Bloody Marie
de Jacques Martel
aux éditions Blackbook édition ,
collection Club du Livre d’Anticipation
Genre : Anticipation
Sous-genres :
  • Aventure
  • Epique
  • Pirate
  • Space Opera

Auteurs : Jacques Martel
Couverture : Sylvain Sarrailh
Date de parution : mai 2011 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 548
Titre en vo :

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Un space opera hors-norme, puissant et épique

Jacques Martel est avant tout historien et participe à des reconstitutions de batailles. Ce qui l’a amené à écrire des textes historiques, puis de la fantasy. Avec Bloody Marie, c’est un tout autre genre qu’il aborde, même s’il plonge encore dans notre passé pour dessiner le cadre de son histoire.

La fin des Pirates de l’Essor

Autrefois, l’humanité s’est extirpée de sa planète natale pour conquérir les étoiles. Ce fut l’Expansion. L’Effondrement a suivi, séparant les colonies les unes des autres. Aujourd’hui, avec l’Essor, les hommes se retrouvent enfin et tentent de reconstruire la gloire passée. De nouveau, les vaisseaux naviguent entre les mondes.

Mais en même temps que les marchands, les pirates ont pris l’espace. Ils rôdent, pillent, violent et tuent. Du moins, ils l’ont fait, car l’ordre revient, brutal et féroce. Se rendre ou mourir, tel est le choix des flibustiers. Seuls quelques-uns, légendaires, sévissent encore.

Bloody Marie est la fille du plus formidable de tous les pirates, le Ravageur de Mondes. Depuis que son père est mort dans une embuscade provoquée par leur pire ennemi, un corsaire glorieux nommé Le Mariner, elle a repris le Long John, navire-pirate puissant. Elle a un plan, une dernière course, qui les rendra tous riches.

En prenant à son bord un naufragé, elle ne sait pas encore qu’elle va vivre, avec son équipage aux trognes marquées, une aventure hors du commun, légendaire, pleine de sang, de morts et de souffrances.

La dernière course... ou peut-être pas.

Détonant !

Jacques Martel reprend le thème des pirates en lutte contre les armées loyales, l’adapte à un univers futuriste et l’anime pour nous donner un space opera complètement fou, poussé par un souffle épique et une justesse implacable. Comme quoi il est possible de faire du neuf - et du bon - avec des idées pourtant déjà largement exploitées par d’autres.

L’auteur s’est abreuvé à de multiples sources pour écrire son livre (on retrouve du Traquemort parfois, par exemple), mais il en tire une œuvre unique, qui tient debout, une histoire d’hommes, de pirates - de boisson et de femmes aussi, bien sûr. Comme dans son premier roman, il arrive à nous plonger dans un univers cohérent et immense, sans réellement nous le décrire. Une galaxie dans laquelle chacun a cherché à garder des racines, ethniques, culturelles ou linguistiques, liées au pays terrien d’origine. Sans compter tous les éléments annexes : organisations, vaisseaux, colonies, technologies... tout sonne juste sans que nous ayons même envie de nous poser des questions là-dessus.

Car ce n’est pas cela le sujet du roman. Il ne s’agit que d’un décor, luxueux certes, mais juste quelques artifices pour mettre en lumière les formidables personnages inventés par Martel. Bloody Marie, bien sûr, le Mariner, mais aussi toute une galerie de pirates, bons ou méchants, toujours avides de vivre et de survivre à leur mort grâce aux chants et aux légendes de la course.

Ce livre est vraiment une bonne surprise, un excellent roman plein de fureur, de trognes et d’humour, agréable à lire et totalement prenant.

Jean Rébillat