Drakka tome 1 : Le sang du vioque
( Drakka 1 )
de Lorenzo De Felici et Frédéric Brrémaud
aux éditions Ankama ,
collection Kraken
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Fantasy urbaine

Scénariste : Frédéric Brrémaud
Dessinateur : Lorenzo De Felici
Date de parution : juin 2011 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 73
Titre en vo : Drakka
Cycle en vo : Drakka

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un semi-homme comme prochain parrain de la mafia ?

Frédéric Brrémaud fut dans sa jeunesse un globe-trotteur puis il atterrit un jour au festival d’Angoulême où il rencontra ses futurs collaborateurs dans la création de BD. Auteur prolifique et atypique, il créé depuis des scénarios toujours décalés et un peu osés, pour tous les styles : de la fantasy pour enfants avec Alinéor ou Robin Hood, du western avec Sexy Gun ou Butch Cassidy, du vampire avec Daffodil et Drakka, de l’humour avec Les informaticiens et Les Tennismen, etc. Lorenzo De Felici, le dessinateur du premier tome de la nouvelle série Drakka, est italien et travaille depuis ses débuts dans la colorisation. Drakka est sa première publication en tant que dessinateur et coloriste.

Une succession mouvementée

Dans un futur plus ou moins éloigné, mais peuplé de créatures fantasmagoriques, un vieux mafieux se meurt. Son fils, cupide et sans scrupules, voit cependant ses rêves d’héritage lui échapper provisoirement par la révélation d’un frère caché. A Balach, ville d’Europe de l’Est, Drakka est un jeune garçon à la recherche perpétuelle de nourriture. Mais ce n’est pas un garçon ordinaire, il est moitié homme et moitié vampire. Un duel fratricide s’engage donc sur fond de ville décadente et de mutants survoltés.

Une version complètement atypique des vampires et du futur

Ce premier tome de Drakka, Le sang du vioque, nous offre une vision décalée du futur avec des montres et des mutants mélangés aux humains. L’architecture des monuments est celle d’un XXIe siècle apocalyptique où les humains possèdent des serviteurs non humains tels que des humanoïdes de gelée verte, des gnomes ou encore des animaux domestiques ressemblant à des démons reptiliens. Nous découvrons Drakka, notre héros mi-homme, mi-vampire, au milieu de cette faune atypique. Loin de posséder des supers pouvoirs, Drakka doit chercher sa nourriture, carnée de préférence, dans les détritus de sa ville. Nous assistons ainsi à de nombreuses scènes comiques, par exemple lorsque Drakka, affamé, est contraint de manger des légumes alors qu’il aurait préféré mordre le cou de sa sauveuse. Le sang du vioque possède donc des personnages attachants, des monstres en pagaille ainsi qu’une bonne dose d’humour.

Brrémaud, scénariste, créé aussi au sein de Drakka un nouveau concept de vampires. N’imaginez pas de beaux humains à la peau blanche et aux supers pouvoirs, ces vampires sont majoritairement des monstres démoniaques, fédérés autour d’un grand singe aux entrailles phosphorescentes, représentant du Mal sur Terre. Affaiblis, ne supportant plus la lumière du jour, ils restent protégés
par l’influence de leur maître au sein d’une matrice ressemblant furieusement à un gigantesque intestin. Il ne faut toutefois pas se fier à la couverture, notre héros ne semble acquérir de pouvoirs vampiriques qu’à la dernière case de ce premier tome. Le récit, s’il garde de grands pans de mystères, est parfaitement maîtrisé, riche en suspens et en humour.

Drakka est enfin l’occasion de découvrir la plume de De Felici. Dynamique, vif, extrêmement expressif, le style du dessinateur joue des codes de la bande-dessinée, entre reproduction fidèle de paysages et caricatures expressives de ses personnages.

Le sang du vioque est ainsi un premier tome sympathique, mené tambour battant avec une histoire loin d’être finie, et un dessin dynamique. A lire d’urgence !

 

 

Kathleen

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