CoCyclics : bêta-lecture et conseils d’écriture - janvier 2016

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Date de parution : 0000 Réédition
Langue d'origine : Français
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Chaque mois, CoCyclics propose sur ActuSF différents éclairages autour de l’activité d’auteur - publié ou non. CoCyclics est un collectif ouvert à tous, notamment fréquenté par des écrivains de SFFF découverts ces dernières années. On y pratique la bêta-lecture, on y partage des conseils d’écriture et on y échange sur les sujets touchant à l’édition et à l’Imaginaire. Plus d’infos https://tremplinsdelimaginaire.com/...

 Bonjour à tous !
 
Aujourd’hui, nous allons vous parler de technique d’écriture et plus précisément, de dialogues. Il n’existe bien sûr aucune « méthode » toute faite. En revanche, on peut glaner d’intéressants points de vue ici ou là. Parfois, les conseils des autres nous agacent, parfois, ils nous enchantent et nous font réfléchir et parfois... tout cela à la fois. A chaque auteur de voir si ces points de vue personnels, toujours discutables, peuvent lui être utiles ou non.
 
Nous avons donc traduit très librement (soyez indulgents, nous ne sommes pas des traducteurs de métier) un article de Kristen Kieffer, qui dispense de très intéressants conseils sur son blog, avec son aimable autorisation.
 
Attention : cet article est trop long pour être diffusé ici en intégralité, nous avons donc simplement présenté ici un extrait, mais vous pouvez retrouver en pdf à cette adresse l’ensemble de l’article, incluant la longue introduction, la conclusion et les points 13 à 19 manquants. 
 
 
 
 1. Ne pas chercher le réalisme pur et dur
 
Vous entendrez souvent que le dialogue devrait être réaliste, mais c’est exactement le contraire de ce conseil que je vais vous donner ici.
Dans la vie, les conversations sont remplies de scories. Les gens balbutient, se répètent, ont du mal à se faire comprendre, parlent souvent pour ne rien dire, et grognent.
Si vous avez écrit des dialogues comme ceux-là dans votre roman, votre manuscrit doit faire des milliers de pages, ce que personne ne souhaite.
Au lieu de se concentrer sur des dialogues réalistes, mieux vaut travailler à élaborer des personnages crédibles qui se révèlent à travers les mots qu’ils prononcent. Cela apportera de la vie à vos dialogues !
 
 
2. Chaque réplique doit servir un but
 
Tout comme les personnages et la scène doivent fonctionner ensemble pour créer une histoire forte, les dialogues doivent jouer un rôle bien précis dans votre roman. Après tout, une machine bien huilée refusera toujours de fonctionner correctement si elle regorge d’engrenages inutiles.
Vous vous demandez quels buts votre dialogue peut servir ? Jetez un œil à quelques-uns des plus courants :
 
• Révéler la caractérisation
• Établir l’humeur ou le ton
• Divulguer l’exposition
• Créer de la tension ou du conflit
• Faire avancer l’intrigue
• Construire du suspense
• Préparer la suite du roman
• Révéler un passé, une trame de fond, l’univers du roman
 
Si vous n’êtes pas sûr de savoir si oui ou non une ligne de dialogue sert un but, demandez-vous si elle remplit l’un des éléments énumérés ci-dessus. Si votre réponse est non, essayez d’enlever cette réplique pour voir si la scène coule toujours sans heurts. Si c’est le cas, vous saurez que vous aurez pris la bonne décision.

Enrichir le dialogue
 
Bien que les deux conseils précédents soient peut-être ceux qui auront le plus d’impact sur les dialogues, voici plusieurs autres trucs et astuces pour apprendre à en écrire de meilleurs.
 
3. Le dialogue est dicté par la personnalité
 
Vos personnages ne sont pas des clones. De la même façon que des personnes réelles ne parlent pas toutes de la même manière, ça ne devrait pas être le cas de vos personnages. Prenez le temps de découvrir les personnalités de chacun d’entre eux et utilisez ces nouveaux acquis afin de façonner la manière dont vos personnages parlent.
 
4. Les gens ne disent pas toujours ce qu’ils veulent dire
 
Dans la vie, la plupart des gens ne sont pas toujours très francs. Souvent, ils ne dévoilent pas leurs opinions, ils choisissent plutôt de tourner autour du pot et d’insinuer ce qu’ils veulent vraiment exprimer.
En incluant ce type de discours dans votre roman, vous évitez les dialogues bateau, trop abrupts et évidents. Ces dialogues au premier degré ennuient rapidement les lecteurs, car ils ne leur laissent pas la possibilité de lire entre les lignes.
 
5. Les relations entre les personnages jouent un rôle
 
Chaque personnage entretient des relations très différentes avec les autres protagonistes. Malheureusement, de nombreux auteurs les laissent s’exprimer toujours de la même façon, quel que soit leur interlocuteur. Ne faites pas cette erreur !
Pensez à vos protagonistes lors de l’élaboration du dialogue. Qui sont les acteurs du dialogue et quel genre de relations ont-ils entre eux ? Est-ce qu’un personnage domine le dialogue (comme cela arrive naturellement dans la vie) ou est-ce que les personnages sont sur un pied d’égalité ?
 
