Echos de Cimmérie : hommage à Robert Ervin Howard (1906-1936)
de Fabrice Tortey
aux éditions Editions de l’Oeil du Sphinx
Genre : Essai

Auteurs : Fabrice Tortey
Couverture : Frank Frazetta
Illustrations : Philippe Druillet
Date de parution : juin 2009 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Biographie
Nombre de pages : 318
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On prend un air sauvage, on brandit son gourdin, et on hurle : "Crom !"

Fabrice Tortey, néophyte de la sword and sorcery, a eu la brillante idée de s’allier à François Truchaud, véritable passionné de l’oeuvre de Robert E. Howard - qu’il s’efforce de faire connaître au public français dans de multiples rééditions et éditions inédites depuis que Conan a foulé pour la première fois la terre de Cimmérie - pour nous faire partager sa passion pour l’auteur de fantasy et son oeuvre atypique, mais aussi l’homme torturé qui se suicida à l’âge de 30 ans. Ces Echos de Cimmérie ne sont pas seulement une biographie, ni même un hommage, mais la consécration d’une profonde passion pour l’univers de Solomon Kane, Kull et bien sûr Conan, qui n’est finalement peut-être pas aussi barbare qu’il n’y paraît...

Un bruit sourd à ma porte

Les Echos de Cimmérie s’ouvrent bien entendu sur une longue biographie amplement illustrée de photographies d’époque de Howard, pour laquelle s’invitent quelques spécialistes ès Cimmérie : Glenn Lord, Rusty Burke et Christopher Gruber. Loin de se vouloir panégyriques, ces auteurs font preuve d’une même passion humble pour l’énigmatique Robert Ervin, boxeur, auteur à succès - ce qui n’était pas le cas, à la même époque, de son confrère et correspondant Howard P. Lovecraft - mais aussi fils au mental fragile, tourmenté par une vie de famille instable et une mère mourrante. Quelques fragments et poèmes que Fabrice Tortey a respectueusement déclinés en anglais et en français viennent compléter le tableau d’une vie courte, dont la noirceur teintait parfois l’oeuvre elle-même (récitez à voix haute le poème A dull sound of knocking, et vous conviendrez qu’aucun mot n’a été placé au hasard dans ces quatrains plus sombres qu’une mine de charbon à deux heures du matin) mais au génie visionnaire indiscutable.

Le père de la fantasy

Des études, complétées par de superbes illustrations en couleur signées entre autres Christian Broutin et Jean-Michel Nicollet, nous entraînent ensuite entre les lignes de l’oeuvre du « père de la fantasy », comme n’hésitent pas à le périphraser certains des auteurs. L’occasion de voir au-delà du crétinisme apparent de héros comme Kull et Conan, et de saisir les implications profondes d’un univers qui a posé les jalons de la fantasy moderne, tant dans son violent pouvoir imaginaire que dans son style littéraire magistral, à l’efficacité tranchante. Michel Meurger nous propose une lecture passionnante de l’archaïsme chez Howard et ses contemporains Lovecraft et Vere Shortt, et François Truchaud s’invite le temps d’un (trop court) entretien. Pour clore cet ouvrage, le lecteur sera bien sûr gratifié d’une bibliographie très complète.

La facture assez sommaire de l’ouvrage dans sa mise en page n’entamera pas le plaisir de cette rétrospective remarquablement dense. Robert Ervin Howard, l’oublié du panthéon de la fantasy trop souvent écrasé par le dieu J.R.R. Tolkien, trouve dans ces Echos de Cimmérie un hommage véritable.

Julien Morgan

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5 Messages de forum

  • Bonsoir !

    Cette critique est remplie d’inexactitudes, alors permettez moi de rectifier quelques unes des nombreuses erreurs de Mr Morgan.

    Kull et Conan et leur "crétinisme apparent". Que l’auteur de cette phrase n’arrive pas à saisir la profondeur, certes pas toujours immédiatement apparente, de certains récits mettant en scène le Cimmérien, passe encore. Mais a t’il LU des histoires de Kull ? J’en doute fort ! Parmi l’ensemble des textes de REH, les histoires de Kull étaient celles qui plaisaient le plus à HP Lovecraft, un intellectuel, qui les considérait comme ses préférées. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies de discours philosophiques ! Certains vrais connaisseurs de la Sword and Sorcery -ce qui ne semble pas être le cas de l’auteur de cette critique- les trouvent d’ailleurs trop verbeuses et manquant d’action, les laïus philosophiques occupant une part très importante du texte de plusieurs des nouvelles où figure l’Atlante. Parler de "crétinisme" au sujet des histoires de Kull démontre une méconnaissance totale de celles-ci.

    Fabrice Tortey, "néophyte de la sword and sorcery" ? C’est assez drôle, car je suis prêt à parier que Fabrice a dû commencer à lire de la Sword & Sorcery et du Howard plusieurs années avant même la naissance de Mr Morgan. "Néophyte depuis 1985", peut-être ?

    Quant à l’alliance avec François Truchaud, là on se demande réellement si la personne qui ose écrire cela a lu entièrement les "Échos" : Mr Truchaud n’a pas participé à la confection de ce livre. Il n’y signe aucun texte. Aucun des contributeurs ne signale, nulle part, qu’il aurait reçu la moindre aide de Mr Truchaud pour quelque article que ce soit. François Truchaud a juste été interviewé une fois, ce qu’il a dit figure à la fin du livre, point. Truchaud "s’efforce de faire connaître (Howard) au public français" avec de multiples éditions ? Monsieur Truchaud a été un grand précurseur, et tous les vrais fans Français de REH (moi y compris) le vénèrent, mais il ne travaille plus sur l’édition des textes de Howard en France depuis bien longtemps ; c’est Patrice Louinet qui traduit et édite les textes de REH en France, et cela depuis maintenant plusieurs années.

    Au fait, peut-être est il utile de rappeler que Fabrice a reçu le GPI aux Utopiales dans la catégorie essai pour les "Échos".

    Veuillez m’excuser pour ma dureté, mais je tiens à dire que ce site devrait éviter de mettre en ligne des critiques bâclées écrites par des gens qui ne connaissent rien ou pas grand chose au sujet qu’ils traitent. J’espère que mon commentaire ne sera pas censuré.

    Respectueusement, Miguel

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    • Echos de Cimmérie : hommage à Robert Ervin Howard (1906-1936) 9 novembre 2009 23:30, par Jérôme Lavadou

      Bonsoir,

      je crois que vous vous emportez un peu. En lisant la chronique de Julien, j’ai eu l’impression qu’il avait beaucoup aimé le livre de Fabrice Tortey et s’employait à en démontrer la richesse, la subtilité et l’utilité. Sur le "crétinisme apparent", il dit justement que... ce n’est qu’apparence ! Et croyez-moi, il y a des gens qui se laissent avoir par les apparences... dont moi : voir un barbare musclé sur une couverture de roman ne m’invite pas à ouvrir le livre, et encore moins à y soupçonner la moindre profondeur psychologique. Il me semble que Julien fait bien état de cette erreur dans l’esprit de certaines personnes, en mettant en avant la qualité du livre de Fabrice Tortey. Et pour ma part, ça change ma vision des choses.

      Quant aux erreurs factuelles que vous pointez, je ne peux pas juger, mais si c’est bien le cas, un message "correct" directement envoyé à l’auteur de cette chronique eût été plus efficace...

      Cordialement, Jérôme

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    • J’avais oublié une chose au sujet de Jean-Michel "Nicolet" : son nom de famille est NicoLLet, avec deux L.

      Mig

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