Du sense of wonder à la SF métaphysique

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Lensman
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Message par Lensman » ven. déc. 18, 2009 11:45 am

Lem a écrit :
Lensman a écrit :la France, un immense musée (plus de visiteurs étrangers que d'habitants chaque année!).
Il paraît que derrière le musée, il y a une petite manufacture d'où sortent, de temps en temps, des histoires à la Gernsback. Mais ce n'est qu'une rumeur…
"sortaient", tu veux dire...
Oncle Joe

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jlavadou
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Message par jlavadou » ven. déc. 18, 2009 11:47 am

Lensman a écrit :Mais c'est ça, la SF française d'aujourd'hui?
Non, je crois que ce que Lem veut dire (en fait, a dit plusieurs fois, ou alors j'ai des messages qui s'affichent sur mon écran mais pas sur celui des autres ?...) c'est que la SF puise une partie de ses racines dans ça. Que cette partie de ses racines semble oubliée, ou tout du moins méconnue, aujourd'hui et qu'il pourrait (note l'emploi du conditionnel) être intéressant/enrichissant de la redéterrer, et de voir comment elle s'articule avec les autres racines, notamment américaines.
Que tu trouves cela inutile, je crois qu'on a compris.

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Lensman
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Message par Lensman » ven. déc. 18, 2009 11:55 am

jlavadou a écrit :
Lensman a écrit :Mais c'est ça, la SF française d'aujourd'hui?
Non, je crois que ce que Lem veut dire (en fait, a dit plusieurs fois, ou alors j'ai des messages qui s'affichent sur mon écran mais pas sur celui des autres ?...) c'est que la SF puise une partie de ses racines dans ça. Que cette partie de ses racines semble oubliée, ou tout du moins méconnue, aujourd'hui et qu'il pourrait (note l'emploi du conditionnel) être intéressant/enrichissant de la redéterrer, et de voir comment elle s'articule avec les autres racines, notamment américaines.
Que tu trouves cela inutile, je crois qu'on a compris.
Je connais ce discours depuis que j'ai commencé à m'intéresser à ce... qui m'intéressait. Il y a plus de trente ans. On ne compte plus les tentatives de ressusciter les vieux textes, que je salue avec enthousiasme. Mais ça va comme ça: du point de vue dynamique du genre, c'est zéro.
Lorsque Tardi veut faire de la rétro-SF, il sait comment s'y prendre, et c'est très beau, très bien. Et j'adore.
Maintenant, si on passait à la SF?
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Transhumain
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Message par Transhumain » ven. déc. 18, 2009 1:00 pm

Lensman a écrit :Maintenant, si on passait à la SF?
Oncle Joe
Mais tu sais bien que les définitions normatives de la SF, telles que tu les défends (contre qui, personne ne le sait), ne sont pas opérantes, qu'elles ne correspondent pas à la réalité du genre, tel qu'il est ressenti par une majorité de lecteurs, auteurs, éditeurs, qui ont peut-être le sentiment, à revenir sur l'histoire et la proto-histoire du genre en France, que vos Tables de la Loi sont plus aliénantes que libératrices pour sa vitalité, et pour sa diffusion...

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Erion
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Message par Erion » ven. déc. 18, 2009 1:03 pm

Transhumain a écrit : qu'elles ne correspondent pas à la réalité du genre, tel qu'il est ressenti par une majorité de lecteurs, auteurs, éditeurs, qui ont peut-être le sentiment, à revenir sur l'histoire et la proto-histoire du genre en France, que vos Tables de la Loi sont plus aliénantes que libératrices pour sa vitalité, et pour sa diffusion...
Ah, tu parles de Werber, c'est ça ?
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MF
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Message par MF » ven. déc. 18, 2009 1:05 pm

Transhumain a écrit :... la réalité du genre, tel qu'il est ressenti par une majorité de lecteurs, auteurs, éditeurs ...
marchera pas

trop moussu...

[edit post erion]
merdre, ça a marché
[edit]
Le message ci-dessus peut contenir des traces de second degré, d'ironie, voire de mauvais esprit.
Son rédacteur ne pourra être tenu pour responsable des effets indésirables de votre lecture.

Lem

Message par Lem » ven. déc. 18, 2009 1:16 pm

Je vous raconte une histoire, une des histoires qui font (feront) l'histoire de la SF en France, si je l'écris un jour.

