de Zanzim et Hubert
aux éditions Carabas ,
collection Cockpit
Fantasy onirique d’une capitale à feu et à sang
Hubert
Boulard, alias Hubert, commence ses débuts dans la bande dessinée
comme coloriste. Citons entre autres, Le Clan des Chimères (Corbeyran),
Reality show (Porcel - Morvan) ou en encore Little Bade
(Def - Pécau). Il signe son premier album comme scénariste avec
Le Legs de l’Alchimiste dessiné par Hervé Tanquerelle.
Pour La Politesse des monstres, premier tome des Yeux
verts, Hubert fait appel à un jeune dessinateur, coloriste, Zanzim
qui signe là son premier album. Le jeune duo fonctionne à merveille
et voici donc Capitale des enfers, une suite toujours aussi onirique
et flamboyante.
Paris fantastique sous La Révolution
Dans Capitale des enfers, suite à un cauchemar
sanglant où Narcisse de Rougemont voit sa mère se noyer dans une
flaque de sang, il décide de partir à son secours à Paris.
Mister Smith, le Yorkshire de la Mort, se lance à sa poursuite et tente
de contrecarrer ses plans. À Paris, la Révolution gronde et Narcisse
se retrouve rapidement emprisonné. Il doit rapidement trouver une solution
pour sortir de là et apprendre à maîtriser les pouvoirs de
ces yeux verts.
"Conte" historico-fantastique
Zanzim et Hubert, avec Les Yeux verts, entraînent
le lecteur dans un "conte" historico-fantastique d’une grande originalité.
L’histoire est plutôt surprenante malgré une certaine linéarité.
On peut faire un tout petit reproche à ce deuxième tome : il manque
un peu de rebondissements dans l’intrigue. L’univers lui est toujours aussi étrange
alliant réalité et fantastique. Ainsi, on découvre un monde
chimérique où les revenants flottent dans le ciel de Paris, où
des goules, êtres effrayants, se battent pour des cadavres. On navigue dans
un univers de cauchemar, des prisons de la Bastille au cimetière des Innocents.
Ce qui marque dans Capital des enfers, ce sont les magnifiques
dessins de Zanzim et les couleurs à la fois flamboyantes et sombres. Avec
ses couleurs directes et un graphisme simple, le dessinateur renforce ainsi l’ambiance
onirique de l’intrigue. Il utilise des couleurs autour des bruns, des bleus et
gris sombres. Le rouge est très présent et donne un aspect incandescent
et sanglant à l’univers de Narcisse de Rougemont, un univers où
le feu, la guerre et la mort règnent. Tels des coups de pinceaux extrêmement
bien maîtrisés, cette mise en couleurs est splendide.
Les
personnages ont une part importante dans l’ambiance. Leurs traits sont abattus,
accablés, parfois cruels. Sur la couverture, on peut percevoir l’air attristé
du majestueux lion aux pattes puissantes. Tout cela ajoute une ambiance oppressante
à ce monde en pleine destruction. Seuls les yeux verts, d’un vert émeraude,
transparaissent dans le dessin. On ne peut les éviter et on est hypnotisé
par ces deux points envoûtants. Une petite pointe d’espoir ?


