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Albert Keim - La Race nouvelle, courte nouvelle deSF (1908)

 
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Vor-Teks



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MessagePosté le: Lun Aoû 27, 2012 7:03 am    Poster un sujet: Albert Keim - La Race nouvelle, courte nouvelle deSF (1908) Répondre en citant

Bonjour à tou(te)s,

en fouinant dans des vieux journaux, j'ai trouvé le texte (reproduit ci-dessous). Pas d'info sur l'auteur, sauf une page wiki très... succinte. Connaissez-vous cet auteur, ainsi que d'autres textes éventuels - relevant du même domaine - qu'il aurait pu écrire ?

Merci et bonne lecture :

************************************************

Albert Keim "La Race nouvelle" (1908)

C'était par une tiède soirée de l'an 2006.

Des aviateurs rapides se croisaient dans l'air. Les énormes globes électriques commençaient d'éclairer la cité qui s'apaisait sous les douces lueurs du crépuscule.

L'astronome Simon Le Cartier, après avoir absorbé une pilule contenant la synthèse des éléments nutritifs nécessaires à son organisme, prit sa place devant le mégistocope numéro 1 et se mit à lire le ciel avec autant de patience que d'ivresse.

Il interrogeait ses constellations familières, passait de Sirius à Orion, lorsqu'une sorte de bolide immense lui apparut, alternativement sombre et lumineux.

Une masse pointue. Elle n'avait rien d'un dirigeable. Aucun aéroplane n'eût, d'ailleurs, pu s'aventurer à une telle distance dans l'espace.

Bien qu'habitué aux rêveries lunaires, le savant Le Cartier se frotta les yeux.

Décidément, le phénomène lui sembla étrange.

Il quitta l'instrument et souffla dans un tuyau acoustique. Quelques instants après, l'ingénieur Goury qui demeurait au-dessous, au quatorzième étage, pénétra dans le vaste observatoire.

Ensemble, ils examinèrent, froidement, scientifiquement, cette chose obscure, puis étincelante qui paraissait venir de la région astrale.

Ils essayaient de la définir. En vain. Pourtant, d'après les apparences essentielles, en constatant que le mobile subissait des variations, ils diagnostiquèrent une pensée, une volonté dirigeant un mouvement.

Dès lors, il ne s'agissait plus d'une perturbation sidérale. Les deux hommes furent secoués par un frisson.

Comme ils échangeaient des opinions à voix haute, Mlle Sidonie Le Cartier, délaissant les accords mélodieux et pathétiques de son organola, vint les rejoindre et unir sa surprise à la leur.
— C'est une véritable machine à la face triangulaire, prononça enfin l'astronome. Des feux s'en échappent, rouges ou violets.

Et cette machine fut visible, très visible. On eût dit une sorte de pyramide gigantesque et volante.

Le ciel devenait sombre ; la nuit répandait maintenant des flots d'encre sur l'éther. Les étoiles, gros diamants des ténèbres, n'étaient plus que des vers luisants timides.

Le savant projeta des fusées étincelantes vers le mystérieux mobile. Sidonie poussa une exclamation de surprise :
— On croirait que ça va s'écrouler sur nous.

Blonde et frêle, la jeune fille avait pâli. Elle tremblait. Son père et M. Goury essayèrent de plaisanter.

Une rumeur s'était élevée de la ville énorme qui s'endormait. Le savant se remit à son appareil, et, grâce à des projecteurs puissants, parvint à suivre la chute raisonnée et de plus en plus lente du mobile.

Il s'interrogeait :
— D'où vient-il... De quelle étoile... Il s'arrête... On cherche à se diriger. ON !!! Avec quelle précision, quelle sûreté... il descend...
— Vers nous, hurla l'ingénieur. Et brutalement, il éteignit les six globes et les lampes colossales voisines du mégistocope.

