33e itération
de Yvan Bidiville
aux éditions Rivière Blanche
Genre : Anticipation
Sous-genres :
  • Polar

Auteurs : Yvan Bidiville
Couverture : Sylvain Demierre
Date de parution : octobre 2012 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 280
Titre en vo :


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Pour les amateurs du genre.

Yvan Bidiville est un jeune auteur suisse diplômé de l’EPFL en systèmes de communication. Il a déjà à son actif une trilogie de fantasy publiée en 2008, Les Nouvelles Références. Avec 33e itération, il nous propose un roman qui mêle habilement polar et anticipation.
 
Lausanne, 2035.
 
Leo Siegfried est policier. C’est aussi l’un des premiers à avoir été doté d’un implant supposé améliorer ses capacités intellectuelles. Désormais, ce processus est monnaie courante et l’implant de Siegfried est largement dépassé. Pour soutenir le rythme effréné des jeunes recrues, il utilise des drogues qui accélèrent son activité cérébrale. À la poursuite d’un tueur en série qui s’en prend justement à ceux qui ont développé cette technologie, il espère gagner la possibilité d’améliorer son implant et retrouver une vie plus saine...
 
Dans la tête d’un toxicomane. On aime ou on déteste...
 
Dès le premier chapitre, le ton est donné. Le lecteur suit un enquêteur sur le fil du rasoir qui se bat contre le temps mais surtout contre les hallucinations que lui imposent les drogues. Les raisonnements sont entrecoupés d’apparitions de monstres divers et une simple promenade en voiture devient un véritable calvaire pour l’esprit instable de Siegfried. L’auteur réussit le pari de mettre des mots sur le chaos qui caractérise les pensées du policier. Néanmoins, tous les lecteurs n’adhéreront pas à ce style de narration car elle ne facilite pas la compréhension générale.
 
À noter qu’à intervalles réguliers, l’auteur change de narrateur, ce qui permet d’avoir des chapitres entiers sur le point de vue d’un autre enquêteur dont l’implant est parfaitement opérationnel. Place à des raisonnements clairs qui favorisent l’avancée de l’intrigue.
 
Une intrigue et un univers cohérents
 
En suivant les différents personnages, le lecteur s’immisce dans une Suisse peu avenante où les préjugés rythment la vie quotidienne.Yvan Bidiville ne se contente pas de décrire une société raciste et coupée en deux entre les implantés et les indigènes (sans implant), il se sert de ces conflits pour alimenter son récit et renforcer son intrigue.
 
Le fait que la technologie des implants ne soit pas encore acceptée par l’ensemble des citoyens permet d’amener des questions plutôt intéressantes sur l’éthique dans la recherche scientifique, le libre arbitre (les implants régulent les émotions trop vives) et la course à la réussite professionnelle. Le lecteur est donc amené à s’interroger sur ces sujets en parallèle de sa lecture.
 
 
En conclusion, 33e itération est un livre intéressant mais qui, par son écriture et les thèmes abordés, s’adresse à un public averti. 

Jacquemine Coquio