Au-delà de l’Infini
( 1 )
de Gregory Benford
aux éditions Presses de la Cité
Genre : SF

Auteurs : Gregory Benford
Couverture : Leptosome.Z
Traduction : Thierry Arson
Date de parution : janvier 2007 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 432
Titre en vo : Beyond Infinity
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2004

Lire tous les articles concernant Gregory Benford

Une Odyssée mathématique, philosophique... et transfinie

Gregory Benford... L’auteur qui se présente lui-même comme ayant écrit plus de romans en collaboration que n’importe quel autre écrivain de S.F... Ami des plus grands, il a en effet participé à beaucoup de projets collectifs – comme le Second Cycle de Fondation. Ce n’est pourtant pas par incapacité de produire tout seul des œuvres de qualité. Nous lui devons en particulier Un paysage du temps et le cycle du Centre galactique. C’est d’ailleurs dans l’univers de cette saga que s’inscrit – mais à part – la belle histoire contée dans Au-delà de l’Infini. Bien qu’étant auteur à temps partiel – il est professeur d’astrophysique – il a marqué la science-fiction depuis 1970.

De sa forêt natale jusqu’à la quatrième dimension

Cley est une Ur-humaine. Une sorte de fossile vivant sur cette Terre qui a vu passer tant de variations de l’espèce humaine depuis plusieurs milliards d’années et de révolutions autour du noyau galactique. Elle habite avec sa tribu dans la forêt, s’occupant des arbres et des animaux. Ses occupations sont simples, presque sauvages. Lassée de cette vie, elle part pour aller aider ceux qui décryptent les Archives de l’Humanité. Il s’agit d’une sorte de monumentale bibliothèque enterrée qui contient dans le plus grand désordre la somme totale de l’histoire de l’humanité. On y trouve aussi les traces de l’ADN de toutes les races humaines. Là, elle rencontre un Supras, un humain plus « récent » qu’elle, très fortement amélioré, plus intelligent, plus rapide... plus adapté.

Ils vivent ensemble jusqu’au jour où des entités étranges, presque inconcevables, dépassant nos trois dimensions habituelles, attaquent la Terre, détruisant les Archives et tuant systématiquement tous les Ur-humains. Seule survivante de sa race, traumatisée par la mort de son ami, Cley va découvrir un univers inconnu, dans lequel elle n’est au mieux qu’un animal de compagnie pour les espèces plus récentes. Pourtant, malgré son insignifiance, les créatures quadridimensionnelles s’acharnent à sa perte, tandis que les Supras font tout pour la materner et la protéger comme un trésor rare.

Indépendante et susceptible, elle ne supporte pas la pression et s’enfuit avec un raton laveur mutant doué de parole et d’intelligence. Leur périple les mène au-delà de l’infini, au travers de dimensions inconnues, traversant l’espace dans des véhicules vivants et réfléchis. Elle qui ne cherche qu’à retrouver au moins un survivant de sa race va devoir admettre et accepter que, pour infime que soit son importance personnelle, le rôle qu’elle doit jouer dans un combat cosmique entre le Bien et le Mal est essentiel à la victoire de la vie et de la sapience.

Un livre pour réfléchir

Il existe des livres qui font rêver, pleurer ou rire. Certains sont divertissants, prenants ou ennuyeux. Il en est d’autres – rares – qui sont intelligents. C’est le cas de Au-delà de l’Infini.

L’histoire de ce livre est étonnante. Il a d’abord été conçu comme un court roman participant à une œuvre en deux parties écrite à quatre mains avec A. C. Clark. Ce n’est que bien plus tard que l’auteur a décidé de reprendre sa contribution pour l’étoffer, jusqu’à en faire ce roman.
Il est amusant de traquer au fil du texte les parties initiales de l’histoire et celles qui ont été ajoutées ensuite. Au départ l’inoffensive odyssée d’une jeune fille découvrant l’Univers, mais Benford décide de lui faire prendre une toute autre dimension.

Mathématique pour commencer. Il s’agit presque là d’un ouvrage de vulgarisation sur les dimensions de l’espace comprenez les dimensions au-delà de la troisième – et sur la notion de temps. Il s’y trouve décrite une approche théorique valable et respectable sur les cordes dimensionnelles et les interactions possibles d’entités quadridimensionnelles avec notre monde limité par les trois seules que nous connaissions. Le raton laveur sert à explorer ces espaces au-delà de ce que nous soyons capables de voir.

D’autres romanciers ont déjà basé leurs histoires sur des univers multidimensionnels et ont écrit de beaux romans. Mais Benford a réussi à y mêler un autre axe de réflexion, une vision à l’opposé de la froide rigueur scientifique : il nous promène tout autour de la notion d’intelligence et de vie consciente. Cley, son héroïne, est une humaine, fière de son savoir et de sa sapience. Malgré le complexe de supériorité qu’elle partage avec la majorité des humains de XXIe siècle elle doit rapidement admettre son incapacité à se hisser au niveau des autres entités qui peuplent le récit, depuis les Supras à la conscience étendue jusqu’au raton laveur – mais n’en disons pas plus sur lui – en passant par des léviathans de l’espace ou des entités électromagnétiques de la taille de plusieurs systèmes solaires. Elle n’est rien, l’humain n’est rien mais il est essentiel, semble nous dire Benford.

Ce livre est long, dense et parfois un peu ardu lorsque les héros se lancent dans des considérations sur les univers linéaires ou les replis de l’espace-temps. Mais il est important d’aller jusqu’au bout, de suivre l’évolution de cette femme qui, de primitive, va devoir apprendre à découvrir et accepter l’Autre, quelles que soient les différences et les étrangetés qui les séparent. Définir sa place dans la création semble pouvoir résumer l’idée générale de ce livre.

Jean Rébillat

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

1 Message

  • Au-delà de l’Infini 22 janvier 2014 20:41, par capt everton

    Cycle du centre galactique

    Le cycle du centre galactique comprend en réalité deux cycles majeurs : Dans l’océan de la nuit et à travers la mer des soleils, qui nous relatent les aventures de Nigel le spationaute anglais flegmatique qui est un personnage complexe d’une réelle profondeur psychologique, ce n’est pas exactement un héros car il a presque autant de défauts que de qualité.

    et un second cycle qui comprend : la grande rivière du ciel, marées de lumière et les profondeurs furieuses qui nous raconte le combat pour la survie des derniers humains.

    Pour ma part j’ai une nette préférence pour le premier cycle qui est original est d’une puissance poétique certaine. A la lecture de l’océan de la nuit il est clair qu’un contact avec une forme extraterrestre se solderait de toutes les façon par un affrontement dans la mesure où les humains serait incapable de faire confiance à une intelligence inconnue. le second cycle n’est pas inintéressant, j’ai toujours eu un faible pour les sociétés insectoïdes, comme dans "les seigneurs de l’hydre" et "aquatica"

    http://sfsarthe.blog.free.fr

    Répondre à ce message

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.