (En tout cas, pas mal de médiocres sont éditiés, non, je ne donnerai pas de nom...)
A bien y regarder, il y a pas mal d'éditeurs en France, grands ou petits, qui publient de la SF (et de la fantasy) françaises. Et comme cela a été dit et répété, un ouvrage qui l'on n'a pas à traduire coûte moins cher.
Attention, je dis un "très bon". Et ça peut prendre du temps... Il y a les aléas de l'édition (disparition ou restructuration des collections, changements de politique ou de direction...)
L'avantage prodigieux de l'ouvrage anglo-saxon, même s'il est plus cher, c'est qu'il a DEJA été retravaillé, et surtout qu'il a DEJA subi le baptème du feu de l'éditeur et du public: il a DEJA été pris par un éditeur (il est publiable) et il s'est DEJA correctement vendu. Le risque financier est plus grand, mais le risque du bide pur est moindre (bon, ça arrive aussi, demander à Klein, à Dumay, etc, ils ont des beaux exemples...)
Cela dit, ne pas hésiter à envoyer des manuscrits aux différents éditeurs, en essayant tout de même de voir avant si on correspond à leur politique (il est effarant de voir que, parfois, les apprentis auteurs semblent ne pas avoir lu une ligne de ce que publient les éditeurs qu'ils sollicitent...)
Il y a un vieux problème, vieux comme l'activité artisitique, peut-être, que l'on traine: trouver l'équilibre entre l'aspect "art pur" (si j'ose dire), l'aspect "art populaire" (si j'ose dire), l'aspect "commercial" (j'ose dire!)...
D'un autre côté, si tout ce qui était publiable était publié, ce serait une sorte d'enfer pour le choix...
Joe
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A bien y regarder, il y a pas mal d'éditeurs en France, grands ou petits, qui publient de la SF (et de la fantasy) françaises. Et comme cela a été dit et répété, un ouvrage qui l'on n'a pas à traduire coûte moins cher.
Attention, je dis un "très bon". Et ça peut prendre du temps... Il y a les aléas de l'édition (disparition ou restructuration des collections, changements de politique ou de direction...)
L'avantage prodigieux de l'ouvrage anglo-saxon, même s'il est plus cher, c'est qu'il a DEJA été retravaillé, et surtout qu'il a DEJA subi le baptème du feu de l'éditeur et du public: il a DEJA été pris par un éditeur (il est publiable) et il s'est DEJA correctement vendu. Le risque financier est plus grand, mais le risque du bide pur est moindre (bon, ça arrive aussi, demander à Klein, à Dumay, etc, ils ont des beaux exemples...)
Cela dit, ne pas hésiter à envoyer des manuscrits aux différents éditeurs, en essayant tout de même de voir avant si on correspond à leur politique (il est effarant de voir que, parfois, les apprentis auteurs semblent ne pas avoir lu une ligne de ce que publient les éditeurs qu'ils sollicitent...)
Il y a un vieux problème, vieux comme l'activité artisitique, peut-être, que l'on traine: trouver l'équilibre entre l'aspect "art pur" (si j'ose dire), l'aspect "art populaire" (si j'ose dire), l'aspect "commercial" (j'ose dire!)...
D'un autre côté, si tout ce qui était publiable était publié, ce serait une sorte d'enfer pour le choix...
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- Mîreldar
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Ouais c'est ça. C'est de fans qui connaissent bien les politiques éditoriales de l'éditeur et qui sont capable d'en parler. Leur rôle est d'abord de séparer la Slush, ce qui convient d'être édité en fonction de la politique éditoriale. Mais encore, faut-il en avoir une. Les correcteurs par contre c'est différent, faut les payer, comme un traducteur.
edit. Dis moi Lensman, quels sont les éditeurs principaux et sérieux de SF française qui sont assez audacieux pour prendre de nouveaux auteurs?
edit. Dis moi Lensman, quels sont les éditeurs principaux et sérieux de SF française qui sont assez audacieux pour prendre de nouveaux auteurs?
- Eric
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En fait, comme en musique finalement, ce n'est pas si difficile que ça d'être publié. La difficulté c'est trouvé un éditeur capable de vraiment donner sa chance à votre livre. À savoir, faire un vrai travail éditorial sur le texte, accompagner l'auteur le plus possible, faire connaître le livre auprès de la presse spécialisée et surtout, le diffuser correctement pour lui permettre de trouver son lectorat.
