Black Monday Murders : Gloire à Mammon
de Tomm Coker et Jonathan Hickman
aux éditions Urban Comics ,
collection Urban Indies
Genre : Comics

Scénariste : Jonathan Hickman
Dessinateur : Tomm Coker
Traduction : Maxime Le Dain
Date de parution : juin 2018 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 240
Titre en vo : Black monday murders
Parution en vo : janvier 2017

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Des créateurs

Jonathan Hickman a commencé sa carrière en scénarisant chez Image East of West ou Projet Manhattan. Il a aussi travaillé chez Marvel sur Fantastic Four ou Nick Fury. Il fait ici équipe avec Tomm Coker qu’on a connu sur Daredevil noir chez Marvel en 2009.

Leur bébé s’appelle Black Monday Murders qui, sous l’apparence d’une enquête policière, se veut une attaque en règle du système financier américain : waouh tout d’abord, tellement il s’agit d’un des fondements du pays !

 

Au début, adorer Mammon…

 

L’histoire est assez simple : on suit les membres de la banque Caina-Kankrin qui ont conclu un pacte quasi faustien avec une divinité qui leur assure la fortune, y compris bien sûr en cas d’effondrement de l’économie. Le pacte tient les Ackermann, les Rothschild, les Dominic (même si ceux-ci ont connu des vicissitudes).

Dans les années 80, des éléments issus de l’ancien bloc de l’est les rejoignent, Viktor et Alexi. Les choses se corsent quand Daniel Rothschild est assassiné : qui a fait le coup ? Un inspecteur new-yorkais, Dumas, enquête et découvre bien des indices troublants, dont des inscriptions étranges. Dumas, qui fait arrêter Viktor, n’est pas au bout de ses peines…

 

Une recette percutante

 

Que nous propose au final Hickman et Coker ? Un album où tout repose sur une manipulation de notre monde, dans l’ombre où s’agitent des créatures à peine humaines. Lovecraft revisité par Wall Street ? Il y a un peu de ça dans Black Monday. On découvre aussi des histoires de famille peu reluisantes, comme un fils assassiné par son père ou des jumeaux tiraillés par la rivalité…

La dénonciation du capitalisme financier, réelle, se fait sous les oripeaux sulfureux de cette complicité avec un démon qui a fait la fortune de tous ces personnages. Cela amoindrit-il le propos ? Chacun jugera. En tout cas, Hickman est aidé par le graphisme sombre de Coker, une des qualités de l’album. Que nous donnera Hickman pour la suite ? L’avenir nous le dira.

 

Sylvain Bonnet