Aucune étoile aussi lointaine
( 1 )
de Serge Lehman
aux éditions J’ai lu ,
collection Science-fiction
Genre : SF

Auteurs : Serge Lehman
Date de parution : février 2001 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Deux ans déjà que paraissait ce Space Opera signé Serge Lehman dans la collection Millénaire. Sa réédition en poche nous offre l’occasion de prendre un peu de recul sur une œuvre inattendue de la part du "petit prince de la science fiction française".

La sortie, dans une collection beaucoup plus controversée qu’elle ne l’est maintenant, de cette superproduction en technicolor avait fait, à l’époque, grincer des dents. On reprochait à Millénaires l’inélégance de ses méthodes de "recrutement", et, n’eût été sa personnalité attachante, la probité de Lehman aurait sans doute eu à souffrir de ce mini procès d’intention. On pardonnait mal à l’auteur de F.A.U.S.T. de céder ainsi aux sirènes du Gross Kapital. Depuis, pas mal d’encre a coulé sous les presses. Millénaires fait toujours dans la grosse artillerie, mais a su prouver qu’elle pouvait aussi avoir un réel parti pris éditorial. Quant à Serge Lehman, il nous a un peu laissé sur notre faim avec ce Aucune étoile aussi lointaine.

Flibustier de l’espace

Il est vrai qu’il nous avait pris par surprise le beau Serge, même si l’éclectisme dont il avait fait preuve auparavant aurait du nous préparer à ce qui reste, avant tout, un pur plaisir d’auteur. Les aventures du jeune Arkadih, dernier descendant d’une longue lignée de princes flibustiers, perdue aux confins d’une galaxie que l’apparition des portiques de téléportation contribue à rendre sans cesse moins vaste, vous a tout de même un petit goût de déjà vu. Son odyssée-poursuite, sur le dernier des vaisseaux intelligents, pour empêcher – excusez du peu – la destruction de l’Univers, est un brin convenue, attendue. Demeure toutefois une authentique jubilation. Il est un fait que le Space Opera demeure, pour tout auteur de SF, la genre roi. Et aucun n’a su résister à tentation de s’y essayer.

Acheter du sable...

Or il n’est guère d’exercice plus ingrat. Comme il nous l’avait dit au moment de la sortie du livre, avec Aucune étoile aussi lointaine, Serge Lehman a d’abord voulu se faire plaisir. Tenter la grande aventure du créateur de mondes, créer la spirale du rêve. Il a caressé l’espoir de nous emmener loin, très loin. Et s’il n’y parvient que mollement il nous reste quelques jolies trouvailles scénaristiques à nous mettre sous la dent, deux ou trois vrais moments d’aventure à l’état brut et la trace indélébile du plaisir quasi enfantin qu’un auteur peut prendre à écrire une histoire. Un plaisir communicatif, parce que Serge Lehman a du talent, du style et une folle envie de nous faire partager ses visions intérieures. Si à sa sortie, Aucune étoile aussi lointaine ne méritait pas tout à fait la saignée qu’une édition demi luxe aurait faite à votre précieux pécule, il n’en va plus de même aujourd’hui. Et parce que c’est toujours dommage de bouder son plaisir, achetez dans la foulée quelques kilos de sable à déverser dans votre salon, pour vous donner l’impression d’être en vacances. Vous verrez l’illusion sera parfaite.

Eric Holstein