Arca
de Romain Benassaya
aux éditions Critic ,
collection SF
Genre : Science Fiction
Sous-genres :
  • Space Opera
  • Thriller

Auteurs : Romain Benassaya
Couverture : Francois Baranger
Date de parution : juin 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 450
Titre en vo :

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En 2157, l’humanité lance enfin sa première conquête interstellaire en envoyant le vaisseau Arca vers la Griffe du Lion. Mais que va-t-il réellement se passer lorsque le vaisseau franchira le Seuil et dépassera la vitesse de la lumière ? Entre mystères, intrigues, espoirs et doutes, Arca nous emmène dans un voyage à la fois inquiétant et passionnant…

Né à Nice en 1984, Romain Benassaya a enseigné le français au Canada puis en Ouganda avant de s’installer à Bangkok. Écrivain de nouvelles et de romans, il est notamment publié dans la revue québécoise Solaris avant de signer Arca, son premier roman, chez l’éditeur français Critic. Ce space opera fait partie de la collection SF et la couverture est illustrée par François Baranger, lui-même auteur dans cette même collection avec le diptyque Dominium Mundi.

En 2147, la jeune scientifique Sorany Desvoeux découvre une matière nouvelle et prometteuse sur Encelade, satellite de Saturne. Dix ans plus tard, le vaisseau Arca se prépare à quitter le Système solaire pour la Griffe du Lion, propulsé par cette matière enceladienne. Mais une fois le voyage lancé, l’ombre du doute plane sur les arconautes : que connaît-on vraiment de cette étrange matière ? Et quelle est cette religion enliléenne qui semble gagner de nouveaux adeptes chaque jour ?

Entre réalisme et philosophie

Arca, c’est avant tout de la science-fiction « réaliste » : que se passerait-il si l’humanité, trop nombreuse sur Terre et peinant à coloniser Mars, trouvait une nouvelle matière propice au voyage interstellaire ? Dans un futur relativement proche, cent cinquante ans environ, nous retrouvons des problématiques plausibles : la puissance de groupes privés, une Terre usée et surpeuplée, l’espoir limité que représente Mars.

Dans la lignée de livres comme Seul sur Mars d’Andy Weir, Benassaya dépeint la conquête spatiale en termes très réalistes, entre l’immense peur du vide et du silence ressentie par Sorany alors qu’elle parcourt la surface glacée d’Encelade sous la lumière de Saturne, ou encore les huit mois nécessaires pour atteindre Jupiter. L’Espace émerveille mais reste inquiétant. Il rappelle la fragilité de l’homme face à l’immensité du vide silencieux des ténèbres stellaires.

Mais Arca n’est pas seulement la description d’une nouvelle conquête spatiale pour l’humanité. Le scénario représente aussi l’occasion de soulever des sujets plus philosophiques en toile de fond : les êtres humains sont-ils bons ou mauvais ? Méritent-ils de venir coloniser une planète vierge après ce qu’est devenue la Terre ? La fin, dans ce cas la survie de l’humanité, justifie-t-elle les moyens, c’est-à-dire le sacrifice de jeunes enrôlés pour la terraformation de Mars ?

Ces questions sont développées à travers le roman de manière subtile, en toile de fond d’une trame riche en action, mystères et rebondissements.

Narration morcelée et grands mystères


Deux personnages principaux se disputent la voix dans Arca : la jeune scientifique Sorany Desvoeux, à qui l’humanité doit la découverte de la matière enceladienne, et Frank Fervent, un investigateur à bord de l’Arca. Afin de mettre en place les personnages et les enjeux de l’histoire, Romain Benassaya fait le choix d’alterner entre des chapitres dans le présent (en 2157, lorsque l’Arca se lance dans son voyage interstellaire), et dans le passé de Sorany puis de Frank.

Cette narration alternée est bien conduite : elle permet aux lectrices et lecteurs de découvrir ce monde du XXIIe siècle à travers deux regards différents et de comprendre peu à peu les mystères qui se jouent à bord de l’Arca. Elle permet aussi de mieux connaître nos deux personnages principaux et de s’y attacher, même si la narration de leurs émotions se montre parfois distante.

Comme toute bonne histoire d’action et d’aventure, le roman sait délivrer les révélations petit à petit jusqu’à un final plutôt bien trouvé, qui complète bien les différents thèmes traités tout au fil de l’histoire. Tout juste pourrez-vous remarquer une plume parfois maladroite bien que prometteuse, ce qui ne brise en rien l’immersion de l’histoire.

Si vous aimez l’aventure, l’action et les mystères ; si l’Espace vous fait rêver et si vous regardez les étoiles en espérant un jour les atteindre, alors vous passerez un excellent moment avec Arca. Entre science et philosophie, Romain Benassaya nous offre une lecture à la fois distrayante et qui propose quelques réflexions sur l’humanité. N’est-ce pas ce que l’on attend d’un bon livre de science-fiction ?

Florie Vignon