Elric - Tome 3 : Le loup blanc
de Michael Moorcock et Julien Telo
aux éditions Glénat ,
collection Grafica
Genre : Fantasy

Auteurs : Michael Moorcock

Scénariste : Jean-Luc Cano
Dessinateur : Julien Telo
Couleurs : Jean Bastide
Date de parution : septembre 2017 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 64
Titre en vo :

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Des auteurs motivés

Depuis 2014, un quatuor d’auteurs motivés a entrepris une adaptation ambitieuse d’Elric de Melniboné, charismatique héros de fantasy créé par Michaël Moorcock. Ce n’est pas la première fois que ce personnage inspire les créateurs de bande dessinée. Barry Windsor-Smith a donné de lui une version que détestait son créateur lors d’un crossover avec Conan le Barbare (il n’y a que Marvel pour faire cela !) et P. Craig Russel a donné une adaptation enivrante de La cité qui rêve.

Plus près de nous, le grand Walter Simonson, sur scénario de Moorcock lui-même, a donné une version enthousiasmante de la jeunesse de l’empereur-sorcier. Les français ont quant à eux décidé d’adapter l’esprit et non la lettre de l’œuvre de Moorcock. Les deux premiers tomes, Le trône de rubis et Stormbringer ont suscité un certain émoi chez les fans. Jean-Luc Cano, scénariste de cinéma, et Julien Blondel, ancien scénariste de jeux de rôles devenu créateur de bandes dessinées (Le trône d’Uruk, 2010), vont-ils réussir à tenir la distance ?

À travers les Jeunes Royaumes…

Elric a abandonné son trône à son cousin Yyrkoon, largement pour protéger sa cousine et amante Cymoril de la faim d’âmes de son épée Stormbringer. Il erre sur les terres désormais occupées par les hommes, hanté par Cymoril et son épée qui a faim d’âmes. Il tombe sur une bande d’esclavagistes. Il les tue et délivre le comte Smiorgan tête chauve, un aristocrate de l’île des cités pourpres, âpre au gain et très bon compagnon.

Une nuit, Elric reçoit la visite d’un loup blanc qui lui donne une médaille aux armes du royaume de Jharkor. Elric s’y rend, flanqué de Smiorgan, et y rencontre une belle jeune femme désireuse de retrouver son amant perdu. Il accepte de l’y aider, sans savoir que son histoire est liée à celle d’un de ses ancêtres melnibonéens… Et pendant ce temps, ses anciens sujets le pourchassent.

Une adaptation aux allures de chef-d’œuvre

Le loup blanc, chers amis, est une vraie réussite qui ne peut que ravir l’amateur de fantasy et la majeure partie des fans de Moorcock. Rappelons qu’il ne s’agit pas ici d’adaptation littérale de tel ou tel roman. L’équipe a pioché dans les premiers tomes de la saga. Et ils se sont plus à créer une ambiance sombre et romantique, graphiquement très proche du gothique ou de Friedrich.

On saluera ici le graphisme de Julien Telo et Robin Recht (et le découpage) et les couleurs magnifiques dues à Jean Bastide. L’album se termine abruptement, sur un « cliffhanger » qui ne peut donner envie que d’une chose : vivement la suite. À suivre et à déguster tel un bon whisky.

Sylvain Bonnet