les imaginales 2008 en direct

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jerome
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les imaginales 2008 en direct

Message par jerome » jeu. mai 22, 2008 11:50 am

Ayé, nous voici arrivé aux Imaginales, malgré les grèves de train.

L'heure est à l'installation des stands, le salon n'ouvre ses portes au public qu'à 14h.

Le temps de régler les derniers problèmes de tables, de connexions intrnet et autre soucis électriques et on sera prêt.

Et comme on a croisé Nathalie Dau, Francis Berthelot, Sylvie Lainé, athalie Le Gendre et bien d''autres, promis on vous mets les photos en ligne bientôt.

Ah, voici la première cliente... je vous laisse...
Modifié en dernier par jerome le ven. juin 06, 2008 9:40 am, modifié 2 fois.
Jérôme
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k_tastrof
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Re: les imaginales 2008 en direct

Message par k_tastrof » jeu. mai 22, 2008 12:37 pm

jerome a écrit :Ayé, nous voici arrivé aux Imaginales, malgré les grèves de train.
On vous soutient en direct.
:-) vivement les premières photos !

Kt
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jerome
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Message par jerome » jeu. mai 22, 2008 1:24 pm

Les premières photos

Petite vue générale du Salon
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Nathalie Dau dans le train. C'est la grande gagnante du prix Imaginale cette année
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La fresque de l'association artefact encore vierge. On apperçoit les crayonnés en attendant que les artistes commencent le travail
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Li Cam

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Sire Cedric
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jlavadou
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Message par jlavadou » jeu. mai 22, 2008 3:23 pm

Compte rendu du premier café littéraire au Magic Mirror :
Ecriture du fantastique : jeu sur la peur ou lecture de soi ?

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Avec, de gauche à droite : Sire Cédric (SC), Mélanie Fazi (MF), Claude Ecken (animateur), Michel Pagel (MP) et Francis Berthelot(FB).

Question : le fantastique, est-ce jouer sur la peur, la provoquer chez le lecteur ? L'auteur la ressent-elle en écrivant ?

FB : le fantastique, c'est avant tout le questionnement sur la réalité ou non de phénomènes surnaturels observés. C'est le genre de l'incertitude, notamment sur la mort.
Dans ce contexte, la peur n'est pas essentielle, même si bien sûr elle est présente la plupart du temps, notamment dans la thématique sur la mort.

MP : il ne cherche pas particulièrement à faire peur, mais comme le fantastique évoque souvent des émotions ayant un lien avec la peur, elle peut se dégager naturellement du récit. Cela dépend du ressenti de chacun.

MF : le fantastique qui l'intéresse s'attache aux êtres humains confrontés à des mystères sur leur identité ou leurs comportements. Pour elle, le fantastique provoque plus le malaise que la peur.

SC : le fantastique est la littérature de l'exploration de soi, il matérialise ce que l'on ressent. C'est de là que l'angoisse peut surgir.

Claude Ecken lit des extraits d'oeuvres de chaque écrivain :
FB / Le Serpent à colerette : parle de l'angoisse, de la colère et de la culpabilité que peut ressentir une petite fille soumise à des viols répétitifs.

MF / Nous reprendre à la route : MF a essayé d'instaurer une ambiance de peur, de malaise (elle transforme la route en quelque chose de terrifiant, porteur de fantômes), avec un vocabulaire violent et un style haché.

SC / Texte issu du recueil Dreamworld sur un cauchemar qui rattrappe et dévore des enfants : il insiste sur l'importance du rêve et sur celle du regard porté sur ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas, sur ce que l'on peut dire et ne pas dire. FB renchérit : souvent le fantastique met en scène des enfants, chez qui les premières angoisses sont marquantes sans qu'ils sachent reconnaître s'il s'agit de la réalité ou pas.

MP / L'Ogresse : MP a été marqué, enfant, par la lecture de la version intégrale du conte de La Belle au Bois Dormant, plus sombre que la version édulcorée connue.

Question : on ne peut écrire sur la peur que si on l'a ressentie soi-même. Comment investissez-vous vos récits avec une part de vous-mêmes ?

MP : ce n'est pas systématique. Mais quand il vit une expérience traumatisante, il a besoin d'écrire un texte pour exorciser ses émotions (ex : chagrin à la mort d'un proche).

MF : quand il lui arrive d'écrire sur des images marquantes ou une peur profonde issue de son passé, ce n'est que plus tard, avec le recul, qu'elle s'en rend compte.

SC : on ne peut écrire que sur ce que l'on ressent, en s'y projettant. Aparté sur l'importance du rêve pour lui, plusieurs de ses textes sont issus de rêves. C'est moins le cas chez les autres (MP : une fois ; FB : jamais).

FB : comme pour un comédien, l'écrivain fabrique des échos entre ce qu'il vit et ce que vivent ses personnages. On ne va pas tricher sur l'émotion (peut-être sur ce qui la motive). Il s'agit d'une sorte de catharsis.

SC : pour lui, c'est cette implication qui caractérise le fantastique, de façon générale tout ce qui touche à l'inconscient.