A la fin des années 30, il y avait à Paris, ou plutôt à Fontainebleau je crois, cet homme bizarre qui s'appelait Gurdjieff. De lui, Wikipédia dit ça (juste pour donner une idée à ceux qui ne connaissent pas) :
L'existence de Gurdjieff jusqu’à sa quarantième année relève du mythe invérifiable. Il aurait appartenu à une société dite « Les Chercheurs de vérité » et aurait traqué celle-ci en Egypte, en Palestine, en Mongolie, dans le Désert de Gobi, en Inde, au Tibet ... On sait seulement de manière certaine qu’il s’installe, en 1912, à Moscou comme marchand de tapis orientaux, et qu’il commence à grouper autour de lui des disciples recrutés dans les milieux occultistes et plus particulièrement théosophes. Ceux-ci se structurent en Institut pour le Développement Harmonique de l’Homme, et doivent fuir la révolution bolchévique, d’abord au Caucase, puis en Turquie, avant de finir par s’installer à Avon et à Paris où Gurdjieff décède en 1949. Son œuvre est diffusée dans le monde par un certain nombre d’instructeurs formés par lui comme Katherine Mansfield, Henri Tracol, Véra et René Daumal, ou l’épouse du peintre Alexandre de Salzmann.
Apparemment, Gurdjieff avait de l'influence, était approché ou visité par beaucoup de gens. Dans la multitude des orbites qui se croisent dans ses parages, on trouve le jeune Louis Pauwells qui tournait également autour des Surréalistes, et le tout aussi jeune René Barjavel à qui les idées de Gurdjieff soufflent son premier livre : La colère de Dieu. René Daumal, cité plus haut, est le Surréaliste dissident qui a fondé la revue Le Grand Jeu et que Raymond Queneau, sur suggestion d'André Breton, a essayé en vain de réconcilier avec le groupe. C'est un homme étrange (je l'aime beaucoup, personnellement), qui avait formé quand il était encore au Lycée de Reims le groupe des "Phrères Simplistes" (hommage à Jarry) avec Roger Vailland et Roger Gilbert-Lecomte, pour pratiquer des expériences de mort imminente à l'éther, entre autres. Il a voyagé aux Etats-Unis au début des années 30, à peu près au moment où Astounding se lançait et où Régis Messac s'y truvait. Il a étudié le sanskrit avec assez de passion personnelle pour en devenir un bon spécialiste et traduire des textes indiens. Depuis le milieu de la décennie, il travaille sur un projet de livre, "un roman à la Wells" ainsi qu'il l'écrit dans sa correspondance, Le Mont Analogue. Malheureusement, Daumal meurt en 1944 avant de l'avoir terminé.

Dans ce roman, il est question d'une montagne géante à la surface de la Terre, une montagne si haute que son sommet traverse l'atmosphère et qui serait la source de tous les mythes de montagnes sacrées. Mais une montagne invisible, introuvable, puisque personne ne la connaît. Une sorte de mont-archétype répliqué à l'infini dans la pensée humaine, de mont analogique… Si une telle chose existe, comment expliquer son invisibilité et en trouver l'accès ? C'est la question que se posent le narrateur du livre et un certain docteur Sogol qui lève l'énigme aux chapitres 2 et 3 (l'élucidation de l'invisibilité du Mont par la présence à son pied de matériaux einsteiniens qui courbent la lumière est absolument extraordinaire ; comme le calcul de sa stuation géographique par analyse des masses continentales). Sogol est un personnage assez remarquable, qui vit dans un petit appartement au plafond tendu de cordes à linges où sont épinglées des fiches, des notes portant sur tout et rien, de façon à la fois encyclopédique et "disparate" : quand un courant d'air agite les fiches, Sogol suit le mouvement et fait de l'association d'idées, c'est sa façon de penser. C'est elle qui lui permet de procéder aux déductions concernant le Mont Analogue et de monter une expédition de reconnaissance. Le roman s'achève brutalement alors que la colonne des explorateurs entame l'ascension et c'est une frustration terrible – mais dans la vraie vie, l'histoire continue.

