Connexions interrompues
de Ketty Steward
aux éditions Black Coat Press ,
collection Rivière Blanche
Genre : SF

Auteurs : Ketty Steward
Couverture : Yoz
Date de parution : juillet 2011 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 248
Titre en vo :

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Un très bon recueil de science-fiction !

Ketty Steward est née à la Martinique en 1976. Elle a un parcours pour le moins éclectique : après des études de mathématiques, elle s’intéresse à la sociologie du travail, et finit par devenir conseillère d’éducation. Elle a rejoint l’équipe d’ActuSf en 2007, a notamment dirigé la rubrique littérature et écrit de nombreuses chroniques pour le site. Connexions interrompues rassemble quinze nouvelles parues dans différentes publications, une excellente occasion de découvrir cet auteur !

Un recueil avec trois grands axes

Les nouvelles de ce recueil ont pour thème principal les réseaux, aussi bien sociaux qu’informatiques, et la place de l’homme dans ces derniers. Plus précisément, le tout se divise en trois grandes parties, explicitées dans le blog de l’auteur. Erreur 404 rassemble des textes "sur des logiques dévoyées, des chemins qui aboutissent à une page vide" ; Liaisons sans fil des histoires "sur la difficulté de faire corps avec ses semblables"  ; enfin Sessions expirées est "sur notre rapport à la mémoire".

Le tout est accompagné d’une préface éclairante de Sylvie Lainé, chaque nouvelle étant précédée d’un petit texte évoquant la genèse du texte ; paratexte d’autant plus précieux qu’il permet de mieux cerner le processus créatif de l’auteur.

Les réseaux et la solitude de l’individu

Les textes de Ketty Steward nous décrivent des mondes froids et aseptisés, où l’individu est broyé par un système étouffant. Les différent récits du recueil nous parlent de solitude, dans des mondes où pourtant les liens entre individus-le collectif n’a jamais été aussi exacerbé, tout illusoire que soit ce collectif… mais c’est finalement l’individu qui l’emporte, alors que les façons de le nier, de le noyer dans la masse indistincte du réseau sont sans cesse plus nombreuses. L’individu disparaît et ne devient plus qu’une fonction dans le système, mais toute machine a ses ratés...

Dans ce tout très cohérent, on retiendra en particulier Dolorem Ipsum, texte le plus riche du recueil, qui entremêle plusieurs motifs chers à l’auteur, avec une façon originale d’appréhender la douleur et le rapport de chacun à son corps. C’est aussi le texte le plus récent, et celui qui témoigne sans aucun doute de la plus grande maturité. Les autres textes sont tous de grande qualité, avec beaucoup de bonnes idées, et sont suffisamment variés pour que chacun y trouve son compte. A part peut-être L’ère dès nourriciers, choisi davantage pour une thématique chère à l’auteur, mais qui manque de rythme.

Finalement, on se trouve devant une série de textes sensibles, écrits avec beaucoup de justesse… un excellent recueil, dans lequel l’humain et les considérations sur l’homme finissent par dépasser (temporairement ?) un système social aliénant. L’occasion de découvrir une voix singulière au travers de récits variés, dans un recueil qu’on ne peut que recommander  !

Tony Sanchez

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