FB approuve : il y a effectivement une différence entre le fantastique et l'autobiographie par exemple, où il n'y a pas de véritable exploration de l'inconscient, du moins en recourant à la symbolisation.

MF : écrire du fantastique revient à utiliser le langage des rêves, cela touche à des images profondes, primitives.

CE : l'écriture fantastique est un travail sur la métaphore, le symbolisme.

Autres extraits :
MP : texte basé sur sa propre expérience, qui contient la même émotion mais mise dans un autre contexte. CE conclut que l'investissement personnel se trouve sur le plan de l'émotion, qui est reconnaissable par tout le monde même si le contexte change.

MF : texte de Notre Dame aux Ecailles sur l'absence d'émotion, tout aussi terrifiante que la peur ou le chagrin. Elle a caché dans ce texte des éléments autobiographiques au milieu de la fiction.

FB : Peinture de nuit (in Forêts secrètes) : provient du sentiment que le monde extérieur n'est qu'une peinture, qu'il n'y a pas d'autre réalité que celle de l'auteur qui invente ses créatures.

SC : Muse (in Dreamworld).

MP conclut en disant que le fantastique permet de pousser l'autobiographie dans des recoins qu'on n'oserait pas explorer ailleurs.

Galerie de photos :

Il se passe quelqeu chose d'étrange ici...
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Francis Berthelot captive Michel Pagel :
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Claude Ecken, Michel Pagel et Francis Berthelot :
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Sire Cédric et Mélanie Fazi :
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Francis Berthelot nous fusille du regard :
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Message par jerome » jeu. mai 22, 2008 4:26 pm

Parmi les expositions de cette année, le petit cabinet de curiosité de Jamel Zeddam. des animaux et des squelettes étranges et fascinants...

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Message par Aldaran » jeu. mai 22, 2008 4:34 pm

Ha ha ! Quelque chose me fait croire que les photos ont été prises APRES le vernissage...

PEREKAAN

Message par PEREKAAN » jeu. mai 22, 2008 4:52 pm

Ca donne envie d'y aller...

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Message par jerome » jeu. mai 22, 2008 5:01 pm

Et quelques photos de plus en ce jeudi fin d'après midi

La fresque avance...
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Jean-Philippe Jaworsky et madame
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Francis Berthelot toujours aussi beau
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Michel Pagel, Sire Cedric et Mélanie Fazi
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Et pendant ce temps sur le stand actusf...
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Message par orcusnf » jeu. mai 22, 2008 5:08 pm

pas feignants les dessinateurs, ça avance vite.
http://www.fantastinet.com l'actualité de la littérature de l'imaginaire

Monkey
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Message par Monkey » jeu. mai 22, 2008 5:37 pm

Intéressantes, les oeuvres de Jamel Zeddam.

Essayez d'épingler Jaworsky pour savoir quand sortira son prochain livre. :twisted:

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Message par Bruno » jeu. mai 22, 2008 5:44 pm

jerome a écrit :Et quelques photos de plus en ce jeudi fin d'après midi
Encore ! encore ! encore !

(sous-titré : fais ch... ! fais ch... ! fais ch... ! pourquoi j'y suis pas)

bruno

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Message par jlavadou » jeu. mai 22, 2008 7:00 pm

Compte-rendu de la conférence de Tad Williams à l'espace cours :
La fantasy et son public aux USA

Animée par Stéphanie Nicot, traduction de Lionel Davoust


Question : Quel est le public de la fantasy ? Est-ce que les amateurs de fantasy font partie du grand public ou sont-ils un public à part ?

TD : avant, quand il participait aux festivals, il aurait pu clairement décrire le public de la fantasy en général. Aujourd'hui, il ne peut que décrire son propre public :
- à peu près équivalent entre femmes et hommes
- âge allant de 12 ans à 20 ans, mais avec pas mal de lecteurs plus âgés

TD n'a pas vraiment d'idée de ce qu'est le public en France (à part qu'ils s'habillent mieux qu'aux USA !). Mais il est intéressé par l'idée évoquée par Stéphanie Nicot selon laquelle le public s'élargit vers la littérature historique. Il y a également une différence de la compréhension de la SF entre les USA et la France (voir l'exemple de Dick).
Son sentiment est que les littératures de l'imaginaire doivent encore prouver leur valeur en Europe, même si l'ouverture d'esprit semble plus prononcée en Europe (notamment en France qui a vu naître la SF avec Cyrano de Bergerac).

Aux USA, la SF/F/F, sous sa forme littéraire, est considérée comme du pur divertissement. On lui demande souvent s'il se sent méprisé par les critiques littéraires. Selon lui, ces critiques confondent les deux sens du mot fantasy :
1) une fantasy très large, qui inclut Vernes et remonte jusqu'à Homère
2) une fantasy commerciale, qui est née (en anglais en tout cas) avec le succès du Seigneur des Anneaux.

