2312 (roman)
de Kim Stanley Robinson
aux éditions Actes Sud ,
collection Exofictions
Genre : SF
Sous-genres :
  • Espace

Auteurs : Kim Stanley Robinson
Couverture : Mike Winkelmann
Traduction : Thierry Arson
Date de parution : septembre 2017 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 624
Titre en vo : 2312
Parution en vo : juin 2012


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2312, le Système solaire a été colonisé après les ravages de la pollution sur Terre.

Kim Stanley Robinson est un auteur américain de SF né en 1952 dans l’Illinois. Après une thèse consacrée à l’œuvre de Philip K. Dick, il publie des nouvelles et romans de science-fiction. Il est principalement connu pour sa trilogie consacrée à la planète Mars et sa terraformation : Mars la rouge (1994), Mars la verte (1995), Mars la bleue (1996) et Chroniques des années noires (2002). Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix, 2312 a d’ailleurs reçu le prix Nebula du meilleur roman.

Une enquête sur fond de voyage intergalactique et écologique

2312 est une année décisive, celle du grand tournant sur la planète Terre. Depuis quelque temps déjà, le Système solaire est colonisé pour pallier les effets du désastre écologique terrien. L’histoire commence par une étrange disparition, celle de l’aïeule de Swan, Alex. Même si la science a fait de grands bonds en avant, allant jusqu’à augmenter l’espérance de vie à l’excès, ce décès suscite de nombreuses interrogations. C’est dans ce cadre que nous suivons le parcours d’Alex, une artiste spécialisée dans l’élaboration de terrariums, de Warham et de Genette, une inspectrice de la Police Interplanétaire.

C’est dépaysant et un rien jargonneux

Ça en impose 2312, comme ma capacité à me tromper sur le titre à chaque fois que j’en parlais 3212, non c’est pas ça. Bref, "un gros roman de SF", voilà comment j’ai fini le désigner, car bien que ce titre soit court et concis, je n’ai pas réussi à me le rentrer dans le crâne. L’histoire est principalement centrée sur le personnage de Swan, que l’auteur affectionne particulièrement. C’est une personnalité fantasque, un modèle standard de cette nouvelle génération d’humains. Elle n’est pas originaire de la planète Terre mais de Mercure. Dans cette nouvelle habitude de vie, il n’y a plus de genre défini, les gens vivent des centaines d’années et on terraforme des planètes et des astéroïdes comme on s’installerait des terrariums dans nos appartements.

L’intrigue est entrecoupée de passages plutôt expérimentaux stylistiquement parlant, quelques bribes nous expliquent petit à petit l’histoire de l’humanité, de l’espace, les nouvelles mentalités et façons de vivre dans la galaxie. C’est riche, très riche. Ça rend la lecture peu aisée mais pas désagréable pour autant. Kim Stanley Robinson prend des risques avec son gros pavé, et le prix Nebula prouve qu’il a eu raison.

J’ai pour ma part mis du temps à entrer dans l’univers et le style, pas loin de 300 pages pour affectionner Swan et adhérer à ce style déroutant. Bien sûr, les thématiques écologiques sont un peu mes domaines de prédilection, je n’ai pu qu’adhérer du coup. Néanmoins, après avoir digéré le roman je ne sais pas trop quoi en penser. Il présente de nombreuses qualités, certes, mais je pense que l’auteur s’est un peu trop dispersé. Au final, j’ai davantage préféré les courts passages à l’intrigue et l’enquête en elle-même. 2312 est un roman qui aurait mérité d’être davantage étayé, au final, j’ai le sentiment d’avoir à peine entrevu un univers sans pour autant pouvoir pleinement satisfaire ma curiosité. 

Si son style est n’a pas changé, je pourrais donc aisément penser que sa Trilogie martienne et plus globalement une lecture à plusieurs tomes s’avère certainement plus digeste pour apprécier l’auteur et son univers dans toute sa complexité. Moralité, il s’agit tout de même d’un bon roman, mais je ne peux pas dire qu’il s’agit d’un gros coup de cœur. 

Salomé Lelièvre