Contes de la vodka
de Pascal Malosse
aux éditions Malpertuis ,
collection Absinthes, Ethers, Opiums
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Nouvelle

Auteurs : Pascal Malosse
Couverture : Aurélien Maccarelli
Date de parution : avril 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 204
Titre en vo :

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Un recueil de nouvelles complètement à l’Est !

Nous avons découvert la plume de Pascal Malosse avec les Contes de l’entre-deux, sa première publication. D’origine belge, il étudie le juridique avant de partir s’installer en Europe centrale. Grand amateur de langues, il aime converser en allemand ou en polonais. Cet amour des pays de l’Est se retrouve d’ailleurs tout au long des nouvelles composant le nouveau recueil faisant l’objet de cette chronique.

Vous pouvez le retrouver ici en interview pour parler des Contes de la vodka.

« Quelques dalles de glace glissent sous le pont en acier forgé, des branches mortes sur leur dos blanc. À chaque extrémité, les postes frontière se dressent et se considèrent avec leurs grands yeux projecteurs et leurs hautes oreilles miradors. Ils surveillent, avalent et recrachent des pauvres hères qui grelottent dans les files d’attente et tiennent leurs papiers d’identité au bout de leurs doigts gelés. Sur le pont, les voitures quasi immobiles se serrent les pare-chocs et expirent leurs nuages carbonés. »

De nombreuses nouvelles

Les Contes de la vodka (et non pas ceux du whisky, propres à Jean Ray) ne comptent pas moins de 23 nouvelles, résolument à l’Est, de l’autre côté du rideau de fer mais également de celui, plus ténu du fantastique, de l’onirique et de l’étrange. Drogue du voyage, folklore et esprit de la forêt, espionnage et guerre froide, reconstruction de Varsovie, mannequins évanescents, ville ultra-connectée ou en ruines oppressives, fameuse vodka éponyme… nul doute que chacun y trouvera son compte, dans cette variété de nouvelles puissamment évocatrices.

Si le fil rouge (forcément !) est ici l’ambiance particulière, entre bitume, grisaille et administration étatique des pays de l’Est et du bloc soviétique, elle se décline de mille et une façons au gré des nouvelles, parfois étrange, parfois clairement fantastique et parfois plus poétique. Les influences sont multiples et l’écriture également, souvent inspirée de lieux ou faits réels. Un certain grain de folie et une ironie certaine planent sur ces nouvelles, leur donnant peut-être ce ton slave si particulier.

S’il ne fallait en retenir qu’une (ce qui est difficile), ce serait probablement « La fille de la frontière », au texte fort, éminemment visuel et d’une certaine manière, très contemporain.

Pour un recueil réussi !

Si certaines chutes (le propre de la nouvelle après tout) ne m’ont pas entièrement convaincue en étant assez ouvertes ou un peu abruptes, le recueil est très plaisant et varié, et l’ambiance invariablement réussie. Le jeu des références et allusions est également plutôt amusant.

Alors, prenez donc un verre de vodka (ou toute la bouteille) et laissez-vous tenter ! 

Hermine Hémon