CoCyclics : bêta-lecture et conseils d’écriture - décembre 2015

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Genre : Essai
Sous-genres :
  • Ecriture

Date de parution : décembre 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
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Chaque mois, CoCyclics propose sur ActuSF différents éclairages autour de l’activité d’auteur - publié ou non. CoCyclics est un collectif ouvert à tous, notamment fréquenté par des écrivains de SFFF découverts ces dernières années. On y pratique la bêta-lecture, on y partage des conseils d’écriture et on y échange sur les sujets touchant à l’édition et à l’Imaginaire. Plus d’infos https://tremplinsdelimaginaire.com/...

Bonjour à tous !
 
Aujourd’hui, nous allons vous parler plus en détail de la bêta-lecture – c’est-à-dire la relecture critique et argumentée d’un texte. 
 
Disclaimer  : La bêta-lecture se pratique sur plusieurs forums et de différentes manières. Elle se pratique également hors des forums entre des auteurs qui apprécient de travailler ensemble. Cela dit, dans cet article, nous parlerons spécifiquement de la bêta-lecture telle que nous la concevons et la pratiquons chez CoCyclics.
 
Je viens d’achever mon texte, pourquoi ai-je intérêt à le faire bêta-lire ?
 
Il est toujours difficile d’avoir du recul sur ses écrits. Prendre de la distance avec l’objet de sa création s’avère particulièrement ardu lorsque l’on est un jeune écrivain. Avec la pratique de l’écriture, des corrections et des regards extérieurs, les premiers jets sont de plus en plus propres. Et pourtant, même des écrivains expérimentés ont recours à la pratique de la bêta-lecture.
 
Source : Librestock.com
 
A quel moment faire bêta-lire mon texte ?
 
La bêta-lecture intervient lorsque l’auteur a terminé son premier jet, une fois qu’il l’a relu et corrigé au maximum. C’est au moment où il arrive au bout de ce qu’il peut accomplir seul sur le texte que l’auteur confie son manuscrit aux bêta-lecteurs.
L’auteur travaille avec un ou plusieurs bêta-lecteurs qui vont relever différents éléments au fil du texte. Ils vont regarder la forme : si le style adopté sert l’histoire, si la grammaire, l’orthographe, la ponctuation sont correctes, si l’auteur a recours à des expressions stylistiques récurrentes, s’il y a des répétitions, des phrases bancales, des tournures particulièrement lourdes, etc… 
 
Ils vont aussi étudier le fond du texte : est-ce que l’intrigue fonctionne ? Est-ce que la caractérisation des personnages est cohérente ? Est-ce que les portes ouvertes par l’auteur sont bien refermées et les promesses tenues ? Est-ce que les descriptions sont efficaces ? Les dialogues, le rythme, les enjeux sont-ils bien amenés ? Les bêta-lecteurs donneront leur perception personnelle sur ces différents points. Charge à l’auteur par la suite de choisir les remarques dont il souhaite tenir compte avant de retravailler son texte. Cela va sans dire mais l’auteur conserve, à toutes les étapes de la bêta-lecture, la liberté absolue de faire ce qu’il veut de son histoire.

Les principes de la bêta-lecture chez CoCyclics
 
Sur CoCyclics, nous proposons des espaces dédiés à ce travail de bêta-lecture des textes (extraits de romans, nouvelles, synopsis et pitchs). Nous pensons qu’il est précieux pour l’auteur de bénéficier de retours les plus argumentés et précis possibles sur son travail – et c’est la raison d’être de notre forum. La bêta-lecture s’y pratique sous l’œil bienveillant des modérateurs qui (en faisant appliquer les règles) s’efforcent d’accompagner ceux qui le souhaitent dans leur apprentissage de la bêta-lecture. Comment apprend-on à bêta-lire ? On apprend à bêta-lire en bêta-lisant, par la pratique. Ajoutons que le fait de bêta-lire d’autres textes que le sien aide l’auteur à progresser dans son écriture, à percevoir ses travers d’écrivain autrement, à voir ce qui fonctionne ou pas dans les textes des autres et donc à fortiori dans les siens. 
 
Bêta-lire un texte ne nécessite pas d’acquis préalables, ni de diplômes quelconques... il suffit de se jeter à l’eau !
 
Tout le monde peut soumettre un texte, et tout le monde peut le bêta-lire. Certains bêta-lecteurs sont plus expérimentés que d’autres, c’est vrai. Cela dit, chaque regard, quel que soit l’âge, l’expérience littéraire, personnelle ou professionnelle de celui qui le porte peut venir en compléter un autre. Croiser plusieurs perceptions personnelles sur un même écrit est intéressant pour l’auteur et participe à lui apprendre des choses sur sa manière d’écrire. 
 
