Danses aériennes
de Dominique Martel
aux éditions Le Bélial ,
collection Kvasar
Genre : Science Fiction

Auteurs : Nancy Kress
Couverture : Aurélien Police
Anthologiste : Dominique Martel
Traduction : Thomas Bauduret
Date de parution : novembre 2017 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Anthologie
Nombre de pages : 528
Titre en vo :


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Un parcours en dents de scie

 

Malgré les efforts de J’ai lu qui publia ses premiers romans (par exemple Le Prince de l’aube et La Flûte ensorceleuse) au début des années 1990, Nancy Kress a attendu longtemps d’être lue et reconnue en France et on peut saluer ici la parution d’Après la chute (ActuSF, 2014) et du Nexus du Dr Erdman (Le Bélial, 2016) qui ont attiré l’attention des fans du genre sur elle. Il faut aussi souligner que le format de la nouvelle ou de la novella convient mieux au talent de Kress qui a obtenu ainsi de nombreux prix. 

 

Des récits basés sur des anticipations génétiques

 

La lecture de Danses aériennes démontre au premier abord l’intérêt de Nancy Kress pour des récits d’anticipation basés sur la génétique. La nouvelle éponyme évoque des danseuses génétiquement modifiées in vitro, avec des risques de dégénérescence. Un raconte l’histoire d’un homme qui voit sa première femme réveillée de son sommeil cryogénique et guérie de son cancer alors qu’il s’est remarié avec quelqu’un d’autre. Dans la tradition de la speculative fiction, Kress s’intéresse aux conséquences de ces changements sur la nature humaine. Et là on découvre des personnages en proie à l’envie, à la jalousie, à la passion. Rien de changé donc malgré les manipulations du génome ? 

 

Une interrogation sur le futur de l’humanité

 

Dès « Le sauveur », on voit poindre une inquiétude quant à l’avenir immédiat de la civilisation. Un artefact extraterrestre atterrit dans le Minnesota et reste imperméable à toute tentative de sondage humain. Le temps passe, la civilisation s’effondre et l’humanité passe près de l’extinction à cause des conséquences de la pollution sur l’organisme humain. Tout redémarre et l’artefact est toujours là, imperturbable. L’objet, on le découvrira, n’est pas là pour l’homme mais pour une de ses créations. Nancy Kress reprend certains de ces thèmes dans « Bien commun », où la civilisation humaine a été bouleversée par la destruction des villes par un vaisseau extraterrestre. Passé au service des extraterrestres, le jeune Zed découvre que ceux-ci ont voulu éviter à l’humanité un désastre écologique qui aurait entraîné l’extinction de cette dernière : ne peuvent-ils pas recommencer ? Pour Nancy Kress, le désastre, s’il n’est jamais sûr, est cependant toujours proche…

 

Des récits et des personnages attachants 

 

Enfin, saluons le talent littéraire de l’auteur. Ses histoires sont bien menées, bien structurées avec des chutes réussies et parfois émouvantes. Celle de « Bien commun » par exemple. Ces personnages aussi sont bien campés psychologiquement, pensons à « Shiva dans l’ombre » avec ces trois personnages et leurs clones numérisés, en pleine analyse d’un trou noir et aussi en plein désordre psychologico-amoureux. Pas de guimauve cependant, juste de l’attention à l’être humain. 

Au final, voilà un recueil riche, plein de réussites, preuve de plus du talent d’un auteur original. 

Sylvain Bonnet