D'abord, un curieux parallèle. Dans un numéro du Magazine Littéraire de mai 2001, consacré à l'Oulipo, il y a un portrait sous forme d'abécédaire de François Le Lionnais, rédigé par Paul Braffort, et à la lettre P, on peut lire ceci :
Pétrovitch (Michel).
Professeur à l'Université de Belgrade, Michel Pétrovitch, dont la grande culture privilégiait une vision "transversale" des disciplines, est l'auteur d'un petit livre fascinant, publié dans la prestigieuse Nouvelle Collection Scientifique chez Félix Alcan en 1921 : Mécanismes communs aux phénomènes disparates. Lorsque, étudiant, je rendis visite pour la première à François Le Lionnais – qui revenait de déportation – l'évocation de ce livre dont nous étions tous deux férus scella notre amitié. Visiblement, le mot "disparate" était cher à François, tout comme l'approche résolument "structurale" qui est celle de Pétrovitch dont les concepts d'allure des phénomènes, d'analogies phénoménologiques [c'est Braffort qui souligne] sont toujours associés à des événements réels.
Disparate ? Pensée transversale ? Analogie des phénomènes ? Peut-être Daumal connaissait-il le livre de Pétrovitch et s'en est-il inspiré pour créer le personnage de Sogol et l'idée du Mont ? Ou peut-être connaissait-il Le Lionnais ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c'est que le livre est resté inachevé, qu'il a été publié comme tel chez Gallimard en 1952 et qu'il est devenu une sorte d'œuvre-culte un peu partout dans le monde. Il y a une société des admirateurs du Mont Analogue au Japon, et une autre en Californie. Un jour Oncle m'a même envoyé le fac-simile d'une critique de la traduction anglaise parue dans Astounding devenu depuis peu… Analog, où le critique s'étonne de la coïncidence des noms et d'usage. Mais le plus significatif est peut-être l'adaptation cinématographique du texte sous le titre La montagne sacrée par Jodorowsky en 1973. Co-fondateur à Paris du groupe "Panique" en 1962 (avec entre autres Roland Topor et Jacques Sternberg), Jodorowsky n'allait pas tarder à se diriger, après son film, vers la SF pure et dure. D'abord, en travaillant à un projet d'adaptation de Dune (pour les décors et costumes duquel il recrute Mœbius et Chris Foss). C'est un échec, puisque David Lynch fera finalement le film mais Jodo en profite pour commencer à écrire pour Mœbius – ce qui fera de lui l'un des plus grands scénaristes de la SF française ("qui aurait cru qu'il deviendrait notre Stan Lee ?" a dit un jour de lui Jean-Pierre Dionnet). Et pour rester dans le neuvième art, il est agréable de noter que l'île du Mont Analogue figure explicitement sur la carte des Cités Obscures de Peeters et Schuiten, au sud du "Continent".

Rien qu'avec les noms ci-dessus, on a une vue plongeante sur l'histoire de la science-fiction en France. Queneau et Le Lionnais font partie des refondateurs qui ont créé le dispositif éditorial moderne à partir de 1950. Je crois même qu'il y eut, à ce moment, un projet de collection grand format chez Laffont co-dirigé par Le Lionnais et Bergier, mais qui n'a pas abouti. Cela dit, ces deux hommes se connaissaient et je ne serais pas étonné que Bergier ait connu, lui, le livre de Pétrovitch. Barjavel est encore aujourd'hui perçu (merci le Dictionnaire) comme "le premier" à avoir fait de la SF moderne en France. Avec Ravage. Mais ce livre, c'est précisément celui qu'il écrivait à la fin des années 30 sous le titre La colère de Dieu et que Robert Denoël a préféré retitrer pour des raisons commerciales. Louis Pauwels a coécrit avec Jacques Bergier Le matin des magiciens et fondé Planète, dont on a déjà dit le rôle problématique dans l'histoire de la SF ici (Jacques Sternberg était un collaborateur régulier). Topor est l'un de nos plus grands graphistes et on lui doit entre autres l'adaptation superbe de Oms en série de Stefan Wul sous le titre La planète sauvage avec René Laloux. L'envergure de Jodorowsky, présent dans l'œuvre de Mœbius dès Arzach n'a pas besoin d'être soulignée.

L'ombre portée de l'étrange monsieur Gurdjieff est décidément très longue. Et à titre personnel, je trouve cette histoire, impasses et coïncidences comprises, au moins aussi fascinante que celle d'Hugo Gernsback. Et il y en a plein d'autres comme ça !
Modifié en dernier par Lem le ven. déc. 18, 2009 1:33 pm, modifié 2 fois.

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Message par MF » ven. déc. 18, 2009 1:26 pm

Lem a écrit :L'ombre portée de l'étrange monsieur Gurdjieff est décidément très longue. Et à titre personnel, je trouve cette histoire, impasses et coïncidences comprises, au moins aussi fascinante que celle d'Hugo Gernsback.
2 commentaires :

C'est l'analogie, toute personnelle j'en conviens, entre les "récits" de Gurdjieff et plusieurs des passages du Quatuor de Jérusalem qui m'ont fait classer cet œuvre dans ma SF (malgré ce qu'en dit Gérard)

Tu commences à doucement atteindre l'interface entre métaphysique et ésotérisme ( http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/gurdjief.html ) ; je recommande à chacun des passagers de ce thread d'attacher leurs ceintures en raison des turbulences possibles.
Non, probables.
Modifié en dernier par MF le ven. déc. 18, 2009 1:33 pm, modifié 1 fois.
Le message ci-dessus peut contenir des traces de second degré, d'ironie, voire de mauvais esprit.
Son rédacteur ne pourra être tenu pour responsable des effets indésirables de votre lecture.