6. Faire usage de l’action et du langage corporel
 
Les règles de l’étiquette appartiennent au passé. Les conversations ne sont plus préprogrammées et organisées dans des salons privés autour d’un thé et de muffins (bien que cette dernière partie serait agréable, non ?).
La plupart des conversations ont lieu au débotté et les gens s’expriment à travers leurs corps. Ils rient et soupirent et gémissent pendant qu’ils discutent, ils parlent avec leurs mains et rendent leurs sentiments évidents à travers leur posture et leur regard.
En tant qu’auteur, cela vous donne l’occasion idéale d’insuffler de la vie dans vos scènes et vos personnages, en faisant le plus possible appel à l’action et au langage corporel. Ne perdez pas cette occasion en sous-estimant ces éléments !
 
7. S’adapter à la vie réelle
 
La plupart du temps, les gens ne s’expriment pas en faisant de parfaites phrases bien polies. Ce ne sont pas des robots. Ils utilisent des bouts de phrases, poussent des jurons, rechignent à l’idée de faire des discours, répugnent à se trouver sous le devant de la scène et, quand cela les prend, ils donnent dans l’exagération.
Parfois ils comprennent de travers ce qu’on leur dit et ils font circuler ensuite de fausses informations qu’ils prennent pour la vérité. C’est vite le bazar, et en tant qu’auteur, vous ne devez pas avoir peur de cela. Des dialogues trop rangés laisseront toujours un goût d’inachevé à vos lecteurs car ils ne sont tous simplement pas réalistes.
 
8. Équilibrer les acteurs
 
Dans une salle bondée, vous ne pouvez pas entendre chaque mot prononcé par chaque personne, alors ne vous sentez pas obligés les inclure dans votre roman. Au lieu de cela, mieux vaut concentrer la conversation qui importe vraiment et laissez l’imagination des lecteurs faire le reste.
Même si vous avez dix personnages participant à une seule conversation, vous pouvez limiter le dialogue à seulement deux ou trois personnages principaux, en laissant les autres intervenir de temps en temps. Cela évitera que les lecteurs perdent le fil du récit qu’ils essaient de suivre.
 
9. Des dialogues imprégnés de tension
 
Les conversations trop apaisées sont ennuyeuses. C’est bien triste, mais c’est vrai. Vous avez besoin de tension dans vos dialogues pour intéresser vos lecteurs. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent lancer une pique à chaque ligne. Mais un désaccord, une réaction à une insulte, ou un personnage blessé par un mot de trop, ce sont des moyens efficaces de tenir les lecteurs en haleine.
 
10. Tout ce qui ne devrait pas être exprimé dans un dialogue
 
Il n’est pas utile d’écrire tous les mots que vos personnages prononcent. Si vraiment ils doivent dire une banalité pour que la conversation ait un sens, il y a souvent un autre moyen que de la rapporter mot à mot.
Par exemple, les salutations ne sont pas très intéressantes dans une conversation, mais parfois, elles doivent être incluses. Dans ce cas, ne vous sentez pas obligés de les écrire en toutes lettres, dans des répliques. Mentionnez simplement que les personnages se saluent et passez à autre chose.
Cela vous aidera à maintenir le rythme de votre roman ainsi que l’intérêt des lecteurs.

11. Se débarrasser des incises de dialogue
 
Les incises sont utilisées pour attribuer des répliques à tel ou tel personnage (la plus courante étant « dit-il/dit-elle »). Elles sont certainement utiles de temps à autre, mais les écrivains font l’erreur de les utiliser trop souvent.
C’est dommage, car les incises signalent la présence de l’auteur. Vous devez essayer de tisser une histoire si captivante que les lecteurs oublient qu’ils sont en train de lire. Plus vous rendez l’auteur visible derrière les mots (par exemple en utilisant ces incises), plus vous êtes susceptible de tirer les lecteurs hors de l’histoire.
Pour éviter cela, mieux vaut remplacer autant d’incises de dialogues que possible par autre chose. Par exemple, vous pouvez dire qu’un personnage fait quelque chose, juste avant qu’il ne s’exprime. Le lecteur saura alors que c’est lui qui parle, sans que vous ayez imposé votre présence dans l’histoire.
 
12. « Dit-il/dit-elle » : ne pas les jeter trop vite
 
Bien qu’il soit préférable de limiter l’usage des incises autant que possible, il y a des situations où il serait trop complexe de ne pas les utiliser. Dans ces cas-là, évitez d’attirer l’attention et faites appel à l’incise la plus courante.
 
Cela peut aller à l’encontre de tout ce que vous avez appris à l’école [NDT, l’expression anglaise est : « said is dead »], mais il y a une raison pour cet usage dans la plupart des cas. Parlons de ce point dans le prochain conseil !
 
(vous pouvez lire la suite de l’article, ainsi que sa longue introduction, sur le document pdf à cette adresse)
 
A bientôt pour une nouvelle chronique made in CoCyclics !