A l’assaut d’Andromède
( Perry Rhodan 88 )
de K.-H. Scheer et Clark Darlton
aux éditions Fleuve noir
Genre : SF

Auteurs : K.-H. Scheer , Clark Darlton
Couverture : Guy Roger
Traduction : Roland C. Wagner
Date de parution : janvier 2004 Inédit
Langue d'origine : Allemand
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

Lire tous les articles concernant K.-H. Scheer ou Clark Darlton

A consommer à titre de curiosité

Bon. Les histoires sont simplettes. Les personnages sont bidimensionnels au mieux. Les humains sont très forts, ou s’ils ne le sont pas ils sont malins (plus inventifs, plus souples etc.) que les extra-terrestres, qui sont très humains par leur comportement et leurs réactions. Ils explorent la galaxie pour se rendre là où nul homme n’était allé auparavant. Le style ? Il n’est pas catastrophique, mais n’a rien non plus d’extraordinaire. Il y a quelques idées originales, mais pas non plus de quoi casser trois pattes à un canard. Et pourtant ça se lit... Les aventures de Perry Rhodan ont été traduites en de nombreuses langues, rééditées plusieurs fois... Sans oublier le fait qu’il y a eu environ un fascicule hebdomadaire depuis le septembre 1961, ce qui fait plus de 2100 dans l’édition allemande à ce jour (nous en somme en France à la publication du volume 188, l’équivalent du numéro 399 allemand qui date de 1969, dans le 6e cycle sur 33, la série courant toujours), ce qui en fait, de loin, la série de science-fiction la plus longue actuellement existante. Euh. J’avais oublié de vous le dire ? Contrairement à ce que le nom du héros laisserait penser, Perry Rhodan est une série de science-fiction germanique. Bien que les auteurs les plus célèbres soient K.-H. Scheer et Clark Darlton (de son vrai nom Walter Ernsting), dès les premiers épisodes de nombreux auteurs ont pleinement participé à la série : Rainer Castor, Arndt Ellmer, Robert Feldhoff, Ernst Vlcek, H.G. Francis, Michael Nagula, Horst Hoffmann, Uwe Anton, Hubert Haensel, Leo Lukas... Ou plutôt aux séries, car très rapidement plusieurs séries " spin-off " sont créées : Atlan, Odyssée... Vous pourrez trouver de nombreuses informations sur le site officiel (http://www.perry-rhodan.net), mais il est en allemand... Sinon, un bon site francais sur le sujet : http://www.blary.com/perry-rhodan/. Il existe également un excellent livre sur la série par Jean-Michel Archaimbault : Perry Rhodan, lecture des textes (éditions Encrage). Attention : les anciennes éditions blanches et bleues de chez Fleuve Noir (à partir de 1966) sont en fait des compilations destinées à l’origine aux bibliothèques qui, si elles se lisent très bien, ne contiennent cependant pas le texte complet.

C’est vrai qu’on se laisse avoir. Ca se lit facilement, sans déplaisir et, assez étrangement, on peut se surprendre à en reprendre un autre (d’accord. J’avoue. J’en ai lu quelques dizaines. Mais c’était il y a lontemps)... Un peu comme ce 123e épisode de StarTrek qu’on a enregistré et qu’on regarde parce qu’au fond, on aime bien ça, sans raison objective. Perry Rhodan, c’est exactement ça : l’équivalent littéraire de StarTrek. Ca fait partie du paysage de la SF depuis tellement longtemps que c’en est devenu une espèce de jalon, ce qui n’en fait pas pour autant un chef d’oeuvre : ce serait plutôt une sorte de curiosité locale aux effets légèrement addictifs.

Aux premiers temps...

Tout au début, il y eut le major Perry Rhodan. Le major faisait partie de l’U.S. Space Force, et par un beau jour de juin 1971, il s’embarqua avec ses trois coéquipiers pour la Lune. Jusque là tout va bien. On est en pleine Guerre Froide, course à l’espace, tout ça... Mais sur la Lune, le major fit une bien étrange découverte : un vaisseau spatial de l’Empire d’Arkonis. Le puissant empire était en ruine, car les Arkonides (des humanoïdes à la peau bleue) souffraient d’un mystérieux mal de langueur (en particulier les hommes, les femmes conservant un peu plus d’énergie). Ce vaisseau était celui de la dernière chance ; il avait été envoyé à la recherche de la " planète de jouvence ". Perry Rhodan s’entendit tout de suite bien avec le chef scientifique de l’expédition, et tout de suite mal avec la capitaine, la belle Thora. Le lecteur perspicace aura d’ailleurs deviné que c’est le genre de mésentente qui finit par se transformer en passion. Lorsqu’il repartit pour la Terre, ce fut armé de la fabuleuse technologie arkonide. Et c’est là qu’il se comporta en très mauvais américain : au lieu de ramener sagement tout cela aux services secrets de son pays, il se posa en plein milieu du désert de Gobi et y fonda un Etat indépendant, baptisé la Troisième Force... Aucune des deux autres forces ne parvenant à déloger l’intrus, elles finirent par être obligées de faire la paix, voire de s’unir... Ayant ramené la paix sur Terre, Perry Rhodan ne pouvait s’arrêter en si bon chemin : il rassembla des humains dotés de facultés parapsychologiques avec lesquels il forma la milice des mutants, et partit dans l’espace pour de nouvelles aventures...

Très longtemps après

On va passer au volume 88 (A l’assault d’Andromède), parce que c’est celui que j’ai en main, et qu’il ne faut pas exagérer, si vous voulez savoir ce qu’il y a entre les deux, vous n’avez qu’à lire les 80 romans correspondants. Mais puisque Fleuve Noir réédite la collection complète, ne boudons pas notre plaisir... L’hexagone des géantes bleues (Die Strasse nach Andromeda), la première moitié de ce volume 88 a été écrite par K.-H. Scheer. La deuxième (Du cauchemar à l’espoir, en VO : Sternstation im Nichets) est de Kurt Mahr.

Icho Tolot, un Halutien qui va devenir un personnage récurrent, ramène sur Plophos deux terriens en pleine démence, qu’il a trouvé errants dans l’espace. Ces hommes sont tout ce qui reste de l’équipage du croiseur Terranien Omaron, qui a disparu sans laisser de trace... Icho compte bien sur la légendaire curiosité des Terraniens pour pouvoir vivre une grande aventure, voire s’attaquer à un mystère que sa propre espèce, pourtant très supérieure technologiquement, n’a jamais osé tenter...

Une bonne nouvelle : pour la plupart des épisodes, pas besoin d’avoir lu tout ce qui précède pour comprendre ce qui se passe, d’autant plus qu’il y a un bon résumé (qui atteint plusieurs dizaines de pages pour les tomes avancés dans la série, il faut bien ça pour récapituler ce qui s’est passé au cours des très nombreux épisodes précédents). Mais en revanche, il vaut mieux commencer au début des cycles, et avoir lu les premiers volumes aide beaucoup pour accrocher au reste. Perry Rhodan est une série à essayer, à titre de curiosité, si vraiment vous avez le temps...

Magda Dorner

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.