Alone contre Alone
de Thomas Geha
aux éditions Black Coat Press ,
collection Rivière Blanche
Genre : SF
Sous-genres :
  • SF

Auteurs : Thomas Geha
Couverture : Juan
Date de parution : mars 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 236
Titre en vo :

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La suite de A comme Alone

Un peu plus de deux ans après son premier roman A comme Alone, Thomas Geha signe chez Black Coat Press/Rivière Blanche Alone contre Alone, la suite du précédent.
Avec ce volume, l’éditeur nostalgique poursuit le deuxième axe de sa politique : découvrir et promouvoir de jeunes talents de la science-fiction francophone.
Avant la parution de A comme Alone, Xavier Dollo, alias Thomas Geha, était, en effet, essentiellement connu comme auteur de nouvelles.

Toujours Alone, mais pas tout seul

Pépé, depuis les aventures de A comme Alone, n’a guère changé. Il est toujours épris de liberté, toujours excellent au lancer de couteaux et toujours aussi allergique aux communautés de Rasses (les rassemblés) et autres Fanars (fanatiques religieux) et Fanams (fanatiques militaires).
Pourtant il n’est plus tout à fait seul. Installé sur une île paradisiaque avec Grise, son Amour retrouvé, Gaby, Flo et Nicoloss, ses Amis, il semble parti pour couler des jours tranquilles.
Une attaque extérieure met fin aux vacances de la petite troupe et rappelle à Pépé ses mésaventures passées. Il doit alors reprendre la route, la vengeance à ses trousses, tandis que lui parviennent des rumeurs faisant état de changements inquiétants dans son monde déjà cruel.

Une suite et un élargissement

Alone contre Alone est bien la suite des tribulations de Pépé et de ses amis. Ce nouveau roman ne se contente pas, toutefois, de prolonger le propos de Geha, il l’élargit.
L’ouvrage, pour commencer, est moitié plus long que le précédent, les personnages sont plus nombreux et les situations plus variées.
Cependant, ce n’est pas là, l’essentiel. Si A comme Alone s’attachait aux pas de Pépé et à ses petits problèmes personnels, ici, c’est à une menace nationale, voire planétaire qu’il va se trouver confronté. Et même si notre héros n’est pas du genre à sauver le monde, c’est bien cette responsabilité qui va peser sur ses épaules.
Alone contre Alone gagne, par la même occasion, en complexité. Si les références explicites à l’œuvre de Julia Verlanger demeurent, on sent désormais Thomas Geha plus libre. Il fait une place plus importante aux mutants et laisse s’exprimer un imaginaire nourri d’une culture contemporaine (films, dessins animés, chansons...) dont on peu s’amuser à retrouver des traces, çà et là.

Un cahier des charges plus que respecté

Quand certains jeunes auteurs de SF rêvent de révolutionner le genre, Thomas Geha se contente d’espérer modestement « divertir, juste ça ».
Et il le fait. Alone contre Alone se lit avec plaisir et facilité. Rédigé dans un style direct, précis malgré un ton faussement négligé, ce récit fait la part belle à l’action, sans être totalement décérébré.
Si on peut reprocher au roman des petites agaceries comme ces allusions répétées au code d’honneur viril des Alones, leur obsession tout aussi caricaturale des armes blanches (tellement plus loyales que les armes à feu !), les pauvres femmes qui pleurent et se font enlever, ou les tics de langage du personnage principal, on en garde une impression positive.
Au bout de cette lecture, vivement conseillée, on sent venir un troisième tome qui, s’il est aussi bien mené que les précédents, sera accueilli les bras ouverts.
Mais on se prend tout de même à rêver de lire, après l’hommage, un roman plus personnel de Thomas Geha avec un univers et des thèmes qui lui seraient propres.

Ketty Steward