Bug
( Bug 1 )
de Enki Bilal
aux éditions Casterman
Genre : SF

Auteurs : Enki Bilal
Date de parution : novembre 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 86
Titre en vo :

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Jeudi 13 décembre 2041 : un bug informatique mondial supprime toutes les ressources numériques du globe, et au-delà...

Est-il encore nécessaire de présenter l’immense Enki Bilal ? Réalisateur, dessinateur, scénariste de BD, accessoirement inventeur du Chessboxing, il gravite depuis de très nombreuses années dans le monde de la BD française comme internationale grâce à une oeuvre large, particulièrement orientée vers la SF avec des thématiques récurrentes sur la mémoire et le temps.

Certaines de ses oeuvres sont absolument à découvrir : la trilogie Nikopol ou la Tétralogie du monstre pour ne citer qu’elles. Avec Bug, il imagine un monde privé de numérique du jour au lendemain.

Un bug informatique. 

Le 13 décembre 2041, le monde se voit priver en un instant de toutes ses ressources numériques suite à un immense crack informatique. La population entière est alors au bord du chaos. Les plus geeks se suicident, les plus jeunes sont totalement perdus alors que les anciens retrouvent certains réflexes de l’ère pré-numérique. Dans tous les cas, les gouvernements sont totalement dépassés, et le contrôle des masses devient difficile. 

Quant au cosmonaute Kameron Obb, survivant d’une mission martienne, porteur d’un bug extraterrestre dans son organisme, il se voit posséder, à l’intérieur même de son cerveau, toutes les connaissances numériques de la planète. Hyperconnecté, il sait tout à chaque instant. Il devient alors une cible de choix pour l’ensemble des des superpuissances, qu’elles soient publiques ou privées. Il devra sauver sa peau, tout en secourant sa fille kidnappée. 

Un nouveau Bilal qui débute grandement !

On le sait : Enki Bilal teint toujours ses oeuvres d’une réflexion politique, géo-économique, et écologique. Avec Bug, il ne déroge pas à la règle. Il imagine clairement les limites imposées par une dépendance totale à l’informatique et à l’ère numérique, et à la catastrophe que cela représenterait si le système était soumis à un simple bug géant. Il explore alors les répercussions de celui-ci dans un monde où les rapports de force sont minces et où les conflits peuvent débuter en un instant. 

Le tout est admirablement, comme à son habitude, dessiné. Chaque planche, chaque case, sont d’une qualité remarquable. Son style bien à lui offre un grand moment de lecture. La beauté de chaque case n’a d’égale que le rythme et l’intrigue de cette histoire. La suite se fait d’ores et déjà attendre. 

On regrettera juste (parce que oui, il y a bien un défaut...) le petit format proposé par Casterman. Les planches auraient mérité une dimension supérieure...

Bilal démontre à nouveau tout son talent graphique, son sens aigu de la narration, et propose une intrigue haletante. Une belle réussite en somme. 

Bastien Roche