Le succès de Tolkien a eu deux conséquences importantes :
- cela a poussé les lecteurs à découvrir d'autres oeuvres, comme celles de Lord Dunsany par exemple
- cela a créé un véritable marché de la fantasy épique

Cette deuxième conséquence provient du fait que les lecteurs en voulaient plus après avoir lu le SdA. L'argent et le marché ont naturellement comblé ce vide.
Si bien que maintenant on a l'impression que la fantasy existe uniquement pour combler ce manque, pour satisfaire un besoin du marché. D'où la profusion de livres à destination de lecteurs peu exigeants. On remarque moins les bons livres.
Quand on parle de "littérature" au USA, on parle ainsi de livres qui ne se vendent pas, car choisis par les éditeurs pour leurs qualités artistiques. La fantasy est docn jugée sur 90% de la production publiée pour remplir les besoins du marché.


Question : comment la presse US réagit-elle vis à vis de la fantasy ?

TD : L'exemple le plus marquant est que le supplément littéraire duNew York Times doit faire au maximum 5 critiques de livres de SF/F/F par an (et encore, en demandant à des gens compétents de le faire pour eux...). Ces genres ne sont pas représentés de la même façon que la littérature générale, elles sont placées dans un ghetto.
Les questions qui reviennent le plus souvent lorsque TD est interviewé : "Mais alors, vous faites la même chose que Star Trek ?" ou bien "Croyez-vous aux OVNIs ?"...
TD trouve qu'en Europe les questions sont plus intéressantes. En Allemagne par exemple, il a été publié pour Autremonde par un éditeur de littérature générale. Du jour au lendemain TD est devenu respectable et a été interviewé correctement. Finalement, c'est plus la nature de l'éditeur que l'écrivain lui-même qui fait sa réputation !


Question : comment marche l'édition aux USA ?

TD : Son cas est particulier : il a le même éditeur depuis plus de 20 ans, et il s'agit d'un des derniers éditeurs indépendants (Daw Trade), vestige des années 70.

Une chose générale qu'il peut dire sur l'édition aux USA : les choses ont beaucoup changé à partir des années 90. On a tenté de faire de l'intégration verticale, les gros conglomérats ont voulu rentrer dans l'édition en pensant faire de l'argent (les fous !).
Mais ils n'avaient aucune idée de comment cela fonctionnait (fait par des passionnés, avec peu de marge). Du coup les conglomérats ont essayé de fair des maisons d'édition des structures faciles à gérer et rentables.

C'est pour ça que des auteurs comme Stephen King ont bénéficié de contrats en or, car c'étaient eux qui faisaient gagner de l'argent aux conglomérats. Pour TD, ce n'est pas bon, car l'argent doit bien venir de quelque part. De fait, il a été pris :
- aux écrivains qui vendent sans être des best sellers
- aux jeunes auteurs ou aux auteurs inhabituels, qui avaient besoin d'un vrai travail avec l'éditeur

Résultat : avant, on pouvait gagner sa vie pendant 20 ans sans faire de grand succès. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Maintenant, si on ne fait pas partie du "cercle magique" des auteurs qui vendent beaucoup, il est difficile d'y rentrer. Et ceux qui y sont peuvent écrire beaucoup de mauvais livres avant d'en sortir.

De plus, depuis que les chaînes de librairies ont informatisé leurs systèmes pour garder trace de leurs commandes, elles savent ce qui se vend ou pas et peuvent refuser de prendre un livre avant même qu'il soit publié.

De plus en plus, tout est dirigé par le marché. On classe tout dans des catégories bien définies, pour prémâcher la lecture.


Question : quel est l'état de l'enseignement de la SF/F/F dans les universités américaines ?

TD : Un des endroits aux USA où les gens sont le plus ouvert, c'est dans les universités. Tout peut s'y passer du point de vue intellectuel. Il y a par exemple en ce moment beaucoup d'intérêt pour les comics ou les séries TV.
Mais TD ne peut pas trop en parler et a même quelques préjugés, car il ne vient pas du milieu académique. Il pense qu'il faut allumer la flamme chez les jeunes de n'import quelle manière, sans chercher à diriger leur pensée.


Galerie de photos :

Tad Williams :
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Stéphanie Nicot et Tad Williams :
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Tad Williams et Lionel Davoust :
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Lionel
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Message par Lionel » jeu. mai 22, 2008 8:52 pm

Formidable cette idée des interviews en ligne et quasi en direct.

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Aldaran
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Message par Aldaran » jeu. mai 22, 2008 9:13 pm

Oui, merci de faire partager.

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Message par jlavadou » jeu. mai 22, 2008 10:23 pm

Lionel a écrit :Formidable cette idée des interviews en ligne et quasi en direct.
Merci ! Mais ce ne sont pas à proprement parler des interviews, puisque nous ne faisons que reporter ce qui se dit pendant les conférences. Soit dit en passant, les deux auxquelles j'ai assisté (les deux ci-dessus, donc) étaient plutôt intéressantes, surtout la première où, malgré un concensus chez les quatre auteurs, ils se complétaient dans leurs réponses et apportaient tous des éléments distincts.

Et quand on voit les titres des autres conférences, on se dit que c'est dommage de ne pas pouvoir assister à toutes !

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