Croisière sans escale
de Brian Aldiss
aux éditions Gallimard ,
collection Folio SF
Genre : SF

Auteurs : Brian Aldiss
Couverture : Sparth
Traduction : André-François Ruaud
Date de parution : septembre 2007 Réédition
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 407
Titre en vo : Non-stop
Parution en vo : 1958
Première parution : 1959

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Réédition en poche du roman qui a révélé Brian Aldiss en France

Brian Aldiss, figure incontournable de la Science fiction britannique, né en 1925, avait trente-trois ans au moment de la première édition de son roman Non-Stop.
En 1959, ce texte paraît en français sous le titre de Croisière sans escale.
Ce texte admirablement construit reste plus que lisible en 2007, ce qui en justifie la présente réédition chez Folio SF.

Roy Complain, de la tribu Greene, est un chasseur aguerri que tenaille régulièrement une envie d’autre chose dont il ne sait que faire.
Lorsque sa compagne est enlevée par des inconnus, il ne se sent plus autant d’attachement pour la vie du village. C’est presque sans réfléchir qu’il accepte de suivre le prêtre Marapper et trois autres hommes dans une expédition sans retour.
L’exploration de son monde va transformer Complain et lui arracher, couche après couche, ses illusions et ses craintes superstitieuses.

Une histoire de vaisseau générationnel

Malgré un début qui évoque davantage les jungles primitives que les cités technologiques, Croisière sans Escale est un récit d’arche stellaire, dans la plus pure tradition de la science fiction.
Refusant les facilités offertes par l’artifice des raccourcis du subespace ou de l’hyperespace, Brian Aldiss conçoit le voyage vers les lointaines destinations comme une aventure collective qui s’étend sur de nombreuses générations. Les premières – volontaires et enthousiastes – et les suivantes, naissant sur le vaisseau et contraintes d’adhérer aux rêves de leurs ancêtres.
Surviennent alors deux questions, omniprésentes tout au long de l’histoire :
— Que reste-t-il, en bout de parcours, des désirs et de la volonté des premiers voyageurs ?
— Dans quelle mesure ce qui fonde l’organisation sociale des premières générations (religion, traditions, liens, hiérarchie...) va-t-il être transformé au fil du temps ?

La vie d’un homme et les cercles de la vérité

Croisière sans escale embarque donc son lecteur dans l’étude d’une collectivité, mais également, et surtout, sur les traces d’un individu.
On voit Roy Complain s’ouvrir, miraculeusement, à une nouvelle compréhension du monde, à l’instar du Charly de Daniel Keyes (Des Fleurs pour Algernon). Le chasseur mélancolique va trouver au fur et à mesure des pages de ce roman, une nouvelle dimension pour sa vie, pour le destin de son peuple et celui de l’humanité.
Cette histoire, finalement classique dans ses thèmes, se distingue par une construction en couches d’oignon. Aldiss y excelle dans l’art d’égarer le lecteur, en l’entraînant sur des pistes fausses parce que partielles. On avance par petits sauts, comme Complain lui-même, dans la découverte d’un monde dont la vérité ne se révèle que sur des cercles concentriques, de plus en plus vastes.

Croisière sans escale impressionne par son actualité, près de cinquante ans après sa première parution. Lié, à cause de l’écriture, au destin de ce chasseur aventurier, on s’élance de page en page, mû par une irrépressible envie de savoir et de liberté.
Ce roman est un monument de la littérature SF à relire avec bonheur ou à découvrir d’urgence.

Ketty Steward

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