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.
Pour les nouveaux auteurs, il y a Mnémos, qui publie aussi bien de la SF que de la fantasy. C'est vraiment un éditeur qui fait découvrir des auteurs nouveaux.
En fantasy, il y a le petit éditeur Nesti.
Il faut aussi voir du côté du Bellial et du côté des Moutons Electriques, qui prennent des risques sur des francophones guère connus.
La Volte, qui a publié l'étonnant Damazio et le très remarqué Beauverger, est aussi un petit éditeur très ouvert, et qui fait un travail de très grande qualité. Ces deux écrivains n'étaient guère connus avant.
Cela va en faire ricanner certains, mais Ailleurs&Demain (Laffont) a publié il n'y a pas si longtemps le roman d'un auteur suisse (Panchard), qui n'avait jusqu'alors publié que des nouvelles. Son directeur, certes extrêmement exigeant, est toujours attentif aux nouveaux manuscrits.
Si on regarde bien, un auteur comme Alexis Aubenque (je ne dis pas que je suis fan...), qui est aux Presse de la Cité, ne me semble pas avoir été beaucoup publié auparavant...
Il faut tenter sa chance chez tous les éditeurs qui font de la SF...
Et puis, il y a la micro édition (ce qui est pour moi un phénomène passionnant à encourager) genre Eons ou Rivière Blanche, par exemple.
En lisant les programmes de parution publiés parci par là, sur ce cite ou ailleurs, en lisant les pages critiques de "Bifrost" (par exemple), on découvre des noms d'éditeurs et d'auteurs nouveaux régulièrement.
Joe
En fantasy, il y a le petit éditeur Nesti.
Il faut aussi voir du côté du Bellial et du côté des Moutons Electriques, qui prennent des risques sur des francophones guère connus.
La Volte, qui a publié l'étonnant Damazio et le très remarqué Beauverger, est aussi un petit éditeur très ouvert, et qui fait un travail de très grande qualité. Ces deux écrivains n'étaient guère connus avant.
Cela va en faire ricanner certains, mais Ailleurs&Demain (Laffont) a publié il n'y a pas si longtemps le roman d'un auteur suisse (Panchard), qui n'avait jusqu'alors publié que des nouvelles. Son directeur, certes extrêmement exigeant, est toujours attentif aux nouveaux manuscrits.
Si on regarde bien, un auteur comme Alexis Aubenque (je ne dis pas que je suis fan...), qui est aux Presse de la Cité, ne me semble pas avoir été beaucoup publié auparavant...
Il faut tenter sa chance chez tous les éditeurs qui font de la SF...
Et puis, il y a la micro édition (ce qui est pour moi un phénomène passionnant à encourager) genre Eons ou Rivière Blanche, par exemple.
En lisant les programmes de parution publiés parci par là, sur ce cite ou ailleurs, en lisant les pages critiques de "Bifrost" (par exemple), on découvre des noms d'éditeurs et d'auteurs nouveaux régulièrement.
Joe
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Et Gérard Klein devait déjà le connaître puisqu’il l’avait déjà publié trois fois (si je me souviens bien) dans ses anthologies de science-fiction au livre de poche. Trois nouvelles effectivement remarquablesDe plus, Panchard était loin d'être un inconnu...
Pour ma part, c’est la que j’ai lu Panchard pour la première fois
Salut,
C'est de l'argent, bien sûr, mais c'est moins cher que de prendre une personne à l'année.
A+
Patrice
A défaut d'avoir un comité de lecture, il y a des éditeurs qui paient des lecteurs pour des comptes rendus détaillés. Ma femme en fait: elle gagne environ 70€ net pour 400 pages.Pour moi, tout travail mérite salaire. Si tu es bénévole et que tu crées un Forum, une association, pour ton plaisir, c'est toi que ça concerne - a fortiori si ton activité ne rapporte pas d'argent. Par contre, si tu travailles pour une société commerciale censée faire des bénéfices (et les maisons d'édition ne sont pas différents des autres sociétés, sur ce plan-là), tu dois être rémunéré d'une façon ou d'une autre.
C'est de l'argent, bien sûr, mais c'est moins cher que de prendre une personne à l'année.
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Patrice
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Merci Lensman, j'ai noté tout ça 
Je ne savais pas ça Patrice mais je trouve que c'est un bon compromis. Je serais curieuse de lire l'un de ses comptes rendus détaillés.
