Afterparty
de Daryl Gregory
aux éditions Le Bélial
Genre : Thriller

Auteurs : Daryl Gregory
Couverture : Aurélien Police
Traduction : Laurent Philibert-Caillat
Date de parution : septembre 2016 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 416
Titre en vo :
Parution en vo : août 2014


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Moins percutant que son précédent opus, Nous allons tous très bien merci, Afterparty se révèle cependant assez efficace.

Un auteur à succès ?
 
Le lectorat français a d’abord connu Daryl Gregory avec L’éducation de Stony Mayhall, publié par Le Bélial’ en 2014, variation sympathique sur le thème des zombies. Gregory a changé de stature avec Nous allons tous très bien, merci, roman court et intense de moins de deux cents pages qui a été finaliste de la plupart des grands prix littéraires américains de fantastique (Nebula, Locus, World Fantasy award : on en a le tournis) et qui a finalement remporté Shirley Jackson Award (ou comment découvrir qu’un auteur qu’on a lu ado est devenu un prix littéraire). Le succès de ce roman a d’ailleurs entraîné le développement d’une série et Daryl Gregory a écrit une « prequel », Harrison Squared, dont on nous promet une prochaine traduction en français. Afterparty a été écrit avant Nous allons tous très bien, merci et bénéficie ici de l’attention que nous portons, éditeur et lecteurs, à cet auteur.
 
La drogue qui permet de rencontrer Dieu
 
La jeune Francine est une sans abri qui se suicide, en manque d’une drogue qui lui a permis de trouver le seigneur… Son chemin a rencontré celui de Lyda Rose, une scientifique en traitement psychiatrique. L’état de Francine a rappelé à Lyda une drogue qu’elle a mise au point une dizaine d’années auparavant, le numineux, avec sa femme Mikala. Le numineux les a projetées dans un état limite, où Mikala a été assassinée. Lyda se demande d’ailleurs si elle ne l’a pas tuée… Elle recontacte Rovil, un de ses anciens associés, et Ollie, une de ses camarades d’hôpital, afin de trouver qui a mis le numineux sur le marché. Elle devra compter cependant avec Fayza, une trafiquante qui lui met la pression pour savoir qui est ce concurrent qui lui taille des croupières avec cette drogue miracle. Parallèlement, un tueur professionnel, Le Vincent, se met en chasse pour les « neutraliser ». Lyda n’est pas au bout de ses peines, surtout que son passé recèle pas mal de zones d’ombres qu’elle va devoir éclaircir.
 
Un thriller lysergique
 
Afterparty se révèle un roman très efficace avec comme personnage principal Lyda Rose, prototype même de l’anti-héros : droguée, schizo, scientifique à l’origine du numineux, la drogue qui permet de rencontrer Dieu. La description proposée de la société nord-américaine des années 2020-30 est a priori crédible et plutôt angoissante. Pour autant, ce roman est moins percutant que Nous allons tous très bien, merci. Il y a eu d’autres romans sur le sujet des drogues émancipatrices, surtout dans les années soixante : Dick n’a-t-il pas d’ailleurs basé son œuvre sur elles ? Ici rien de nouveau pourrait-on dire, juste une fiction sur la drogue repeinte aux couleurs de notre époque pessimiste et pré-apocalyptique. L’amateur y trouvera son compte de sensations fortes, le critique exigeant et pessimiste relira Les anges du cancer de Spinrad en attendant la traduction d’Harrison Squared. 

Sylvain Bonnet