Chien du heaume
de Justine Niogret
aux éditions Mnémos ,
collection Icares
Genre : Fantasy

Auteurs : Justine Niogret
Couverture : Johann Bodin
Date de parution : novembre 2009 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 226
Titre en vo :


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Un excellent premier roman

Justine Niogret n’est pas inconnue du milieu francophone de l’imaginaire. Elle a déjà à son actif un recueil publié chez le Calepin jaune (Et toujours, le bruit de l’orage, 2008) et d’autres nouvelles encore, dont Liberté, sa si douce harpie, dans l’anthologie L (CDS éditions, 2009). Elle signe avec Chien du heaume, son premier roman.

En quête de son passé

Elle s’appelle Chien du Heaume. Mercenaire à la recherche de son identité, elle a oublié son nom et sa famille. De son père, il lui reste une hache ornée de serpents, seul lien avec son passé. Sa quête la conduira sur les terres du chevalier Sanglier, où elle se découvrira des amis, comme Regehir le forgeron dont le visage est marqué d’une croix, mais aussi un puissant ennemi, la Salamandre.

Un premier roman palpitant

Entre le cycle d’Acacia de Davis Anthony Durham ou encore Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, la fantasy nous gâte ces derniers temps, tant dans le domaine français qu’étranger. Chien du Heaume vient se glisser au milieu de ces œuvres abouties et apporter un vent de fraîcheur bienvenu dans une production de fantasy qui multiplie les cycles interminables, et boucler une année 2009 riche en romans de qualité.

Ce premier roman est doté d’une narration particulièrement entraînante. Le travail sur le langage n’y est sans doute pas étranger (ainsi que le format de deux cent pages), toujours est-il que le livre est terminé en peu de temps, et on n’est pas déçu du voyage ! Une galerie de personnages hors du commun, un mystérieux ennemi, de l’action, tous les ingrédients d’une bonne histoire sont ici rassemblés.

On retrouve le plaisir des romans de la geste arthurienne dans cette quête : les mots et autres joutes verbales sont plus importants que les batailles, et la quête de l’héroïne évoque les chevaliers à la recherche du Graal, qui vont d’aventures en aventures, où ils apprennent plus sur eux-mêmes que sur l’objet de leur quête. On retrouve aussi ces rencontres à la limite du rêve, qui disparaissent le jour venu. Mais le schéma classique de la quête est ici dépassé : la quête n’est plus une fin en soi, et ce n’est pas le seul élément qui fait de ce roman un ouvrage original, qui parvient à s’affranchir des codes de la fantasy.

On soulignera aussi le changement de ton dans le glossaire, humoristique là ou le roman était sombre et violent. Une façon de terminer la lecture en douceur, tout en découvrant une autre facette de l’écrivain.

Un excellent roman, court et incisif, doté de figures marquantes qu’on peine à quitter. Le tout se dévore d’une traite, on en redemande !

Tony Sanchez