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Message par systar » ven. déc. 18, 2009 1:32 pm

Sur Gurdjieff: lire, ou relire, le très beau Kathleen, par Fabrice Colin...

JDB
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Message par JDB » ven. déc. 18, 2009 1:43 pm

Roland est parti.
L'hétéroclitisme arrive.
Tout est foutu.
JDB

Lem

Message par Lem » ven. déc. 18, 2009 1:46 pm

Donc, quand on écrit l'histoire de la SF américaine, il ne faut pas non plus parler de Raymond Palmer, de Rhine et de la dianétique ?

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Message par MF » ven. déc. 18, 2009 1:51 pm

JDB a écrit :Roland est parti.
L'hétéroclitisme arrive.
Tout est foutu.
Remarque, ça va nous valoir une histoire de la SFF qui nous donnera matière à heurts, horions, injures et autres menus plaisirs littéraires qui font notre régal.

Ça risque de décrédibiliser un peu plus le genre donc il faudra travailler les scientifiques au corps pour leur expliquer que c'est pas grave, c'est juste les idées d'un allumé, d'ailleurs y'a qu'à lire La Brigade Chimérique pour voir que c'est pas de la SF, mais de la bonne grosse poilade entre initiés, et tous cet argumentaire déjà largement échafaudé.

J'en salive d'avance.

A moins que ce ne soit le gâtisme...
Le message ci-dessus peut contenir des traces de second degré, d'ironie, voire de mauvais esprit.
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Message par MF » ven. déc. 18, 2009 1:54 pm

Lem a écrit :Donc, quand on écrit l'histoire de la SF américaine, il ne faut pas non plus parler de Raymond Palmer, de Rhine et de la dianétique ?
Bien sûr que si.
Mais il faut, à un moment ou à un autre, porter un regard critique (à l'aune de l'actualité du genre, du présent et pas du passé) sur les interfaces.
Sinon, la sanction tombe : la pancarte HÉTÉROCLITE.
Le message ci-dessus peut contenir des traces de second degré, d'ironie, voire de mauvais esprit.
Son rédacteur ne pourra être tenu pour responsable des effets indésirables de votre lecture.

Lem

Message par Lem » ven. déc. 18, 2009 2:04 pm

MF a écrit :[il faudra travailler les scientifiques
Il y a aussi des histoires pour eux.
Le livre de Michel Pétrovitch (très sérieux, parfaitement respectable) est sorti en première édition préfacé par Emile Borel, mathématicien je crois. Or celui-ci appartenait au cercle de scientifiques que fréquentait Rosny et où se trouvait aussi Esnault-Pelterie, considéré partout dans le monde comme l'un des théoriciens primordiaux de la conquête spatiale avec Tsiolkovsky, Goddard et le groupe de Von Braun. La théorie des fusées d'Esnault-Pelterie est citée nommément dans plusieurs romans scientifiques de l'époque et lui-même apparaît comme personnage (caricaturé sous un faux nom transparent genre "Penault-Selterie" dans La grande panne de Théo Varlet (où la veuve de Camille Flammarion fait aussi un passage discret si mes souvenirs sont bons). C'est pour englober les recherches d'Esnault-Pelterie au sein d'une unité disciplinaire encore hypothétique que Rosny a forgé le néologisme "astronautique" ; il écrivait à l'époque Les navigateurs de l'infini et la suite longtemps inédite de ce classique s'intitule "Les astronautes", ce qui doit être la première occurrence du terme dans l'Histoire.
Il y en a pour tous les goûts ; c'est une histoire riche.

Lem

Message par Lem » ven. déc. 18, 2009 2:18 pm

MF a écrit :
Lem a écrit :Donc, quand on écrit l'histoire de la SF américaine, il ne faut pas non plus parler de Raymond Palmer, de Rhine et de la dianétique ?
Bien sûr que si.
Mais il faut, à un moment ou à un autre, porter un regard critique (à l'aune de l'actualité du genre, du présent et pas du passé) sur les interfaces.
Sinon, la sanction tombe : la pancarte HÉTÉROCLITE.
Tu sais, avec le rôle central que Jacques Bergier a joué dans notre histoire (on pourrait dire qu'il a été notre John Campbell, passions bizarres comprises), il vaudrait peut-être mieux intégrer dès le départ l'idée que la SFF a parfois nagé en eaux troubles. Plutôt que de détourner pudiquement le regard en espérant que personne n'ait remarqué ce qui cloche, ne serait-ce pas justement une preuve de distance et de maturité ? L'imaginaire scientifique, ce n'est pas qu'un processus de spéculation froid, rationnel, surveillant ses propres conditions d'exercice ; il y aussi dedans de la pensée sauvage.

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