J'ai encore une autre question. Si l'on regarde par exemple la liste de romans ou recueils de nouvelles éligibles au Prix Rosny, est-ce que quelqu'un aurait une idée approximative mais juste (j'ai horreur de la mystification) du nombre d'auteurs Français qui s'y retrouvent? Quel est le pourcentage des auteurs Français publiés en France (en excluant du décompte les publications provenant des autres territoires)?
Est-ce que quelqu'un s'est penché sur le sujet?

Je ne savais pas ça Patrice mais je trouve que c'est un bon compromis. Je serais curieuse de lire l'un de ses comptes rendus détaillés.
J'ai encore une autre question. Si l'on regarde par exemple la liste de romans ou recueils de nouvelles éligibles au Prix Rosny, est-ce que quelqu'un aurait une idée approximative mais juste (j'ai horreur de la mystification) du nombre d'auteurs Français qui s'y retrouvent? Quel est le pourcentage des auteurs Français publiés en France (en excluant du décompte les publications provenant des autres territoires)?
Est-ce que quelqu'un s'est penché sur le sujet?
Une remarque qui serait encore plus pertinente si les lettres types de réponse des éditeurs ne se limitaient pas si souvent à la phrase laconique "ne rentre pas dans notre ligne éditoriale".Lensman a écrit : Cela dit, ne pas hésiter à envoyer des manuscrits aux différents éditeurs, en essayant tout de même de voir avant si on correspond à leur politique (il est effarant de voir que, parfois, les apprentis auteurs semblent ne pas avoir lu une ligne de ce que publient les éditeurs qu'ils sollicitent...)

Ce sont ces mises en phase, ma petite Laureline, ça me ravage je t’assure … (Mézière - Christin)
So, you wanna be a SFF writer ? http://cocyclics.org
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- Eric
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On en a déjà parlé sur le forum, mais souvent, c'est la réponse la plus appropriée. La ligne éditoriale d'une maison est parfois assez ténue pour celui qui ne s'intéresse pas de près à ce qui se publie.Arnaldus a écrit :Une remarque qui serait encore plus pertinente si les lettres types de réponse des éditeurs ne se limitaient pas si souvent à la phrase laconique "ne rentre pas dans notre ligne éditoriale".
:)
Il y a des hors-sujets manifestes évidemment. Si tu envoies une histoire de fantasy urbaine avec des rats etc... à la collection SF de Jean-Claude chez Brage, là-dessus, pas de discussion. Mais envoie-la même histoire chez Rendez-vous Ailleurs par exemple. Même si le bouquin est bon, et même si cette collection a déjà sorti par ailleurs des auteurs de fantasy urbaine, il est probable que tu reçoives la même réponse, qui sera motivée par une logique de groupe, un positionnement sur le marché et le nombre de livres publiable par an.
Dans ce cas tu vas te dire, pourquoi Miéville, et pas moi ? La réponse est dans la question. Parce que Miéville. C'est dur mais c'est comme ça.
Mîreldar -> je ne comprends pas ta question.
"Ueeuuggthhhg", laissa échapper Caity. Ce qui aurait pu vouloir dire n’importe quoi.
Salut,
Mais attention: cela se fait pour des livres déjà paru à l'étranger (ici la Russie). Je ne sais pas si ça se fait pour des manuscrits.
A+
Patrice
Bah, il n'y a rien de bien compliqué. Les comptes rendus font au minimum deux pages. Ils doivent contenir un résumé détaillé, puis un avis critique.Je ne savais pas ça Patrice mais je trouve que c'est un bon compromis. Je serais curieuse de lire l'un de ses comptes rendus détaillés.
Mais attention: cela se fait pour des livres déjà paru à l'étranger (ici la Russie). Je ne sais pas si ça se fait pour des manuscrits.
A+
Patrice
D'autant plus que si je ne me trompe pas, Fleuve Noir n'accepte pas de manuscrits (en tout cas d'après leur site web).Eric a écrit :Mais envoie-la même histoire chez Rendez-vous Ailleurs par exemple. Même si le bouquin est bon, et même si cette collection a déjà sorti par ailleurs des auteurs de fantasy urbaine, il est probable que tu reçoives la même réponse, qui sera motivée par une logique de groupe, un positionnement sur le marché et le nombre de livres publiable par an.