Il y a quelques règles que nous demandons aux bêta-lecteurs d’appliquer lorsqu’ils travaillent sur le texte d’un auteur dans le cadre du forum : 
 
- La bienveillance, encore et toujours, et le respect du texte et de son auteur. Le cadre bienveillant est nécessaire afin que l’auteur se sente respecté dans sa création et soit capable d’entendre et d’accepter les critiques sur son texte.
- La critique doit être constructive : il s’agit pour le bêta-lecteur d’expliquer du mieux possible à l’auteur ce qui ne fonctionne pas de son point de vue et pourquoi cela ne fonctionne pas. Et cela :
-> Sans se réapproprier le texte de l’auteur.
-> Sans reformuler les tournures du texte. Il est beaucoup plus enrichissant pour un auteur de réfléchir à la manière dont il peut résoudre un problème pointé par un bêta-lecteur que de reprendre une formule toute faite. C’est également grâce à cette réflexion personnelle qu’il progressera sur son écriture au-delà du texte en cours.
- Relever les éléments positifs du texte : on pointera toujours de manière plus détaillée ce qui ne fonctionne pas dans un texte, mais il est également utile à l’auteur de savoir ce qui fonctionne et pourquoi. On constate également qu’un auteur accueille bien plus facilement les critiques négatives lorsque des points positifs sont relevés par le relecteur. Il se montre alors prêt à retrousser ses manches, il a l’envie d’améliorer son texte, et le facteur motivation n’est pas à négliger lors des phases de correction.
- Enfin, dernier point mais pas des moindres : c’est l’auteur et lui seul au final qui décide des remarques qu’il va garder et de l’angle de correction qu’il souhaite appliquer au texte. Il ne doit rien au bêta-lecteur (à part un grand merci) et n’est tenu à rien en ce qui concerne le texte qui a été bêta-lu. Les relecteurs doivent (en toutes circonstances) respecter la liberté de l’auteur avec qui ils ont travaillé. 
 
Note : il est préférable de recevoir plusieurs retours avant d’entamer la moindre modification afin de diversifier les points de vue sur un même passage, de repérer les remarques convergentes, d’avoir le plus de matière possible à partir de laquelle travailler son plan de correction.
 
Mon bêta-lecteur est toujours un sale type, pourquoi ?
 
Abordons à présent le point qui fâche. Un auteur bêta-lu aura très souvent une réaction mitigée à la réception d’une bêta-lecture sur son texte (en tout cas la première fois). Rassurez-vous, c’est normal. Lorsque l’on soumet son texte aux regards extérieurs, on l’a généralement relu un nombre incalculable de fois, et corrigé tout autant. Il n’y a rien qui dépasse, on est fier des tournures qui luisent au coin d’une phrase, on connait par cœur son paragraphe préféré. Consciemment ou inconsciemment, on attend le retour admiratif de celui qui va recevoir notre texte et le comprendre puisque nous, auteur, nous le comprenons parfaitement.
 
Et voilà que le bêta-lecteur fouille et décortique notre prose, nous oblige à voir des imperfections qui nous étaient jusque-là invisibles. Oui, c’est son travail, mais notre texte si précieux s’en trouve brusquement désacralisé, presque abîmé par ce regard qui le met à nu. Beaucoup d’auteurs n’aiment pas voir leurs écrits se faire disséquer et c’est bien compréhensible.
 
Source : Harry Potter and the Goblet of Fire – Mike Niwell – Warner Bros
 
Face à cela, nous vous conseillons de souffler un bon coup, et de prendre le temps de relire l’analyse du bêta-lecteur sur quelques jours (voire plus si le retour vous est particulièrement rude). Il est toujours pertinent de discuter avec son bêta-lecteur pour bien comprendre où le bât blesse, et ce afin de cibler le problème pointé de manière précise lors de nos corrections à venir. Puis on laisse reposer. La bêta-lecture décante. Et vient un moment où elle ne parait plus si absurde, où certains défauts nous sautent aux yeux. Et si le bêta-lecteur, finalement, avait raison ?
 
L’auteur qui arrive à cette conclusion s’attèle à un plan de correction, il croise les différents retours, souvent il corrige les points sur lesquels tous ses bêta-lecteurs sont tombés d’accord. Il y a aussi des remarques où les avis divergent, et il fait ses choix d’auteur. Il retravaille son texte. 
 
Au final, quand il compare sa deuxième version à la première, l’auteur prend souvent conscience des bienfaits de la bêta-lecture. C’est généralement à ce moment-là qu’il remercie pour la seconde fois ses bêta-lecteurs. Il est désormais à même de porter un regard plus critique sur son écriture. Un regard qui ne pourra que s’affuter au fur et à mesure des bêta-lectures qu’il rendra ou qu’il recevra.
 
Écrivain en herbe ou expérimenté, lecteur passionné, si l’aventure vous tente, vous savez où nous trouver !
 
Source : Photosforclass.com – Damien Gadal – flickr.com
 
A bientôt pour une nouvelle chronique made in CoCyclics !
 

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