Le géant pyramidal de l'espace décrivit plusieurs courbes et lentement, majestueusement, flotta sur le hall vitré de Le Cartier, à 400 mètres environ, à la hauteur de la Tour élevée par l'illustre Fravison au centre de l'exposition universelle, en 2000.

Ensuite, il reprit, avec une prudence extrême, sa marche descendante. Il s'acheminait en zig-zag, poursuivant, dans la complicité de l'étendue nocturne, son dessein.

Avidement, avec une curiosité qui dominait son angoisse vague et terrible, Sidonie ne pouvait détourner son regard de la grande chose noire qui venait, qui s'approchait, très réellement, dans la pénombre.

L'ingénieur vociféra :
— Attendez. Je saurai, moi.
— Que voulez-vous faire ? Ne tentez pas Dieu, supplia Sidonie.
Goury était son ami d'enfance. Elle savait que son père songeait à la marier avec ce jeune homme hardi et vaillant.
— J'irai, dit-il, Dieu est autant sur la terre que dans les autres planètes, Je prendrai mon aéronef blindée.

Il s'échappa. Le Cartier était haletant.

Le mobile sinistre accentuait la descente avec une sorte de solennité. Un rayon de lune avait percé les bataillons épars des nuages et jetait sa paisible clarté sur le delta fantastique.

Soudain l'aéronef de Goury s'éleva, fragile et pointue, et monta.

Un jet de vapeur phosphorescente émergea du mobile, enveloppa la pauvre esquif aérien et le précipita dans les ténèbres..

Ensuite, il y eut devant l'observatoire un grincement formidable. De la nuit, un rayon et une pluie d'étincelles jaillirent du delta noir.

Le Cartier s'était rué vers les contrevents de fer. Mais un être immense, agile, velu, sembla sortir de l'air. Il sauta sur lui et le terrassa.

Doué de Volonté et d'Intelligence, il saisit l'astronome, ouvrit une porte, le jeta sur un plancher comme une chose en une seconde.

Sidonie avait tourné les boutons électriques. Elle voulut fuir à tâtons. Une lueur bleue emplit la vaste pièce.

La malheureuse se vit perdue. Car il était là près d'elle, géant au regard lumineux, à la crinière fantastique.

Sidonie demeura d'abord comme paralysée, puis se jeta sur un revolver bijou qui traînait près de l'armoire des lentilles, visa et fit feu. L'arme tomba de ses mains.

LUI eut comme, un gloussement.

Les balles avaient glissé sur ses touffes de poil fauve et scintillant.

Elle aurait désiré s'anéantir. Une curiosité suprême lui laissa la conscience.

L'être arracha sa robe avec une clameur sauvage et triomphale. Et tout à coup, étendue, sous le flamboiement du regard, sous une monstrueuse haleine, elle sentit une peau ardente contre sa eau.

Une souffrance aiguë, horrible déchira sa chair. Ensuite, une brusque volupté, merveilleuse, la traversa. C'était comme de la lumière qui la pénétrait, comme une chaleur nouvelle et sublime qui prodiguait à son corps terrestre toutes Les illuminations du ciel et le faisait rayonner splendidement, ainsi qu'un astre, dans le vertige et la domination, et dans l'au-delà. Enfin, elle s'évanouit.

Simon Le Cartier s'efforça de croira à une hallucination collective. Cependant, il avait trouvé sa fille nue, accablée par un sommeil de plomb. Goury, qui avait eu la chance de tomber, avec son aéronef, dans le port de la Concorde d'où il était sorti sain et sauf, ne savait non plus que penser.

Sidonie, elle, demeurait profondément songeuse, frissonnante. Bientôt, elle eut des troubles, ceux de la grossesse. Elle, si mince et si petite, se gonfla.

Après seize mois d'attente, elle accoucha fort laborieusement d'un enfant long, velu, au front garni d'une touffe de cheveux fauves, au regard surpris, triomphant et resplendissant.

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Ferocias



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MessagePosté le: Ven Sep 16, 2016 2:06 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Albert Keim a publié quelques autres textes relevant de la conjecture.
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