Ce sont ces mises en phase, ma petite Laureline, ça me ravage je t’assure … (Mézière - Christin)
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- Mîreldar
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Arf, ça fait toujours cet effet quand je me lève trop tôt le matin lololEric a écrit : Mîreldar -> je ne comprends pas ta question.
J’essais de revenir à ma question initiale
Je recherche des chiffres, des statistiques.Mîreldar a écrit :
Les quatre éditeurs nous ont dit que la plupart des oeuvres qu'ils publiaient étaient internationales, et que très peu d'auteurs français étaient publiés en France.
Je pense encore à ce que citait Patrice concernant le commentaire de Francis Valéry publié à la fin des années 80 dans le débat « La mort de la SF »…
La meilleure façon d’observer la production d’auteurs Français publiés en France est encore d’observer l’évolution de la liste d’éligibilité de Rosny. Pour arriver à faire ce calcul, il faudrait exclure (dans le calcul seulement svpPatrice a écrit : … En France, nous produisons si peu de romans intéressants que lorsqu'arrive la corvée de remplissage du bulletin de vote pour le prix Rosny aîné, personne n'arrive à en trouver cinq!

Vous connaissez quelqu’un qui s’intéresse à cette question vous? Je viens d’envoyer un e-mail à Joseph Altairac, mais je doute qu’il comprenne ma question lololol
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L'histoire du manuscrit de Georges Panchard est encore plus étonnante. Lorsqu'il a eu terminé son manuscrit, Georges que je connaissais pour l'avoir publié dans les anthologies FRANçAISES du Livre de Poche et l'avoir rencontré en Suisse, m'a envoyé un mail pour me proposer ce manuscrit.Jean-Claude Dunyach a écrit :Euh, pour la petite histoire, "Forteresse" de Panchard avait été accepté (et édité, c'est-à-dire que j'avais fait retravailler le manuscrit) par moi, pour les éditions ISF... Lorsqu'ISF a fait faillite, j'ai appelé Gérard Klein pour lui annoncer la nouvelle et pour lui parler du roman de Panchard, que je trouvais exceptionnel et que je lui conseillais de lire. Il m'a dit de demander à Panchard d'envoyer la dernière version directement à son adresse personnelle. Et le bouquin a été accepté un mois plus tard.Lensman a écrit :Cela va en faire ricanner certains, mais Ailleurs&Demain (Laffont) a publié il n'y a pas si longtemps le roman d'un auteur suisse (Panchard), qui n'avait jusqu'alors publié que des nouvelles. Son directeur, certes extrêmement exigeant, est toujours attentif aux nouveaux manuscrits.
On est là-aussi dans le cas idéal où un "passeur" de confiance recommande un ouvrage. De plus, Panchard était loin d'être un inconnu (il avait publié dans les années 80 et au début 90 une poignée de nouvelles exceptionnelles, qui avaient marqué les esprits).
C'est comme ça que j'ai lu rapidement Ta-Shima de Lorusso, qui paraît en Juin. Sinon, s'il avait été envoyé par la poste, il serait peut-être encore dans la pile des trucs à lire. Ceci dit, il a aussi attiré l'attention des éditions Mnemos, mais plus tard - le manuscrit avait été transmis à 2 éditeurs, avec 100% de réussite...
Le poutou,
Malheureusement, ce mail m'a été adressé au moment d'un déplacement et entre deux ordinateurs. Ce qui fait qu'il est tombé au fond de ma BAL et que je ne l'ai jamais lu. Aucune relance de Georges. Un an plus tard, au moment du dépôt de bilan d'ISF, Stéphan(i)e Nicot et Jean-Claude Dunyach me signalent son existence et Panchard reprend contact avec moi. Je lis le manuscrit et je le prends. Je retrouve également en quelques minutes le mail initial de Georges Panchard. Tout hommage nécessaire ici rendu à ISF, ce texte l'avait échappé belle.
Moralité et principale raison de cette mise au point: la non-réponse à un mail ou même à une lettre sur papier ne signifie pas forcément l'inintérêt ou le mépris du destinataire. Mais peut-être tout simplement que le message ne lui est pas parvenu et qu'il vaut mieux le répèter.
Par principe, je réponds toujours (enfin presque) aux lettres et mails qui me sont envoyés. Honnêtement, Panchard qui me connaissait personnellement en plus, aurait pu se douter que mon silence pouvait être innocent.
Gérard Klein